Bonjour à tous… En France, on ne s’ennuie jamais au mois de mai. Surtout quand le calendrier des événements est bien organisé. C’est le cas cette année où le Dieu de la presse, a renouvelé de 24 heures en 24 heures, toute l’actualité. Entre la fête du travail, et la commémoration aujourd’hui de la Victoire des alliés, nous aurons marié un prince et une bergère en Angleterre/ Béatifié au Vatican un pape polonais/ Détruit Ben Laden dans sa retraite pakistanaise, puis célébré à Paris, les quatre années de présidence de Nicolas Sarkozy, avant d’en faire autant mardi, pour le 30ème anniversaire du 10 mai de François Mitterrand ! … Ajoutez à cela, l’affaire des quotas-couleur du football, la multiplication des candidats aux primaires socialistes et la succession de mystères entourant le plus cruel des faits divers et vous rêver aux nuits de Mai du passé : « Poète, prends ton luth et me donne un baiser… La fleur de l’églantine sent ses bourgeons éclore… Et la bergeronnette en attendant l’aurore. Aux premiers buissons verts commence à se poser ». Mais foin du luth et des baisers de la nymphe, la presse ce week-end est encore bien inspirée. Dans l’EQUIPE et le JOURNAL du DIMANCHE, Zinedine Zidane, star du football et autorité morale, vient expliquer que l’on fait un mauvais procès à Laurent Blanc. « Je songe », dit-il, « à ceux qui ont parlé trop vite ». Et après avoir regretté les amalgames des uns, les jugements hâtifs des autres, Zidane plaide dans les termes suivants la cause du sélectionneur de l’Equipe de France. 1) Bien sûr que Blanc n’est pas raciste. D’autant que, même si personne ne le dit, sa femme est d’origine algérienne. 2) Il faut laisser les choses à leur place, ce serait fou que Laurent Blanc parte à cause de ça. Il doit continuer. 3) Black-blanc-beur est une invention médiatique. Mais ce n’était pas un sujet pour nous. Voilà, vous trouverez cela, en dernière page de l’EQUIPE ce dimanche… Et vous lirez aussi que Tigana, claque la porte de Bordeaux. Mais parce qu’hier au soir au stade Chaban-Delmas, les girondins mal dans leur peau, ont du s’incliner (par 4 buts à zéro) devant l’équipe de Sochaux. Dans le JOURNAL du DIMANCHE, maintenant… Sur le même sujet, Zidane encore, rappelle qu’en 1998, les bleus ne se posaient pas de questions, sur leurs origines. « Nous étions », dit-il, « un groupe de copains, chacun à son poste, et les meilleurs du monde pour jouer ensemble ». Laisser aujourd’hui le mot quota, entrer dans le football ce n’est vraiment pas possible. Question alors, de mon confrère, Guillaume Rebière, qui interroge Zidane, pour le JDD… « Comprenez-vous cependant les points de vue de Thuram et Vieira, qui se désolidarisent ». Réponse de Zidane : « Je peux les comprendre dans le fond, pas sur la forme ». Affaire à suivre, puisque, comme le souligne la presse ce week-end, deux commissions d’enquête vont entendre demain Laurent Blanc. Pour l’heure, relève le JOURNAL du DIMANCHE, elles n’ont recueilli aucune pièce accréditant l’hypothèse d’une politique de discrimination raciale à la Fédération Française de Football. Ce qui n’empêche pas le football français de continuer à se déchirer. D’où ce commentaire du Philosophe André Comte-Sponville, membre du comité national d’éthique : « L’accusation de racisme est trop grave et trop infâmante pour qu’on se permette de l’utiliser légèrement. Mais s’il y a eu projet de ségrégation raciale, il va de soi qu’il est condamnable. Gare aux discours unilatéraux, outranciers, simplificateurs. Qu’il y ait des gens racistes à la FFF, c’est vraisemblable, mais il ne faut pas généraliser ». André Comte-Sponville en profite pour regretter la grande foire du foot-spectacle… tandis que vous pourrez lire, toujours dans le JDD, à côté de son interview, celle de Youri Djorkaeff, champion du monde 98, qui vit à New-York et défend, lui aussi, Laurent Blanc aujourd’hui, avant de déclarer : « La montée de Marine Le Pen ne doit pas être étrangère à çà ». Sondages… Encore un, dans le PARISIEN, ce matin, signé Louis Harris, sur Nicolas Sarkozy et François Fillon, à un an de l’élection présidentielle.. Le chef de l’Etat est à 21 % de confiance, et le Premier ministre à 31 %. Comparaison n’est pas raison. Néanmoins, le PARISIEN, établit un tableau des précédents présidents de la Vème République, un an avant, et le jour du vote. De Gaulle, 54 % dans les sondages, à un an de l’élection, et 55… en 65, après le ballottage. Giscard, 45 au sondage au printemps 80, et 48… l’année suivante, le jour du scrutin. Mitterrand : 56 % au sondage en 87, et 54… en mai 88… Reste : Jacques Chirac : 56 % au sondage en 2001. Et 82, le jour du vote. Mais ce n’était pas, face à Jospin… C’était contre Le Pen ! On ne s’ennuie jamais en France, au mois de mai. Aux Etats-Unis, non plus… Au moment précis, où l’on découvre les documents saisis, dans la retraite de Ben Laden, au Pakistan. Encore Ben Laden, direz-vous. Oui, et les photos que publie la presse aujourd’hui, sur l’ennemi numéro 1 de la planète, valent le détour. Disons, pour résumer, que Ben Laden n’était pas, comme certains le pensaient, un chef terroriste à la retraite ! Il travaillait, il projetait encore et toujours des attentats, ici et là. Qu’est-ce qui le motivait ? Voyez les journaux dominicaux… Son narcissisme. La photo de Ben Laden, regardant ses vidéos, assis sur un petit tapis, devant sa petite télé… On ne voit pas la petite soupe, cuire, sur le petit feu… mais on la devine. Cette photo-là, va rester, et nous rappeler que les grands criminels de l’Histoire, d’Adolf Hitler à Eichmann et de Staline à Saddam étaient eux aussi, narcissiques et aimaient se contempler dans leurs œuvres. Le Narcisse… de la mythologie, repoussait les nymphes prétendantes et préférait contempler son reflet dans l’eau, jusqu’à se désespérer de ne pouvoir rattraper sa propre image. Il en est mort. Comme Ben Laden, dont Jacques Julliard, parle bien, dans son éditorial de MARIANNE ce matin. Question de Jacques Julliard : « En matière de terrorisme, rien n’est changé mais, en termes d’imaginaire, tout est bouleversé ». Et réponse du même Jacques Julliard : « Il faut enfin de demander pourquoi les sociétés industrielles et libérales, celles qui, à coup sûr, cumulent le plus grand nombre d’avantages matériels et le plus haut degré de bien-être, sont régulièrement la cible d’entreprises fondées sur la violence et visant clairement à la dictature. Parce qu’il existe partout des frustrés, des mégalomanes et des pervers ? ». Et Mitterrand, direz-vous ? Narcissique aussi. On lui doit l’alternance du 10 mai 81. Et là-dessus, florilège dans les kiosques et en librairie.

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