Bonjour à tous. « Quelquefois si douces, quand la vie me touche… Quelquefois si dures, que chaque blessure, longtemps ne dure… Longtemps ne dure ! Femmes… Je vous aime… Femmes… je vous aime. Je n’en connais pas de faciles. Je n’en connais que de fragiles… Et difficiles. Oui difficiles». D’entrée, avec ce bijou signé Julien Clerc et Jean-Loup Dabadie, permettez au revuiste de France Inter de s’acquitter aujourd’hui d’un premier devoir… Célébrer avec la presse, la journée internationale de la femme. 24 heures de la vie des femmes : entretien, portraits, débats… Le Monde daté dimanche-lundi, consacre deux pleines pages aux Iraniennes, aux Africaines, aux Européennes qui ont encore tant de droits à conquérir et tant de nouvelles résistances à inventer. D’une certaine manière, écrit la sociologue Liliane Kandel, membre du comité de rédaction des TEMPS MODERNES… « Chez nous, le féminisme a gagné, mais que reste-t-il du mouvement des années soixante face aux articulations complexes du travail salarié, et du travail domestique des femmes ». Et Liliane Kandel de noter qu’aujourd’hui, plus personne en France n’ose se revendiquer sexiste ou misogyne. Mais les femmes meurent encore sous les coups de leurs compagnons…. La pauvreté, le chômage sont majoritairement féminins, les salaires inégaux et le temps consacré au travail domestique invisible, inégal lui aussi. Bref, selon la sociologue, interrogée par Josyane Savigneau, il y a encore beaucoup à faire pour triompher du discours millénaire sur la différence des sexes, et la femme contrainte à l’hétérosexualité. Et Liliane Kandel, de conclure sur un regret, le manque d’humour du féminisme d’aujourd’hui. On ne rit plus, comme on riait en mai 68, de ces rires philosophiques, politiques et libérateurs qu’exprimaient les slogans de l’époque. Du genre : « Travailleurs de tous les pays… qui lave vos chaussettes ». Ou « une femme sans homme, c’est comme un poisson sans bicyclette ». Ou encore : « je suis une femme, pourquoi pas vous ?». Gérard Mermet, le sociologue qui dirige le cabinet conseil Francoscopie, considère lui aussi, et très sérieusement dans le JOURNAL du DIMANCHE, que la société est en train de changer de sexe. Selon lui, les femmes d’aujourd’hui inventent de nouvelles valeurs, en faisant cohabiter activité professionnelle et vie personnelle. Le modèle de la femme au foyer qui s’occupe de son mari et de ses enfants, appartient désormais au passé. Dans le ménage, aujourd’hui, c’est la femme qui joue un rôle prépondérant, notamment à propos des décisions de consommation. Ce sont les femmes qui dans un contexte de crise font évoluer la société vers l’écologie, l’harmonie, l’empathie… Et le JOURNAL du DIMANCHE d’évoquer les nouvelles Françaises qui font davantage d’enfants que les Européennes… Qui travaillent plus et rejettent le mythe de la wonder woman. C’est Maman, boulot, dodo, selon Patrice Trapier et Clara Aurembault. Illustration dans le même JOURNAL du DIMANCHE avec quelques femmes singulières… Une banquière, une qui enseigne à Noisy-le-sec. Une qui est barmaid la nuit et mère de famille l’après-midi… Une troisième, Françoise Nyssen, qui à la tête des Editions Actes Sud, résiste à la crise. Et en première page, Rachida Dati, qui contre-attaque contre tous ses détracteurs en affirmant le premier droit des femmes : la liberté. « A la sortie de la maternité », dit au garde des Sceaux, Michèle Stouvenot, « on vous a beaucoup reproché vos talons aiguilles et votre brushing». Réponse de Rachida Dati : « Je n’ai jamais voulu renoncer à ma féminité. Ce n’est pas incompatible avec la compétence. Elisabeth Guigou a rencontré ici, place Vendôme, le même type de difficultés. A la fin de son ministère, elle ne se maquillait plus que légèrement et avait renoncé aux jupes. Je ne renoncerai à rien. J’assume mon bilan. Je ne dirai pas le nom de mon enfant… Je ferai ce que j’ai toujours fait : retrousser mes manches et travailler, travailler, travailler ». Avec ce type de morale et une renonciation au style Dior (une erreur selon elle), Rachida Dati ira au paradis. D’ailleurs, nous irons tous au paradis, comme dans la chanson de Jean-Loup Dabadie, promis à l’immortalité, vendredi prochain, quand il endossera son habit vert d’académicien. Lui aussi, ne pense qu’au boulot, au travail sur les mots : trouver le plus juste, la phrase qui touche, le verbe qui chante. Lisez dans le JOURNAL du DIMANCHE, quelques-uns des préceptes glanés en librairie et sur lesquels il a bâti sa vie d’écrivain-parolier. Celui-ci d’Arthur Adamov : « Ecrire, c’est l’horreur… Ne pas écrire, c’est la terreur ». Et celui-là de Bernard Shaw : « La solitude, c’est merveilleux, sauf quand on est seul ». Inspiration voisine d’Olivier Ranson, qui dessine ce matin dans le PARISIEN-Dimanche deux minettes. L’une est brune et déclare à la blondinette qui lui fait face : « C’est la journée de la femme, alors que les hommes ne la ramènent pas ». « Ouais », dit l’autre, « moi j’aimerais quand même bien en ramener un à la maison ». Plaisant aussi, le dessin de Plantu, en première page du MONDE daté dimanche-lundi. Plantu croque Edouard Balladur en jabot et haut de chausses, avec sous le bras un dossier marqué « Terroir et Foutoir », face à une charmante Alsacienne en costume traditionnel… « Alors, jeune fille », dit l’auteur du rapport sur la réforme qui porte son nom… « Alors, ça vous fait quoi, de devenir Bretonne . L’identité régionale, qui tient bon, on en prend la pleine mesure, cher Monsieur Balladur, au kiosque ce dimanche, avec la journée de la femme régionalisée ». Oyez plutôt… MIDI LIBRE… Journée de la femme : « A quoi rêvent les Montpelliéraines ? ». Le REPUBLICAIN LORRAIN : « Les aspirations des Lorraines ». L’ALSACE de Mulhouse : « Les générations d’Alsaciennes libres ». NICE MATIN : « Les femmes qui font bouger la Côte d’Azur ». La MARSEILLAISE s’est donnée une rédactrice en chef d’un jour : Ariane Ascaride. De son côté, la PROVENCE désigne sept Provençales admirables. Tandis qu’à Angers, le COURRIER de l’OUEST renoue avec le poids de l’histoire en titrant : « Journée des femmes, utile ou futile ? ». La MONTAGNE, NORD-ECLAIR, l’EST REPUBLICAIN et le COURRIER PICARD se veulent plus généralistes, voire plus laïques, en évoquant, je cite : « Un dimanche au féminin. Les femmes sur tous les fronts, l’inventaire des inégalités et en donnant la parole à Gisèle Halimi, Anne Saingier et Fadéla Amara. Second devoir, pour la presse, les politiques, les syndicalistes hexagonaux ou Antillais : « Le devoir de reconstruction après le cyclone », comme nous y invite Yves Jego, le Secrétaire d’Etat, chargé d’un Outre-mer où l’agitation n’a pas cessé. Troisième devoir, fixé, celui-là, par notre confrère Franck Nouchi, dans le supplément du journal le MONDE : « Le devoir d’insolence ». Selon lui, les journalistes et précisément ceux qui causent dans le poste, auraient un « devoir d’insolence », comme on a un devoir de mémoire. Voyez plutôt écrit-il, cette liberté de ton adoptée par France inter, entre 7h45 et 8 h. Liberté qui déplait tant au Président de la République, lequel n’apprécie pas ce moment-là ! Franck Nouchi a raison. Et je serai moi aussi, à 8h40, insolent, effronté, arrogant, injurieux, insultant, grossier vis-à-vis de ma corporation. Je serais insolent en citant Baudelaire : « Et le printemps et la verdure Ont tant humilié mon cœur Que j’ai puni sur une fleur L’insolence de la nature ». Traduction : je veux comme Jean-Paul Sartre qui pissa un jour, insolemment sur la tombe de Châteaubriand, faire : « how… les cornes » à certains comiques qui n’ont ni le talent de Pierre Desproges, ni la culture de notre cher Philippe Meyer.

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