Bonjour à tous… « Les temps sont difficiles ». Difficiles pour tout le monde, et pas seulement pour les Grecs comme vient de le montrer un scrutin indécis au Parlement britannique, et comme on le verra demain dimanche, en Rhénanie, dans l’élection-test que doit affronter une Angela Merkel en difficulté ! « Les temps sont difficiles », et cela apparaît clairement sur la photo parlante que publie dès aujourd’hui le JOURNAL du DIMANCHE. Elle a été prise hier soir à Bruxelles, par Elodie Grégoire dans les bureaux de la délégation française, au Conseil de l’Europe et illustre ce que journaux et radios appellent ce matin « sommet de crise pour sauver l’euro ! ». Elle est centrée sur trois personnages au visage grave qui visiblement n’ont pas posé pour le cliché : Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Trichet. Le Président de la Banque Centrale Européenne, debout avec ses dossiers, a l’air accablé. Le Président français, assis, impassible, ne sourit guère et Angela Merkel, assise elle aussi, semble la plus fatiguée par les allers-retours Berlin-Düsseldorf-Bruxelles que lui imposent la crise grecque et le scrutin de dimanche en Rhénanie. Les temps sont difficiles… parce que les marchés font la loi, explique LIBERATION et qu’il faut bien tenter d’éviter la contagion. C’est fait, assure le FIGARO Economie. Hier soir face à la panique des marchés, les Chefs d’Etat de la zone euro ont serré les rangs. Ils se sont engagés à plus de discipline budgétaire et le couple franco-allemand a promis de lutter contre la spéculation. « Nous sommes en guerre contre les marchés », confirme Jean-Pierre Jouyet, le Président de l’Autorité des marchés financiers, dans une interview, accordée ce matin au PARISIEN. Il y a bien un front européen contre la crise boursière, soulève de son côté, le journal OUEST-France. Le BERRY REPUBLICAIN est plus circonspect et avant le rendez-vous des ministres des finances demain, mon confrère se demande si les décisions prises vont enrayer l’effet domino. La MARSEILLAISE n’en croit rien et considère que la loi des marchés va continuer de s’imposer aux dirigeants européens. Paul Quinio dans son éditorial de LIBERATION parle lui aussi d’impuissance des états. « Les spéculateurs », écrit-il, « bien cachés derrière leurs écrans d’ordinateur se fichent pas mal des dégâts humains et sociaux, qu’ils provoquent sur notre continent. Comme si le combat entre les marchés et les puissances publiques se déroulait sur deux terrains distincts, virtuel pour les uns, dans la vraie vie pour les autres ». Ce qui n’empêche pas, le même Paul Quinio d’évoquer les déclarations volontaristes, entendues ces derniers jours à Washington, à Paris, à Berlin et à Londres. « Toutes », conclut-il, « prétendent mater la finance folle responsable de la pire crise économique depuis l’après-guerre. Mais hélas, les gouvernements semblent impuissants et se retrouvent les cocus d’une crise qu’ils ont cherché à endiguer en injectant des centaines de milliards de dollars et d’euros, dans l’économie mondiale. Tout devrait changer. Et rien ne change. C’est désespérant ! ». Les temps sont difficiles ! L’économiste Nicolas Baverez, le constate lui aussi quand il indique au JOURNAL du DIMANCHE, qu’il faut se préparer à une décennie d’efforts…2010-2020… Le temps de faire à nouveau de notre continent européen un centre de production d’investissement et de recherche. Mais quand Nicolas Prissette demande à Nicolas Baverez de répondre à la question : « A qui la faute du désastre actuel »... Il répond : « Les banquiers centraux européens, à force d’ignorer l’économie réelle, c’est-à-dire l’activité et l’emploi, ont une responsabilité équivalente à celle de gouvernements dans la crise budgétaire et financière actuelle. Les marchés ont toutes les raisons de délaisser l’euro au profit du dollar. Les Etats-Unis enregistrent une croissance de 3,5 % et plus de 150.000 créations d’emplois par mois avec une dette de l’Etat fédéral limitée à 52 % du PIB. L’activité progresse de moins de 1 % en Europe avec un taux de chômage de 10 % et une dette de 84 % du PIB. Veut-on que le camembert devienne feta, ironise Robert Solé dans le MONDE, en se demandant comment évoquer les rigueurs à venir, sans employer le mot. Faudra-t-il dire : dépouillement, ascèse, mortification ? Et Plantu renforce le trait, en affublant sur son dessin de première page Nicolas Sarkozy et François Fillon de costumes grecs. Le Président de la République rappelle ses promesses 2007. François Fillon détaille son plan de réduction des déficits, face à des Français qui s’interrogent … « Mais qu’est-ce qu’ils disent ? ». Qu’on peut aller se faire voir, répond un quidam. Il nous faudrait de grands hommes… Mais où sont-ils, demande Jean Daniel dans le NOUVEL OBSERVATEUR. Jacques Attali plaide lui aussi, pour qu’il s’en trouve, et qu’on agisse vite face au désastre. Sinon les dirigeants actuels, seront emportés par l’avalanche et nous avec eux. Dans MARIANNE, Philippe Cohen s’interroge : « Est-ce que la Chine va nous bouffer ? »… Dans le même hebdomadaire, Jean-François Kahn voit s’effondrer un monde sans morale et Elie Barnavi se demande si la crise grecque ne va pas accoucher d’une Europe allemande… Dans le FIGARO, Henri Guaino, le conseiller du Président de la République, réplique à tous ceux-là, qu’il convient de garder son sang-froid et qu’il y a en France un Chef de l’Etat qui agit, tient bon et influence la scène du monde. Ce qui rend extravagant, conclut Guaino, le procès en illégitimité que font à Nicolas Sarkozy certains médias et certains milieux qui n’ont jamais accepté son élection ! Dans la CROIX, une double interview qui vaut le détour. Un dialogue avec Jacques Delors et sa petite-fille pour saluer les soixante ans de la déclaration de Robert Schuman, lequel, le 9 mai 1950 appelle les Européens à s’unir. Delors qui dit aujourd’hui… Dieu sait, si c’était difficile ! Mais depuis le climat de paix nous a ramolli et rendu moins vigilants. Quant à sa petite fille, fille de Martine Aubry, elle dit comme Jean Daniel : « Il nous faudrait quelqu’un comme Barack Obama ».. Les temps sont difficiles ! « Si mon machin c’est du poulet, La poule-au-pot doit bien se marrer. Depuis que je touche des nouveaux francs, Je mets des virgules aux ortolans. Les temps sont difficiles ! Cet écrivain n’a pas de clients, Il vit seul avec son talent. Mais faut bouffer et faut ce qu’y faut, Même si on bouffe au Figaro. Les temps sont difficiles !"

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