Bonjour à tous… en ce beau dimanche pascal qui verra les enfants heureux, chercher les œufs tombés des cieux… Et leurs parents, prendre un peu de temps pour les écouter, jouir de la vie et peut-être aussi du printemps ressuscité ! Et si c’était cela, « l’audace de Pâques », comme le relève le journal Réforme, l’hebdomadaire d’actualité des protestants, à côté d’un sondage de l’IFOP, qui révèle le glissement à droite des seize cent milliers de protestants français. Question, si dimanche prochain avait lieu le premier tour de l’élection présidentielle, pour lequel des candidats suivants… et coetera. Réponse des personnes interrogées, tous membres de l’Eglise Réformée. Pour Nicolas Sarkozy : 34% des intentions de votes François Bayrou, second avec 27%... devant Ségolène Royal à 20%. Analyse de Jean-Pierre Willaime, directeur d’étude à l’école pratique des Hautes Etudes… Les protestants français répugnent aux extrêmes. Ils n’accordent que 8% de leurs suffrages éventuels à Jean-Marie Le Pen. 2% à José Bové, mais si l’on additionne les intentions de vote, en faveur de Nicolas Sarkozy et de François Bayrou, cela fait plus de 60% pour la droite. On peut donc considérer, que les protestants français ont rejoint les catholiques. Cette droitisation des chrétiens, conclut, Jean-Paul Willaime, manifeste à notre sens, une aspiration profonde à la régénération morale des individus et de la société… dans un pays, la France, qui diabolise le libéralisme économique et vénère le libéralisme des mœurs. Mais à part ça, me direz-vous, où en est-on, à quinze jours, du vrai rendez-vous, qui verra les électeurs voter, en vérité, et donner le poids réel et cette fois, non supposé de chacun des douze candidats à l’Elysée. Selon le Parisien-Dimanche, il y aurait encore aujourd’hui, en France, 18 millions d’électeurs indécis. 42% des électeurs selon un sondage réalisé par CSA, qui peuvent encore changer d’avis, d’ici le 22 avril prochain. Selon Roland Cayrol, le directeur général de l’Institut CSA, on n’aurait jamais vu ça. Même si, les indécis d’aujourd’hui, se retrouvent, comme d’habitude, chez les jeunes, les femmes, et les catégories sociales les moins concernées par la politique. Roland Cayrol, ajoute à cette analyse trois remarques. Ségolène Royal écrit-il, a du mal à séduire toute la gauche, parce qu’on s’interroge sur sa capacité à remplir le job, comme disent les américains. Idem pour Nicolas Sarkozy, qui ne fait pas le plein des voix de droite, parce qu’un certain nombre de gens le jugent dangereux. En revanche, et c’est la 3ème remarque du patron de l’Institut CSA, l’incertitude est moins grande pour Ségolène et Nicolas, que pour François Bayrou. En effet, la marge de progression, ou de régression du candidat du Centre dans les sondages est la plus forte de tous. Il peut, assure Roland Cayrol, terminer le 22 avril prochain, entre 12 % et 29% des voix. Bigre, lâche mon confrère Didier Micoine du Parisien, ce matin… Dites-mois, (il parle à Roland Cayrol) quand les indécis, vont se décider, et surtout qu’est-ce qui peut, dans les 15 jours qui viennent, faire évoluer cette situation. Réponse de Roland Cayrol… En 2002, 17 % des électeurs nous ont dit, avoir fait leur choix définitif le jour même du vote… C’est une tendance générale dans les démocraties… et qui est encore plus vraie en France. Quant à l’évolution possible de la situation… selon Roland Cayrol toujours : « Tout événement significatif de campagne repris par les grands médias peut faire basculer le résultat. Les gens les plus indécis s’intéressent moins à la politique, ont moins de conversations sur ces sujets. Ils ne vont pas dans les meetings mais ce sont de très gros consommateurs de radio et de télévision. Des déclarations de campagne ou un fait divers peuvent jouer. Après les incidents de la gare du Nord, Jean-Marie Le Pen a gagné trois points en quinze jours ». La rédaction concurrente du Parisien-Dimanche, celle du Journal du Dimanche… et son directeur Jacques Espérandieu, ne partagent pas cet avis du Parisien. Selon eux… la droitisation de la campagne de Nicolas Sarkozy, réussit parfaitement au candidat de l’UMP, qui monte dans les sondages, alors que l’on doute davantage autour de Ségolène Royal et que François Bayrou, tient bon la rampe. Titres, des deux reportages en campagne, réalisés par le Journal du Dimanche, par Pascale Amaudric et Virginie Le Gay. Pascale Amaudric pour Ségolène Royal et Virginie Le Gay pour Sarkozy. Royal à la peine… Sarkozy creuse l’écart… et sous-titres tout aussi éloquents… « Ici on improvise, là on creuse l’écart en ne parlant pas de ce qui fâche »… Avec naturellement, un sondage IFOP réalisé du 5 au 6 avril dernier, et la sempiternelle question… Si dimanche prochain avaient lieu, etc, etc… Voici les résultats selon l’IFOP : Ségolène Royal 22 % des voix, Nicolas Sarkozy 29,5 % François Bayrou 19. Le Pen 14, Olivier Besancenot : 4,5, et puis 2, 2, 2, 0,5… Alors au second tour… Même si la question est un peu ridicule… Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy, elle terminerait à 46… et lui à 54. Plus intéressante, l’analyse du directeur du Journal du Dimanche, Jacques Esperandieu qui écrit ceci : « Et si le premier tour de l’élection présidentielle française opposait, tout simplement, un candidat de droite à une candidate de gauche, sous l’arbitrage actif d’un candidat du centre et le regard narquois d’un représentant de l’extrême droite ? » C’est la question de mon confrère qui ajoute ceci : « Et si, après s’être égaré dans les jeux de rôle et les faux-semblants, on en revenait tout simplement aux fondamentaux de la politique française ? » C'est-à-dire la droite contre la gauche. Le Monde s’inquiète lui aussi en titrant aujourd’hui sur Ségolène Royal qui serait, d’après Le Monde, entre le stress et l’audace. Bruno Frappat, parle d’un sprint où l’on schématise désormais à tout-va, et l’on segmente à l’infini et le débat aussi… c’est du zapping, écrit Bruno Frappat et cela ressemble aux Guignols de l’Info… Ségolène, elle, répond aux lecteurs de Sud-Ouest… Première question de mes confrères : « A dix-sept jours du premier tour, comment sentez-vous cette élection présidentielle ? » Oui, on l’a interrogée pendant sa tournée. Elle était dans l’Aude hier… Réponse de Ségolène Royal : « Nous entrons, c’est vrai, dans la dernière ligne droite. Il y a beaucoup de monde dans mes réunions. Et en même temps, près d’un Français sur deux dit qu’il ne sait pas pour qui il va voter. Je comprends cela parce que face à la mondialisation, aux délocalisations, à la baisse du niveau de vie, les gens se demandent si la politique sert encore à quelque chose. Moi, je leur dis oui, la France peut reprendre la main. Plus les jours passent et plus je sens le poids des responsabilités. Ma responsabilité, c’est que le débat présidentiel soit de qualité, qu’il serve à quelque chose et que les gens puissent vraiment choisir. » Et Bayrou me direz-vous… Eh ben, Bayrou, il est interviewé par le Journal du Dimanche. Il donne aussi son sentiment. Est-ce que vous pensez-vous que vous serez face à Sarkozy ? C’est la question de Virginie Le Gay à François Bayrou. Réponse de l’intéressé : « Personne ne peut le savoir. Mais ma candidature aurait plus de sens face à Sarkozy. Son projet de société est l’opposé du mien. Mais qu’importe, que ce soit face à lui ou à Ségolène Royal, je serai le même. Ceux qui ont l’intention de voter pour moi viennent des deux rives. Au second tour, je serai le candidat du « travaillons ensemble » contre ceux qui ne voient que le combat des deux camps. » Voilà ! Je ne sais pas si François Bayrou va chercher des œufs dans le jardin aujourd’hui. Visiblement, il y croit.

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