Bonjour à tous… « Ceux qui l’aiment ont pris le train »… tout à l’heure, gare Montparnasse… destination Angoulême, puis Jarnac, là où François Mitterrand repose près de ses parents. Nombre de journalistes s’en souviennent ce matin. C’était le 8 janvier 96, le Président de la République Jacques Chirac, les avait conviés pour la cérémonie des vœux, à l’Elysée…. Attente, atmosphère pesante sous les lambris, et Jacques Chirac qui arrive enfin pour annoncer la voix tremblante, que le Président Mitterrand est mort à l’aube et que naturellement, la cérémonie des vœux est reportée. « Ceux qui l’aiment ont pris le train … Mitterrandistes de la première et de la dernière heure vont se retrouver tout à l’heure à Jarnac, en Charente, pour célébrer le 15ème anniversaire de l’enfant du pays ». Voilà ce qu’écrit aujourd’hui Cécile Amar dans le JOURNAL du DIMANCHE, en ranimant consciemment ou non, d’autres souvenirs plus cinéphiles que politiques. Et là, il ne s’agit ni de nostalgie, ni de regret. C’est un fait. En 1998, Patrice Chéreau présentait à Cannes un beau film, « Ceux qui m’aiment prendront le train », où sous couvert d’enterrement, une famille en crise, rassemblée autour d’un mort, se retrouve dans une confrontation violente. Celui qui n’est plus leur manque. Il les influençait, les faisait exister sous son regard. Fini, terminé. Ils n’ont plus de repères, peu de projets et se disputent. Qui joue dans le film « Train pour Jarnac » aujourd’hui ? On les verra tout à l’heure à la télévision. Qui jouait dans le film de Chéreau en 1998 ? Allez ce pourrait être une question pour le jeu des 1.000 euros… Vincent Pérez, Jean-Louis Trintignant, Charles Berling et Valeria Bruni-Tedeschi. Et qui a écrit le scénario ? Danièle Thompson. A partir de la visite bouleversante qu’elle fit un jour à l’hôpital où se mourait François Reichenbach. Le cinéaste évoquait sa fin prochaine et exprimait le vœu d’être enterré à Limoges. Pourquoi Limoges, c’est loin, souffla Danièle Thompson pour cacher son chagrin, avant de s’attirer cette réponse de son ami en fin de vie : « Ceux qui m’aiment prendront le train ». A Jarnac, aujourd’hui, écrit Cécile Amar, il y aura foule. Ségolène, Martine, Jack et bien d’autres. Mais ajoute-t-elle, on comptera aussi les absents. Revendiqués, comme Manuel Valls. Ou simplement excusés, comme Edith Cresson, Laurent Fabius, François Hollande, Lionel Jospin, Michel Rocard. Ceux-là ne figureront pas sur la photo de famille, conclut ma consoeur. Dominique Strauss-Kahn non plus. Mais personne ne lui reprochera de ne pas avoir fait le pèlerinage. Restent les hommages, nombreux dans la presse dominicale. J’en distinguerai deux. Celui de Bertrand Delanoë, dans le JOURNAL du DIMANCHE. Et celui de Mazarine Pingeot-Mitterrand, dans le PARISIEN-Dimanche. « Mitterrand », écrit le Maire de Paris, « a été grand, en abolissant la peine de mort et en donnant de la force à l’Europe. Mais au pouvoir, il n’a pas tout réussi. Souvenez-vous qu’il disait : « Sur le chômage, on a tout essayé ». Mais au moins », conclut Bertrand Delanoë, « il regardait la France, et pas son image dans le miroir. On a dit qu’il avait le sens du temps. Il avait surtout le sens de l’Histoire ! ». A ce propos… on attribue souvent à Mitterrand la paternité de la formule : « Il faut donner du temps au temps ». Erreur, elle est de Cervantès, qu’il avait lu naturellement ! Hommage de Mazarine Pingeot à la culture de son père. Ainsi, quand mon confrère Eric Hacquemand du PARISIEN lui demande : « Que pensez-vous de la façon dont Nicolas Sarkozy s’exprime ». Elle répond : « Le Président de la république est bon orateur. Néanmoins quand on est Président, le minimum c’est quand même d’éviter les fautes de grammaire. Le parler-vrai, qu’est-ce que ça veut dire ? Il y a une forme de démagogie, de populisme insupportable. Je n’ai jamais entendu mon père dire une grossièreté. Il faisait la chasse aux adjectifs. Il relisait tout… Et même, pour les corriger, mes dissertations et mes petits poèmes ». Mazarine Pingeot dans la même interview du PARISIEN est invitée à répondre à une question sur René Bousquet, secrétaire général de la police de Vichy et ami du Président. « Je réfute ce terme, dit-elle. « Ils n’étaient pas amis. C’était une connaissance parmi tant d’autres. François Mitterrand a pris ses distances. Cela me blesse. Qu’est-ce qu’on soupçonne avec cette polémique. Le sous-entendu est atroce et pour ne rien vous cacher, dégueulasse. Mon père a fait le choix de la Résistance, ce que beaucoup à cette époque n’ont pas osé faire ». Question plus actuelle, à la fille du Président disparu. « La gauche doit-elle et peut-elle s’inspirer de lui ». « Oui, être Mitterrandiste en 2011, ce n’est pas suranné. Mon père a donné du souffle à la construction européenne et donc à la paix. Et puis, il reste le seul Président, à avoir conduit la gauche au pouvoir. Si en 2012, je peux être utile, j’aiderai. Je suis prudente mais optimiste ». Jack Lang tenait des propos similaires, hier, dans l’émission de la Cinq, « Empreintes ». Mais aujourd’hui, la presse est plus sceptique, voire carrément ironique. Si le JOURNAL du CENTRE évoque l’humanité et la stature du Président Mitterrand et son empreinte dans l’Histoire du XXème siècle. LIBERATION se gausse du cortège de Jarnac, avec deux titres : « Mitterrand, de mémoire d’éléphants ! ». Et « PS : les primaires passent par Jarnac !». François-Xavier Bourmaud dans le FIGARO attend les discours de Martine Aubry et de Ségolène Royal, jugée très Miterrandienne, avant de rappeler que pour entrer à l’Elysée, Mitterrand avait d’abord créé un PS fort, puis rassemblé la gauche et enfin s’était autorisé à regarder un peu au-delà ». Et mon confrère du FIGARO de citer Hubert Védrine : « Au fond aujourd’hui François Mitterrand est comme une boîte à outils où l’on peut puiser des leçons, des idées… Mais globalement, il n’est pas transposable, le monde a changé ». Si le sujet vous passionne, voyez PARIS-MATCH et le grand dossier illustré, consacré au Président qui régna 14 ans. Et lisez aussi, l’iconoclaste Jean-François Kahn qui ose écrire : « Pourquoi le PS n’est-il pas dissous ? ». « Réponse, parce que Nicolas Sarkozy en a encore besoin ». Et pire encore, quand le fondateur de MARIANNE compare Manuel Valls et Benoit Hamon à Roux et Combaluzier. « Quand l’un veut faire monter l’ascenseur, l’autre le fait descendre ». Résultat selon Jean-François Kahn, « celui qui monte à pied, à toutes les chances d’arriver le premier ». A ce propos, chère Patricia, cher Fabrice… savez-vous pourquoi Ségolène Royal qui sera tout à l’heure à Jarnac, n’y était pas, lors du dixième anniversaire commémorant la mort de Mitterrand ? Nous avons la réponse à France Inter avec la chanson signée Jacques Hélian… « Au Chili »… CD Madame Royal était au rendez-vous de la Présidente chilienne Michèle Bachelet et avait oublié l’anniversaire du 8 janvier. La presse ce samedi, n’oublie pas les révoltes sociales au Maghreb… Algérie, Tunisie… Faut-il rappeler que le SMIC algérien est de 110 euros… Allez acheter avec ça… le lait, le sucre, l’huile, la semoule… Elle parlera demain, des deux Français, pris en otages, cette nuit, à Niamey au Niger. Et d’Aimé Césaire, auquel, Nicolas Sarkozy veut rendre hommage au Panthéon, à Paris, en avril prochain. Il l’a promis hier aux Martiniquais en arrivant à Fort-de-France, pour son troisième voyage officiel aux Antilles.

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