Bonjour à tous. Selon COURRIER INTERNATIONAL, c’en est fini de l’arrogance et de la brutalité ! Le GUARDIAN en Grande-Bretagne, et El PAÏS en Espagne, saluent eux aussi cette semaine le grand retour des gentils, des généreux, des bienveillants, des solidaires. Comme s’il y avait là, un effet secondaire plutôt inattendu de la crise. Mais c’est un fait déployé aux vents comme un slogan : « Face aux banquiers cupides et aux traders assis sur leurs scandaleux profits, égalitaires de tous les pays, nous voici ! ». « Le partage est formidable » déclare au JOURNAL du DIMANCHE, un de ces partageux ! Non, ce n’est pas Olivier Besancenot, ni Martine Aubry, ni le Président de la Conférence épiscopale, qui se place aujourd’hui dans la voie ouverte jeudi dernier par Nicolas Sarkozy. C’est le sénateur-maire UMP de l’Essonne, le patron du Figaro : l’avionneur Serge Dassault. Question de mon confrère Nicolas Prissette au fils du grand Marcel : « La règle d’un meilleur partage entre salariés et actionnaires avancée jeudi par Nicolas Sarkozy, vous séduit-elle ? ». « Enfin ! », répond Serge Dassault. « C’est ce que je défends depuis vingt-cinq ans. J’applique ce partage chez Dassault-aviation, où la participation a représenté l’an dernier 3 mois et demi de bonus pour les salariés. Au plan psychologique, au plan social, c’est formidable. Quand il y a égalité entre les actionnaires et le personnel, la distribution des bénéfices n’est plus contestée par personne ». CQFD, même si Serge Dassault, prend soin de compléter en expliquant : « Mieux vaut redistribuer quand l’entreprise va bien, et ne pas le faire, quand l’entreprise va mal. En effet », ajoute-t-il, « les salaires sont un élément fixe qui nous conduit à licencier quand l’entreprise a des problèmes». Deux pages plus haut, dans le même JOURNAL du DIMANCHE, Claude Askolovitch de retour de Munich avec le Président de la République, constate lui aussi que Nicolas Sarkozy lâche du lest en direction du monde du travail, mais ne cède rien sur l’essentiel. Au passage, mon confrère constate qu’il y a là une part d’effet Obama et de bonnes relations avec le Président brésilien progressiste, Lula. Askolovitch relève aussi que si la popularité du Chef de l’Etat baisse, il y a tout de même 15 millions de télespectateurs qui l’ont écouté jeudi dernier à la télé. « En somme », ajoute-t-il, « Sarkozy dans la crise, c’est Sarkozy comme avant, mais avec un sujet grave, l’endettement international qui l’oblige à changer. Voilà pourquoi il théorise son progressisme, dénonce les spéculateurs et veut refonder le capitalisme. Et mon confrère du JOURNAL du DIMANCHE de conclure, je le cite : « A l’international, Sarkozy a cessé d’être de droite, en France pas encore ! Il faudra attendre le rendez-vous social du 18 février, où il sera demandé aux syndicats CGT et CFDT de porter avec lui, la charge de la crise. ». Pas dupe, Claude Askolovitch rappelle le vieil adage capitaliste : « Privatiser les profits et socialiser les pertes ». Un adage que le Président de la République transforme à la façon de Dassault. « Personnaliser les succès et neutraliser les tracas. ». Il me semble que sous de Gaulle, on appelait ça, l’association capital-l’argent. « Tu mets l’argent, je bosse, et on partage les bénéfices. » Ce n’est plus la lutte des classes, c’est l’intérêt commun. François Michelin nous disait cela lui aussi, en évoquant son idéal d’entrepreneur. Mon problème, disait-il, c’est de satisfaire mes salariés, mes actionnaires et mes clients ! C’était au temps de la croissance et des trente glorieuses. Aujourd’hui, comme le constate en première page un JOURNAL du DIMANCHE décidément passionnant, quatre chefs d’Etat et de gouvernement sont dans la tourmente. L’Américain Barack Obama, l’Allemande Angela Merkel, le britannique Gordon Brown et le Français Nicolas Sarkozy. Une prévision de croissance 2009, à moins 2,8 pour le Britannique, à moins 2,5 pour la chancelière, à moins 1,9 pour notre pays, et moins 1,6 pour les Etats-Unis. Wolinski, illustre la situation des 4 grands dans la bourrasque, en les représentant assis tous les quatre à une table de jeu. Je relance de huit milliards d’euros, s’écrie Sarkozy. Et moi dit Obama, je relance aussi de 8 milliards d’euros, plus neuf cent milliards de dollars. Without me… lâche tristement Gordon Brown, tandis qu’Angela Merkel conclut le tour de table d’un « je me couche » impuissant ou peu solidaire. Tout cela n’empêche pas Français, Allemands et Américains d’avancer désormais, main dans la main. Presse nationale et régionale soulignent ce matin, qu’hier à Munich, Joe Biden, le vice-président des Etats-Unis a félicité par avance Nicolas Sarkozy de l’entrée prochaine de la France dans l’OTAN. Il y a 43 ans, De Gaulle en avait claqué la porte et se retourne peut-être dans sa tombe aujourd’hui. En revanche, il doit moins tonner contre l’installation prochaine d’un bataillon allemand à Strasbourg, 70 ans après le début de la seconde guerre mondiale. Bruno Fanucchi dans le PARISIEN, relève à cet égard, la détermination de Nicolas Sarkozy, déclarant hier à Munich : « C’est un acte historique. Oui, la France serait heureuse d’accueillir un bataillon allemand sur son territoire, car il est temps de tourner la page. ». Je le disais en commençant. Tout le monde il est beau, tout le monde est redevenu gentil. Vous lirez dans la presse dominicale, les doléances de Pierre Péan, chasseur solitaire, qui déclare à Marc Payet, après la publication de son pamphlet anti-Kouchner : « J’ai le cuir épais, mais là je suis désemparé. Je suis mort. ». Et Péan d’ajouter : « Je déteste le journalisme TGV ». Le philosophe Marcel Gauchet, disait cela lui aussi à Josyane Savigneau dans le MONDE, samedi : « Où sont les lecteurs », demandait notre consoeur. « Aux abris », répondait Marcel Gauchet, avant d’expliquer, « On a d’un côté des lecteurs à la recherche d’un contenu qu’on ne leur offre plus. Et de l’autre, une presse à la recherche d’un public qui n’existe pas. ». L’analyse est que nous sommes dans un environnement avec l’audiovisuel et le Net où l’information doit être immédiate, calibrée, prête à l’emploi. Réduire la taille des articles, privilégier le vécu, se priver de l’expertise de journalistes hautement compétents dans leur secteur suicidaire. Le regard de Daniel Rondeau… « Vive Picasso ! Vue de Malte, la France parait parfois indéchiffrable sur l’écran de la télévision. Je m’oblige à regarder les infos (LCI, I-Télé, France 24) mais j’ai banni le 20 heures, qui ne rend compte que des catastrophes, des accidents, des maladies, des flagellations, des poisons qui entretiennent la dépression française et rajoutent à la crise. Une bonne nouvelle pourtant : le succès de Picasso. Les Français s’aperçoivent qu’ils en ont marre de l’argent-roi et de la suppression de toute valeur morale. ». Chérie, qu’est-ce que nous faisons ce soir ? Regardons sur France 3 « A droite toute » le film de Marcel Bluwal dont l’histoire se situe à la veille de l’arrivée au pouvoir du Front populaire, un industriel au bord de la faillite qui décide de se rapprocher d’un mouvement d’extrême droite. Terminons par l’amour. Toujours dans le JOURNAL du DIMANCHE sous le titre « Les Françaises sont de plus en plus infidèles » nous déclare Pamela Druckermann « le fait d’avoir trompé son conjoint ne signifie pas forcément la destruction du mariage ».

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