« Un problème… une taxe… c’est une maladie française », s’écrie le FIGARO MAGAZINE, en campagne contre le financement par l’impôt de Revenu de Solidarité Active. Le fameux RSA que Nicolas Sarkozy présente comme la plus grande réforme du quinquennat. Le FIG MAG n’est pas seul ce week-end à dénoncer ce qu’Alexis Brézet présente comme une habileté machiavélique d’un Président de la République, soucieux de gommer sa caricature d’ami des riches. PARIS MATCH se plaint doucement lui aussi avec le FIGARO Quotidien et nombre de journaux régionaux. Mais c’est le FIG MAG qui fait le plus, comme s’il se sentait trahi par Nicolas Sarkozy, en citant Christine Lagarde et Edouard Balladur, hostiles à de nouveaux prélèvements. Mon confrère Karl Meeus va même jusqu’à affirmer que le RSA a mis l’UMP en émoi, même si cela ne se dit pas à la tribune de l’université d’été du parti majoritaire. Et pour faire bon poids sur cette maladie française de l’impôt nouveau, le FIGARO MAGAZINE dresse la liste des taxes en tous genres créées depuis 2003. Taxe sur la carte grise, sur les déchets, sur les mutuelles complémentaires santé, sur les friches commerciales, sur les carburants, les éoliennes en mer. J’en passe et des plus imaginatives dans un pays qui inventa la gabelle et l’impôt sur les portes et fenêtres… Michel Rocard à qui l’on doit un prélèvement intelligent et juste, la CSG, que l’on croyait provisoire, comme la vignette Ramadier, ose cependant malgré le silence assourdissant de la gauche, suggérer à ses amis socialistes de voter pour le RSA, qui est selon lui, une bonne réforme. Claude Askolovitch pose aujourd’hui dans le JOURNAL DU DIMANCHE la question à l’ancien premier ministre de François Mitterrand en lui faisant remarquer qu’une majorité de Français est contre. « C’est une réforme, dit-il, même si la taxe incluse dans le bouclier fiscal ne sera pas payée par les plus riches. Elle est la suite du RMI, telle que l’avais souhaitée. Evidemment, le PS doit être avec Martin Hirsch, hélas, je redoute chez mes amis, la tentation de l’opposition systématique. Et aussi le poids des courants les plus marxistes, les plus répressifs ». Et Rocard d’ajouter, « François Fillon est un homme raisonnable et raisonnablement compétent, il fait ce qu’il peut. On ne peut ni creuser les déficits, ni affaiblir la consommation… Notre situation budgétaire est intenable et si le gouvernement créé une taxe, c’est parce qu’il n’y a pas d’autre solution ». Sur la politique générale suivie par Nicolas Sarkozy, Michel Rocard est moins aimable. Il déplore ses choix initiaux, ses impulsions, sa politique « buissonnante et incertaine ». Avant de conclure, « Au fond Nicolas Sarkozy partage avec François Mitterrand une méconnaissance et un mépris tragique pour l’économie. A ceci près, qu’il y avait chez Mitterrand autant de cynisme mais plus d’idéologie, et qu’il a mis deux ans à reconnaître ses erreurs. Sarkozy a une chance. Il est allé encore plus vite dans le mur, ça lui donne l’occasion de se rattraper en réunissant par exemple, même secrètement, sages et experts divers pour réfléchir et redresser la barre ». Sur le même sujet « casse-tête » comme l’appelle opportunément le JOURNAL DU DIMANCHE, deux interprétations plus rigolotes de nos états d’âme citoyens, confrontés à la hausse des impôts et la baisse du pouvoir d’achat. Sujet que n’oublie pas de traiter l’HUMANITE DIMANCHE engagé aussi dans la préparation de sa fête. La première est signée Wolinski, page 14 du JOURNAL DU DIMANCHE, sous la chronique de Michèle Stouvenot, qui rassemble deux opérations médiatiques, selon elle. Le CD de Carla et la grossesse de Rachida. Encore que, comme disait grand-mère, une femme est enceinte ou ne l’est pas. Bref, on ne voit pas ce que la com vient faire là-dedans. Mais peu importe, Wolinski, lui, met franchement les pieds dans le plat, en montrant un couple moderne poussant son caddie. Le RSA, dit l’homme à sa compagne, c’est facile à comprendre. Il n’y a qu’à écouter le Président Sarkozy. « Si on taxe trop le travail, il disparaît » ! «Si on taxe trop le capital, il s’en va. Mais si on taxe un peu le consommateur, il reste comme un con ! ». Ouais, fait la femme qui doit tenir le porte-monnaie… « C’est pas ça qui va augmenter notre pouvoir d’achat ». Interprétation joyeuse aussi dans Charlie Hebdo qui pose la question : « Le RSA est-il de gauche. Avant de dénoncer en première page : « Sarko-le-Bolcho ». Mais allez jusqu’en page 5, à la rubrique, « le journal de Nicolas », censé être signé par Nicolas Sarkozy, tout comme il y a chaque semaine dans le Canard Enchainé, le « journal de Carla. Je lis, à la date de vendredi du semainier supposé tenu par le Président lui-même. « Carla m’entend brailler l’Internationale dans la baignoire. Elle s’inquiète. « Ce n’est rien, chérie, c’est la marche du nouveau Sarko-populo ! » Lundi : Mobilisation insignifiante des postiers. Rien à craindre. Chiffres pas trop mauvais du chômage finalement : 7,1 %. Pendant ce temps, l’Allemagne entre en récession, l’Espagne aussi, la Grande-Bretagne aussi. Et ma cote remonte ! Téléphoné à Martin Hirsch, ce faux naïf : il exulte et il a raison. Les socialistes complètement possédés par l’affaire du RAS. Kicéki le vrai socialo ? Kicéki ? Pendant ce temps, Aubry, Strauss-Kahn, Fabius et Delanoë à la magouille, Ségolène, hélas, en plan. Ah, si elle pouvait avoir le poste de premier secrétaire ! Quant à Copé, il approuve mon RAS sans réserves. Gaffe ! Lundi, suite : Pas mal l’interview de Lagarde dans LA TRIBUNE. Elle dit n’importe quoi, mais avec un aplomb et un sourire tellement déconcertants qu’on ne peut que rigoler avec elle. Dans le genre, le pire était Fourcade, l’ex-ministre de Giscard : « Je me suis trompé, mais j’avais prévu que j’allais me tromper ». Christine, tu restes au gouvernement. Mardi : Penser à prendre des nouvelles de Borloo. Qu’est-ce qu’il devient ? Devedjian rentre dans le rang, soutient le RSA (il déteste Hirsch et cette mesure) et m’apporte sa tête sur un plateau. Que vaut-il pour mon image ? Etre soutenu par un zozo pareil, ou l’avoir dans « la résistance » à la tête de l’UMP ? Florilège, des lectures possibles en ce dimanche pluvieux et venteux. La presse Rhône-alpine et du sud-est, à cet égard, n’oublie ni l’Isère, ni l’Ardèche, ni la Drôme où l’on va devoir panser les plaies laissées par des pluies diluviennes d’hier. Et que dire d’Haïti. Florilège donc !

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