Bonjour à tous… « Jeune, sympa, intelligent, excellent orateur, Noir… Comment ça, Noir ? (le premier Noir élu président des Etats-Unis) a scandé au matin du 5 novembre, le chœur des medias éblouis. Il l’avait pourtant dit lui-même : « Je ne suis pas le candidat noir ». Noir, non, ni Blanc d’ailleurs. Mais alors, quel est ce diable d’homme en termes ethniques demande Bruno Frappat dans La Croix. Et le chroniqueur de répondre à sa propre question. « Il est, du point de vue culturellement correct américain, et comme l’a dit John McCain, en saluant sa victoire… Barack Obama est afro-américain. - Tiens donc, s’étonne Frappat, ses parents étaient africains ? - Le papa, oui, mais pas la maman qui était blanche. Blanche comme du lait, a-t-il écrit dans son autobiographie. Et l’éditorialiste de La Croix, de conclure sur ce point. Le nouveau Président des Etats-Unis est donc, à moitié afro. Mais pas complètement. Complètement quoi alors ? Complètement américain, figurez-vous. De cette Amérique que l’on aime d’amour, quand elle vous renvoie l’image d’un tel succès, d’une telle montée des marges vers le centre, et de la chance donnée quand même aux petits ». « Et bien oui, c’est un Noir, commente aussi Jacques Julliard, dans sa chronique du « Nouvel Observateur » avant d’ajouter, après huit années de George Bush, les américains nous devaient bien ça : un homme intelligent et généreux à la Maison Blanche ». En revanche, ils ne devaient à personne la désignation d’un noir au poste suprême. En termes symboliques, c’est l’évènement le plus important dans l’histoire des relations inter ethniques, depuis l’élection en 1860 d’Abraham Lincoln, l’anti-esclavagiste. C’est dire, conclut Jacques Julliard, si depuis mardi nombreux sont ceux qui ont perdu, à travers le monde le droit de faire la leçon aux Américains. Imaginez pour voir, la nomination d’un Premier Ministre noir, ou asiatique en France… d’un Tibétain en Chine, d’un catholique en Angleterre, d’un Arabe en Israël, d’un Juif en Libye, d’un chrétien en Arabie saoudite… D’un coup, les Américains ont retrouvé leur place à la tête de la civilisation, c’est cela le fait majeur de la semaine. Même si dès le mois de janvier prochain, Barack Obama qui soulève tant d’espoirs, commencera forcément à décevoir … ». Sentiment identique de Jean Daniel… « On sait bien, écrit-il, qu’il n’y aura pas, qu’il ne saurait y avoir, de miracle Obama, mais rien ne pourra effacer le fait qu’une majorité d’américains se soient donné, officiellement, légalement, solennellement, un Président dont l’élection vient laver, au regard de l’Histoire le péché, que l’on croyait ineffaçable de l’esclavage ». Sur ce point, complète ce matin, Alexandre Adler dans Le Figaro, l’unanimité s’est faite. De McCain jusqu’à l’extrême-gauche européenne, le péché ségrégationniste de l’Amérique a été purgé. C’est la raison pour laquelle, selon Adler, au-delà de tout ce que l’on peut penser d’Obama, de l’homme de son absence de programme, on ne peut que rendre hommage, à son courage et à son talent exceptionnel qui a permis un quasi-miracle. A une condition, conclut le chroniqueur du Figaro, être équitable, et reconnaître que l’ascension d’un Président noir aux USA, a été voulue par une pléiade de scénaristes hollywoodiens et blancs. Des gens qui n’ont cessé depuis 20 ans de confier aux Noirs, des rôles de chefs, de responsables, de pères, en un mot de leur faire occuper, la place symbolique que l’Amérique profonde n’avait cessé de leur dénier ». Et Adler là-dessus, de féliciter les conservateurs éclairés qui ont refusé de se laisser imposer un communautarisme régressif par des démagogues de rue, et des tribuns antisémites genre Jesse Jackson, ou des artistes haineux façon Spike Lee. Soit, commente Claude Imbert dans « Le Point », le choc planétaire, tient au fait qu’Obama n’est pas blanc. Il n’est pas noir non plus, mais il n’en est pas moins le premier non-blanc et d’épouse noire, à la tête des Etats-Unis. En l’élisant, la vitalité américaine, championne du rebond épate le monde. Seulement voilà, prévient Claude Imbert, derrière le carrousel de rêves, que fait tourner ce messager prophétique d’un métissage mondial en marche… il y a la dureté du réel. Lui, Mister Cool, avance fluide, flegmatique avec un naturel théâtral, comme dans un clip, en une forêt de symboles. « La réalité aura tôt fait de la déboiser. La « révolution » que des jobards de la gauche européenne en attendent ne sera pas au rendez-vous : Obama est, chez lui, ce qu’on appelle un « démocrate de centre gauche », ce qui veut dire, en France, un centriste libéral à la droite de Bayrou. Chrétien, partisan de la peine de mort, il a, de surcroît, tiédi, au fil de sa campagne, son interventionnisme régulateur. A l’extérieur, son Amérique ne sera plus la seule à inventer l’avenir. Obama veut la réconcilier avec le monde, mais le nouveau monde n’est guère disposé à entériner le retour de la grande Amérique ». Dans Libération, la journaliste-écrivain Dominique Couil ironise en expliquant qu’aux Etats-Unis, un centriste, ce n’est pas si mal… On peut le pousser vers la gauche. Le New-deal de Roosevelt, n’aurait jamais vu le jour, sans une forte insistance progressiste. Bien sûr, ajoute-t-elle, il ne faudra pas lâcher Obama. Mais la crise est une chance. Il va falloir penser grand ! En attendant les experts pondèrent, les Bourses hésitent, le Président à la nuque adolescente consulte. Tard hier soir. Le Président a la nuque adolescente, comme écrit Dominique Couil a dit bonjour en Français, à notre Fabienne Sintès… Et vous lirez dans La Tribune, qu’au cours de sa conférence de presse (la première) il a annoncé, un plan de relance de l’emploi. « Nous avons besoin, a-t-il dit, d’un plan de sauvetage de la classe moyenne ». Obama, veut agir vite, mais de manière réfléchie, en économie, mais aussi face à l’Iran nucléaire. Prévert aurait appelé cela, l’irruption « des terrifiants pépins de la réalité ». J’entends déjà, à cet égard, la voix de ceux, qui tel Alain Rémond dans Marianne, nous demande de les laisser rêver. « Je sais bien, écrit-il, ce qu’on va dire, dans les jours qui viennent. On le dit déjà, de toute façon. Je l’ai déjà entendu à la radio. On va dire : bon, Barack Obama est élu, c’est super, mais arrêtez de rêver ! Arrêtez de croire que tout va changer ! Arrêtez de croire qu’il a une baguette magique ! Il y a la crise. Il y a la dette. Il y a le chômage. Il y a l’Irak, l’Iran, l’Afghanistan. Il va faire comme les autres. Pas mieux que les autres. Bien obligé. Pas le choix. Et patati et patata, et blablabli et blablabla. Mais je le sais, patate ! Je le sais aussi bien que toit ! Mais lâche-mois un peu les baskets, tu veux ? Laisse-moi rêver, laisse-moi pleurer, laisse-moi danser sur la pelouse. Ce qui se passe est un moment unique. Unique ! Il faut le goûter, le savourer, en déguster le suc jusqu’à la dernière goutte. C’est comme le 10 mai 1981. Ce n’est pas parce que ça a foiré après qu’on n’a pas eu raison de faire la fête, le 10 mai, de chanter, de danser, de rêver. Au moins il y a eu ce moment-là, cette nuit-là ! Personne ne pourra nous enlever ce bonheur-là ! La nuit du 4 au 5 novembre, c’est la même chose. Un raz-de-marée de bonheur. Mitterrand – Royal, même combat ? That is the question. Libération salue la mue d’automne du Parti Socialiste avec une photo de Ségolène Royal et ce titre… Coucou c’est moi ! Explication, en votant à 29 % pour sa motion d’avant-congrès les militants socialistes l’ont remise en selle, et manifesté une réelle volonté de changement. Retour Royal… écrit aussi La Dépêche du Midi tandis que Le Monde, relève qu’on attendait Delanoë et que ce sont Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoit Hamon, qui sont arrivés. J’ai même lu quelque part, qu’on appelait ce dernier… Obahamon, avec ses 19 % de vote militant. Ils ont voté… et après persifle l’Humanité, tandis qu’Elise Karlin, propose à ses lecteurs de l’Express… un voyage… dans la tête de François Hollande ! Je vous en propose un autre… un voyage dans la tête du Général de Gaulle, grâce aux Mémoires d’Alain Peyrefitte. De Gaulle qui disait lors de l’élection de JFK… « Il ira loin, ce type là, s’il ne se casse pas la figure ! ».

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