La presse magazine nous apprend parfois des trucs vraiment très surprenants.

Cheveux

Pour preuve, VERSION FEMINA, le supplément offert avec les journaux du week-end, qui propose une enquête assez fouillée sur les cheveux – en l’occurrence, les cheveux blonds : or, figurez-vous que le blond des Françaises n’est pas le même dans toutes les régions ! Chez « Diminu’tif », « Racine Carré », « Faudra Tif Hair » ou « De mèche avec vous » – noms de salons de l’Hexagone, les femmes, parait-il, demandent des nuances différentes selon l’endroit où elles vivent.

Dans le Nord, par exemple, c’est un blond beige et doré – « un blond qui ensoleille leur quotidien, tout en reflétant leur personnalité chaleureuse », explique un expert capillaire. Dans l’Ouest, on mise plutôt sur le naturel, avec un blond « fondu », comme si la chevelure avait d’elle-même éclairci. Dans l’Est, on privilégie davantage les blonds « froid », limite hitchcockiens. « C’est une question de psychologie », assure un coiffeur alsacien : « Nous sommes assez distants au premier abord, cette nuance correspond à nos mentalité. » A l’inverse, à Marseille, c’est le blond « lumineux » qui domine. Avec, cela dit, une contrainte de taille pour les capilliculteurs : c’est que la majorité des femmes du Sud sont brunes au teint mat. Avant de passer au blond, il faut commencer par la décoloration…

Blond beige, blond doré, blond froid, blond lumineux : à chaque région, sa tendance… Et qui sait, un jour, les coiffeurs proposeront également peut-être une nuance « blond Donald Trump » ?

"La stratégie de Donald Trump reste bien floue"

Ce matin, en tout cas, c’est lui qui fait la Une d’une bonne partie des journaux. Le président américain a lancé hier un raid contre une base aérienne syrienne. C’est une première depuis le début du conflit : une réponse aux derniers soupçons d’attaque chimique qui pèsent sur le régime de Bachar al-Assad. « Une frappe, et après ? », s’interroge à sa Une AUJOURD’HUI LE PARISIEN, en indiquant qu’il s’agit là d’un message adressé non seulement au régime syrien, mais aussi à l’opinion internationale – le message étant, pour résumer, que le shérif américain est de retour. « Un message de fermeté à Damas comme à ses alliés, confirme LIBERATION, mais pour la suite, la stratégie de Donald Trump reste bien floue… »

Sachant que ces frappes américaines, en riposte, donc, à des bombardements de civils, ont illico fait monter la tension entre Washington et Moscou. « Trump frappe en Syrie, colère en Russie », relève L’EST ECLAIR, tandis que LA DEPÊCHE DU MIDI se demande si l’on assiste ici au « retour de la guerre froide ». Le fait est qu’aujourd’hui, toute la planète s’affole. « La frappe américaine met le monde sous tension », note LA CHARENTE LIBRE. « Le monde est en alerte », confirme MIDI LIBRE, tandis que tous les éditorialistes font part de leur grande inquiétude.

« Si Obama avait ainsi frappé le nid de vipère syrien, le monde entier aurait applaudi, estime Jean-Marie Montali dans LE PARISIEN. Mais Trump n’est pas Obama, et sa posture martiale, comme son imprévisibilité, ont de quoi sérieusement inquiéter. » « Envoyer un message fort à Bachar al-Assad et Vladimir Poutine, c’est bien, écrit de son côté Alexandra Schwartzbord dans LIBERATION. Mais s’embarquer dans une guerre unilatérale sous le coup de l’émotion, et sans stratégie à la clé serait catastrophique. Trump est capable de tout. Et c’est là l’inquiétude. »

Inquiétude également chez Patrice Chabanet, dans LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE. Il voit en Trump « un chef de guerre incontrôlable dans un monde devenu hors de contrôle ». Il « frappe d’abord puis, éventuellement, discute après », relève pour sa part Laurent Bodin dans L’ALSACE, précisant que sur la forme, « Donald Trump confirme que le monde doit se préparer à une diplomatie de l’humeur. »

C’est d’ailleurs aussi ce qu’explique Pierre Guerlain au HUFFINGTON POST. Il est professeur de civilisation américaine et selon lui, ce raid – 59 missiles Tomawaks lâchés sur une base navale en Syrie, est finalement « l’équivalent d’un tweet avec une bombe. Une réaction impulsive, simplement symbolique et, surtout, en dehors de tout cadre légal. Cette intervention viole le droit. »

Division de la classe politique française

Dessin de Rançon dans AUJOURD’HUI LE PARISIEN – Hollande, Fillon, Mélenchon et Le Pen font face à Trump et le premier lui lance : « Attention, Donald, ces frappes risquent de semer le chaos… » « Dans notre campagne électorale », précise le deuxième… Des avis divergeant chez les différents candidats. Macron et Hamon sont sur la ligne de l’Elysée et de la chancelière allemande, à savoir qu’Assad porte l’entière responsabilité de la riposte américaine. C’est la surprise chez Le Pen : surprise de voir que Donald Trump s’érige de nouveau en « gendarme du monde ». Prudence chez Fillon, qui refuse toujours toute mise en cause directe de Bachar al-Assad. Quant à Mélenchon, il estime qu’Hollande et Merkel « portent l’entière responsabilité de donner à Trump le pouvoir solitaire de pouvoir frapper qui il veut quand il veut ».

Le leader de la France Insoumise, selon les dernières enquêtes, continue de grimper dans les intentions de vote

Du reste, il séduit même à droite, ainsi que le raconte Théophile Simon dans L’OBS. Il a recueilli les témoignages de jeunes gens qui avaient voté pour la primaire des Républicains en novembre, et qui se disent désormais tentés par le vote pour Jean-Luc Mélenchon. Exemple avec Pauline, ex-militante juppéiste, mi-amusée, mi-horrifiée par ce qu’elle s’apprête à confesser : « Mélenchon est à des années-lumière de mes convictions, mais j’hésite à voter pour lui, je suis déboussolée. » « Ce ne sont pas mes idées, mais j’aime son franc-parler et son approche innovante de la politique », abonde Constant, jeune bordelais, qui avait voté Sarkozy en 2012. Bertille, étudiante toulousaine, est séduite elle aussi : « Bien que je sois plutôt d’accord avec le programme économique de François Fillon, mes priorité du moment sont l’écologie et le social. Alors je vais voter Mélenchon... »

Décision identique pour la romancière féministe Isabelle Alonso – elle l’écrit dans SINE HEBDO, en dénonçant tous ceux qui appellent à voter « utile »… « Moi, écrit-elle, je vais voter inutile à leurs yeux. Mais je vais voter pour le seul réalisme qui soit. Pour les abeilles et les papillons. Pour les arcs-en-ciel et l’utopie. Pour le partage, le soleil et le vent. Pour les pauvres et les savants. Pour les artistes et les enfants. Pour les arbres et pour les bêtes. Pour le verbe et le souffle. Je vais voter Mélenchon. »

« Qui l’eût cru ? », s’étonne cette semaine Denis Sieffert dans l’édito de POLITIS. « Qui l’eût cru ? Mélenchon promu coqueluche des médias. Un débat télévisé réussi, un bon mot, et le candidat de la France Insoumise est porté au pinacle ! » Enfin bon, pas par tous… Et l’hebdomadaire de rappeler le récent tweet de BHL : « Mélenchon, c’est son amour de soi qui l’a perdu : sa façon, non plus de parler, mais de s’écouter. » Signé, donc, Bernard Henri-Lévy, expert en narcissisme, qui mériterait peut-être de se faire teindre en blond…

Tous les journaux reviennent également sur l’attaque perpétrée à Stockholm

Ce camion qui sème la terreur dans la foule au centre de la capitale suédoise, laquelle a donc rejoint la trop longue litanie des villes touchées par le terrorisme. On déplore quatre morts et une quinzaine de blessés. Et le dispositif rappelle celui de Nice, de Berlin et de Londres il y a deux semaines. Un poids-lourd qui fonce au milieu des piétons dans une rue commerçante, avant de s’encastrer dans la façade d’un grand magasin. « Encore un camion de la terreur », titre ainsi LE COURRIER PICARD. « L’Europe de nouveau frappée », commente L’INDENPENDANT. « Stockholm frappée à son tour », précise LIBERATION CHAMPAGNE, tandis que LA NOUVELLE REPUBLIQUE évoque « une folie terroriste qui meurtrit la Suède ».

Politique et liquide vaisselle

Dans LE PARISIEN, décision étonnante de Patrick Ollier, le maire de Rueil-Malmaison : il interdit les pubs comparant les élus à du liquide vaisselle. Une pub de la marque Maison Verte sur laquelle on pouvait lire le slogan suivant : « Elu et efficace, c’est possible. » Patrick Ollier a donc fait retirer les affiches, au motif qu’elles portaient atteinte, je cite, « à l’image de la République ».

Et puis, on disait tout à l’heure qu’on pouvait trouver des infos surprenantes dans la presse magazine. C’est le cas avec les conseils régime proposé dans le dernier MARIE-CLAIRE – « 11 solutions pour mincir sans se priver ». Parmi les solutions : manger dans une assiette rouge. Le rouge, couleur de l’interdit, réfrènerait, parait-il, instinctivement l’appétit. J’essaye ce soir, je vous dis demain…

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