Observer... Rendre hommage... Se souvenir... Voilà à quoi invite l'émouvant reportage de Cyril Hofstein et Pierre-Olivier Deschamps, dans leFigaro Magazine . Le premier signe le texte, le second les photos et l'article a pour titre "La Chambre de l'Officier"... L'officier en question s'appelait Hubert Rochereau. Pendant la première guerre, il était sous-lieutenant au 15ème régiment de dragons. Il est mort au front en avril 1918, à l'âge de 22 ans, et par la suite, ses parents, anéantis par le chagrin, ont tout fait pour maintenir en état la chambre de leur fils. Leur fils adoré, dont la vie s'est brisée trop tôt. Leur dernière volonté a été respectée, car près de cent ans plus tard, tout est encore en place dans leur maison de Belâbre - petit village de l'Indre... Dans le cimetière, le père du soldat a fait construire un mausolée, une haute chapelle au fronton de laquelle sont gravés les faits d'arme d'Hubert. Et dans sa chambre, il a étiqueté tous les objets qu'il possédait. Comme dans un musée. Comme dans la chambre funéraire d'un pharaon de l'Egypte ancienne. Sont ainsi étiquetés ses pièces d'uniforme - son képi, sa plaque d'identité, ses médailles religieuses, son chapelet offert par sa mère, ses godillots cloutés. Même ses jouets d'enfant... A côté de son lit, on trouve aussi sa montre, arrêtée à 5 heures 18... Lorsque, plus tard, un général hérite de la maison, il accepte la clause imposée par le couple Rochereau : personne ne doit toucher à la chambre d'Hubert, laquelle doit rester intacte pendant 500 ans. Tous les propriétaires suivants garderont la même attention, laissant la poussière s'installer, le papier-peint se décoller. Aujourd'hui, la chambre se fane lentement. Elle se fane, mais tout est en place. Pour rendre hommage et se souvenir...

Se souvenir des héros de 14-18, c'est également ce à quoi invite ce matin La Croix , qui nous raconte l'histoire de ces prêtres et religieux qui ont été mobilisés. Ils sont plus de 30.000 à avoir combattu... Le missionnaire Léon Bourjade, qui a commencé comme artilleur avant de devenir un as de l'aviation... Le moine François-Josaphat Moreau, qui a participé à la bataille de la Marne et à celle du chemin des Dames... Le brancardier-philosophe Pierre Teilhard de Chardin... Pour l'historien Xavier Boniface, qui s'exprime dans le quotidien, leur présence sur le front a sérieusement participé à la normalisation des relations entre l'Eglise et la République - la France, à l'époque, était très anticléricale, et ils ont su trouver leur place au milieu des tranchées. Et la mort également, pour une partie d'entre eux...

Entretenir le souvenir : c'est aussi ce qui anime les 4.000 bénévoles qui veillent à la sérénité de la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette, dans le Pas-de-Calais, nécropole où reposent 43.000 "poilus". Cette fois, c'est à lire dans M, le magazine du Monde , sous la plume de Benoit Hopquin, qui a donc rencontré ceux qui renseignent les visiteurs... Le plus jeune à 18 ans et le doyen vient de devenir centenaire... Qu'il vente ou qu'il pleuve, ils viennent accomplir leur devoir, dès 9 heures du matin. Et tant pis s'il n'y a personne. Ils expliquent que pour eux, c'est un honneur de perpétuer la mémoire de ceux qui sont tombés pendant la Grande Guerre. Ces gardiens du temple seront donc là mardi prochain, pour la commémoration du centenaire du début du conflit. Ils seront là pour accueillir François Hollande, lequel viendra y présider une cérémonie...

Le chef de l'Etat, qui était avant-hier à la télévision. Ce matin encore, de nombreux journaux reviennent sur son intervention...

Avec tout d'abord des reportages sur les coulisses de l'émission de TF1. L'Ardennais a interrogé l'une de celles qui a questionné le président de la République. Une Ardennaise, en l'occurrence. La Voix du Nord a fait de même, interrogeant une Nordiste, une Lilloise, la chef d'entreprise Karine Charbonnier ; "Celle qui a bousculé le président !", titre le quotidien... Quant au Parisien-Aujourd’hui , il a rencontré Joëlle Mediavilla, la chômeuse de 60 ans qui expliquait à François Hollande ses difficultés à vivre avec moins de 500 euros par mois. Son passage à la télévision a, semble-t-il, fait bougé les choses, car depuis, elle a obtenu un entretien d'embauche pour lundi prochain. "C'est une bonne nouvelle", sourie-t-elle...

Reste, néanmoins, cette question, que pose L'Indépendant Catalan : "Hollande a-t-il convaincu ?" Réponse dans Le Parisien , avec un sondage Odoxa. "Non, les Français ne le croient plus..." Seuls 21% des sondés l'ont trouvé convaincant, et seul un quart estime qu'il tiendra sa promesse de ne pas inventer d'impôts supplémentaires pour qui que ce soit d'ici la fin de son quinquennat. Par les temps qui courent, ces mauvais chiffres ne sont peut-être pas si mauvais…Les chiffres d’audience étaient, du reste, bons. Près de 8 millions de téléspectateurs, ce qui donne ce commentaire de Jean-Louis Hervois dans La Charente Libre . "Bien ou mal accueillie, la prestation télé du président de la République n'avait d'autre objectif que de renouer un fil avec l'opinion. Aussi fragile soit-il, le succès d'audience tendrait à prouver que ce fil tient encore..."

Point de vue aux antipodes chez Raymond Couraud dans L’Alsace : "Hollande est persuadé que la télévision peut servir ses intérêts, mais c'est l'inverse qui se produit. La télé se sert du président pour faire de l'audience. Sur TF1, le jeudi soir est un peu mou, faute de série américaine. On a dû se dire, chez Bouygues : ‘Avec François, Coco, on va faire un tabac !’ Ce fut le cas, sauf pour le président et les téléspectateurs, condamnés à subir longtemps encore la roue de l'infortune..."

La preuve, avec la proposition de François Hollande d'une candidature de Paris aux JO de 2024. Hier, Anne Hidalgo, maire de la capitale, a dit qu'elle était contre. "Hidalgo refuse de tomber dans le panneau olympique", commente Libération . Elle privilégie l'hypothèse d'une candidature à l'exposition universelle de 2025. "Anne Hidalgo calme le rêve du président", annonce pour sa part L'Equipe , tandis que Le Parisien évoque "une idée pas si folle". Certes, les retombées économiques sont incertaines. Les JO d'Athènes et de Pékin furent une catastrophe financières. Mais "c'est souvent quand tout va mal qu'il peut être utile de fédérer les énergies avec de grandes ambitions", analyse Thierry Borsa, qualifiant Anne Hidalgo de ‘rabat-joie’...

De son côté, Le Figaro revient sur une autre annonce du chef de l'Etat : en 2016, a-t-il dit, tous les élèves de 5ème seront équipés d'une tablette. "Des tablettes au collège : une aubaine pour les fabricants, un gadget pour les enseignants", nous explique Caroline Beyer... Les profs courent déjà désespérément après les vidéoprojecteurs, témoigne l'un d'eux : "Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire avec toutes ces tablettes ? "

Allez, tout de même une bonne nouvelle - c'est à lire dans Le Parisien : embellie sur le front de l'emploi automobile. Après des années dans le rouge, le secteur embauche de nouveau...

Les autres sujets de la presse ce matin…

Non mais allô, quoi ! Les aventures de Nabilla un peu partout dans les journaux. "La starlette Nabilla dans de sales draps", titre Midi-Mibre ... "Après la télé, la réalité", affirme La Provence , tandis que La Dépêche du Midi s'interroge : "Nabilla a-t-elle poignardé son ami ?" C'est en tout cas ce dont elle est aujourd'hui soupçonnée. Elle aurait poignardé son fiancé dans sa chambre d'hôtel de Boulogne-Billancourt. Dans Libération , Rachid Laïreche se souvent d'un portrait qu'il avait fait de la demoiselle. C'était au printemps 2013. Elle lui avait confié : "Il ne faut pas me faire du mal, parce que je suis hyper-jalouse. En amour, je peux tuer quelqu'un facile". On retrouve l'histoire dans l'édito de Jean-Marc Chevauché dans Le Courrier Picard . "Dans ses pires cauchemars, Guy Debord avait plutôt bien pressenti cette Société du spectacle et les dérives dont elle finirait par se nourrir. Nabila n'est rien. Elle n'a jamais rien fais, à part d'apparaître à la télévision. Mais cette fois, elle a enfin fait quelque chose de ses dix doigts. Bon, pour un coup d'essai, elle dérape, mais l'intention est là."

Une histoire plus jolie sur le site internet de L’Obs : l'histoire d'un canadien qui avait décidé d'offrir un tour du monde à sa fiancé. Il a acheté tous les billets, mais entretemps, il a rompu avec sa fiancée... Trop compliqué de refaire les billets avec un autre nom. Il propose donc d'offrir le voyage à une femme qui porterait le même nom que sa fiancée : Elizabeth Gallagher. En échange, il ne demande rien. Il veut juste que la jeune-fille soit, de préférence "saine d'esprit". Plusieurs Elizabeth Gallagher se sont déjà manifesté...

Pour finir, une étude de l'université de Budapest, dont se fait l'écho, cette semaine, le magazine Elle : notre date de naissance aurait un impact sur notre caractère... Les natifs de l'hiver seraient irritables, ceux du printemps positifs, ceux de l'été bipolaires et ceux de l'automne dépressifs... Tout serait lié à des processus chimiques qui influent sur le système nerveux à la naissance... Vous êtes nés pendant quelle saison ? Eh bien voilà, CQFD !

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.