« Et surtout la santé ! » Sans doute avez-vous entendu de nombreuses fois ces mots-là depuis dimanche dernier. « Bonne année, et surtout la santé ! »

C’est très important, la santé. Essentiel. Primordial. « Tant qu’il y a santé… », lance-t-on d’ailleurs parfois à ceux qui disent manquer d’amour, de temps, d’argent, de travail, de sommeil, d’espoir ou de tout autre chose… « Tant qu’il y a la santé » : façon de rassurer l’autre et de se rassurer soi-même. Et lorsque l’on s’inquiète, de plus en plus souvent, ce n’est pas d’abord à son médecin que l’on s’adresse, non : c’est à Internet. On tape sur GOOGLE.

Le supplément du MONDE dresse d’ailleurs la liste des questions les plus posées en 2016, le Top 10 des sujets d’inquiétude médicale en France, au vu des données recensées par le moteur de recherche : comment soigner un rhume, une angine, une tendinite, un panaris, un orgelet, une sciatique, une gastro, une otite, un aphte ou bien encore une infection urinaire ? Des questions qui renvoient sur différents forums et sites spécialisés : Allodocteurs, Auféminin, Topsanté, Le Journal Des Femmes et puis surtout Doctissimo, la plus gigantesque des communautés de patients, avec 20 millions de visiteurs uniques par mois. « Si l’on retire les moins de 15 ans, c’est donc la moitié des Français », se félicite, dans le journal, le président du site.

Dès lors, quand ces malades vont ensuite consulter, ils sont nettement plus informés qu’ils ne l’étaient auparavant. Parfois mal informés, mais souvent très bien informés, ce qui énerve évidemment certains médecins. Parce qu’ils ne sont plus ceux qui savent, plus les seuls à savoir. Ils sont tombés de leur piédestal. Mais il en est toutefois qui choisissent de faire du numérique leur allié, en participant eux-mêmes à des plates-formes internet, voire en participant à des consultations à distance, notamment à travers la machine révolutionnaire que nous décrit Claire Lefebvre dans PARIS MATCH cette semaine : une machine présentée comme le médecin généraliste de demain.

En l’occurrence, c’est une cabine, la Consult Station – appellation anglo-saxonne, mais que l’on doit à un Français, lui-même médecin généraliste, le docteur Franck Baudino. A l’intérieur de cette cabine, des appareils médicaux : un tensiomètre, un stéthoscope ou encore un dermatoscope : des appareils que le patient utilise tout seul, comme un grand, mais guidé, par webcam, à distance, par un médecin qui établit le diagnostic en direct. Une invention pourrait donc révolutionner la santé – ou, du moins, aider à soigner davantage de personnes. Notamment dans les territoires qui sont des déserts médicaux : les secteurs reculés qui obligent les patients, comme les personnels de santé, à parcourir des dizaines, voire des centaines de kilomètres par jour. Avec cette cabine, on limite les déplacements : ce n’est plus l’homme qui se déplace, c’est l’information qui circule. Et le projet, c’est d’en installer, d’installer ces cabines, non seulement, donc, dans les campagnes, mais aussi dans les lieux où se trouvent ceux qui n’ont pas le temps d’aller voir un médecin… Dans certaines entreprises, ou dans les milieux étudiants, ou même, précise l’inventeur, « dans un sous-marin, ou dans une station spatiale »…

Autre question de santé, à lire dans LE JDD : faut-il légaliser le cannabis en France ? Vieux « serpent de mer » que cette question à laquelle, pour l’heure, le pouvoir a toujours répondu par la négative… Mais certains la reposent à l’approche de chaque élection. C’est le moment où jamais : le moment pour lancer, ou relancer des débats… Et, ce matin, ce sont 150 personnalités marseillaises qui publient un appel demandant « la fin de la prohibition du cannabis », laquelle est, pour eux, « un échec ». Parmi les signataires : des avocats, des magistrats, des artistes, des politiques – dont les députés socialistes Marie-Arlette Carlotti et Patrick Menucci, mais aussi de nombreux médecins – 150 personnes au total, et tous, habitant à Marseille. Ce n’est pas un détail. La deuxième ville de France est particulièrement touchée par les conséquences de l’interdiction du cannabis : clans et réseaux qui brassent des sommes d’argent considérables et gangrènent de nombreux quartiers. Les règlements de compte à Marseille sont très majoritairement liés au trafic de cannabis. 10 morts en 2013, 14 l’année suivante et 25 morts l’an dernier. Fin de la prohibition : voilà donc ce que réclament les signataires de cette tribune, plaidant pour une « légalisation contrôlée ».

Lui, ce n’est pas une simple tribune qu’il publie mercredi prochain. C’est un livre, un réquisitoire sans pitié contre François Hollande. Lui, c’est Aquilino Morelle, ex-conseiller à l’Elysée, qu’on retrouve à la fois à la Une du MONDE et du JDD. Titre de son bouquin : L’abdication. Dedans, pas vraiment de scandale, pas non plus de petite phrase, pas de bruits de couloir, non, mais cet accablant constat, dressé après deux ans passés, donc, aux côtés du président de la République : ce n’est pas le 1er décembre qu’il aurait abdiqué, mais dès le début de son quinquennat, en refusant d’appliquer le programme pour lequel il avait été élu. Aquilino Morelle accuse François Hollande de n’avoir jamais réellement « voulu exercer le pouvoir », et surtout « d’avoir fait perdre son âme à la gauche ». Il revient également sur les raisons de son éviction au printemps 2014, l’affaire du cireur de chaussures… Morelle se faisait cirer les pompes à l’Elysée par un professionnel. Et cirer les pompes, au sens propre du terme. Après une telle affaire, on aurait pu penser qu’il choisirait le silence durant des années et, surtout, qu’il n’oserait pas donner des leçons de morale et de politique à son ancien patron… Mais bon, les Français, c’est connu, ont la mémoire très courte. Et une faculté étonnante à tout pardonner. Du reste, sur le sujet, Aquilino Morelle – médecin de formation, reconnaît avoir commis une faute. Faute sur laquelle il reviendra probablement demain matin : il sera, à 8H20, l’invité de Patrick Cohen.

Et lorsque l’on a des fourmis dans les pattes, est-ce qu’il faut consulter ? Non, ce n’est pas la peine : il suffit de se bouger, à l’instar de Marine Le Pen, qui s’exprime ce matin dans les colonnes du PARISIEN. Elle est, nous explique le journal, entrée en campagne un peu plus tôt que prévue. « Ça vous démangeait de vous lancer ? », l’interrogent mes confrères. « J’avais des fourmis dans les pattes, je grattais le sol du sabot. », répond donc la cheffe du FN, qui dresse dans le quotidien les grandes lignes de son projet, et notamment pour la santé. Elle plaide pour la suppression de l’aide médicale de l’Etat, un délai de carence pour tous les étrangers qui viennent travailler dans le pays. « Ils devront, dit-elle, cotiser plusieurs années avant de pouvoir accéder aux bénéfices de la protection sociale et de la solidarité nationale dans son ensemble. » Dans son ensemble, autrement dit : fini, pour eux, l’école gratuite. Le titre à la Une du journal, c’est « Le Pen au pas de charge »…

Mais accédera-t-elle au pouvoir ? Elle, bien sûr, elle y croit. Et certains s’en inquiètent… « Et s’il suffisait d’un attentat de plus pour que Marine Le Pen l’emporte au mai prochain ? C’est le scénario noir qui hante les états-majors politiques », nous explique Pauline Graulle dans POLITIS. Un très intéressant papier consacré au « facteur émotionnel » du vote. Facteur souvent sous-estimé, facteur pourtant non négligeable… Ma consœur évoque notamment le cas de sa grand-mère, qui affirmait voter Chirac « parce qu’il [était] bel homme »… Facteur émotionnel du vote… Et d’après les enquêtes menées sur le sujet, il apparaît que c’est la colère qui fait voter pour les extrêmes. La colère qui fait voter pour la FN. La colère, avant tout, contre le pouvoir en place. En revanche, la peur pourrait plutôt amener à choisir la stabilité, ne pas voter pour le changement.

L’info qui fera hurler nombre de chauffeurs parisiens : Anne Hidalgo veut « diviser par deux la place de la voiture dans le cœur de la capitale ». Après des semaines de polémiques liées à la piétonisation des voies sur berges de la rive droite, la maire de Paris détaille son projet dans les colonnes du JOURNAL DU DIMANCHE : un tram-bus électrique sur les quais hauts de la Seine, une piste cyclable bidirectionnelle sur la rue de Rivoli, et l’interdiction totale aux voitures, sur un kilomètre, entre la place de la Concorde et le Pont Royal.

Enfin, tous les journaux reviennent sur les dangers de la grippe. Treize personnes âgées en sont mortes dans une maison de retraite de Lyon en deux semaines. L’inspection générale des affaires sociales a été saisie. Sur ce, je vous souhaite une bonne année… Et surtout la santé !

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