La terre vue du ciel…

5, 4, 3, 2, 1, 0... Décollage ! C'est dans un an, quasiment jour pour jour, que le Français Thomas Pesquet s'envolera dans l'espace. Le 15 novembre 2016, il prendra le départ pour une mission de six mois à bord de la Station spatiale internationale et, ce matin, dans LE PARISIEN , il raconte comment il peaufine sa préparation. Des vols paraboliques, qui reproduisent quelques secondes la sensation d'apesanteur, des stages de survie sur les glaciers de Sibérie et, « là, dit-il, je viens de passer dix jours sous l'eau pour une exploration au large de la Floride. Rien que l'entraînement, c'est fantastique » , confie celui qui sera le dixième spationaute tricolore envoyé sur orbite... « Et j'ai hâte, ajoute-t-il, hâte de pouvoir assister à seize levers et couchers de soleil par jour. » « Et Mars, vous y pensez ? » , lui demande le journal. « Oui bien sûr, répond-il, j'adorerais y aller. Mais il serait illusoire de de se dire qu'on tient là une planète de rechange et avant que l'on en trouve une, mieux vaut s'occuper de celle qu'on a ! »

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Et, de fait, elle ne va pas bien, notre planète, comme en témoignent les journaux ce dimanche. Lesquels reviennent notamment sur le crash en Egypte la semaine dernière. Désormais, les Etats-Unis, comme la Grande-Bretagne et même finalement la Russie, estiment que l'hypothèse la plus vraisemblable est celle de l'attentat. Une bombe dans l'avion. Mais hier, les autorités égyptiennes ont fait savoir qu'elles ne privilégiaient pour l'instant aucun scénario. « L'Egypte doute de l'attentat » , titre, du coup, SUD OUEST .«L'Egypte refuse de parler d'attentat » , titre de son côté OUEST FRANCE . « L'Egypte résiste à l'attentat » , constate L'INDEPENDANT . Mais alors, donc, pourquoi ce doute ? Pourquoi donc ce refus ? Pourquoi cette résistance ? « Tout cela n'est pas surprenant » , répond Bruno Tertrais dans les colonnes du PARISIEN . Il est expert en relations internationales et explique que si l'hypothèse de l'attentat était en effet confirmée, ce serait très ennuyeux – ‘ennuyeux’, c'est son terme – pour le président égyptien. Tout d'abord parce que cela illustrerait « l'incapacité du régime à lutter contre la menace djihadiste » . En outre, « ça affecterait l'industrie du tourisme déjà en difficulté » . Quatre millions d'emplois, directs et indirects, seraient mis en danger. Comme le serait aussi la crédibilité du président Sissi. Dès lors, l'Egypte est aujourd'hui, et de toute évidence, dans une attitude de déni. Déni d'une réalité trop compliquée à assumer.

Et puis en marge de l’émotion provoquée par la catastrophe dans la population russe, LE MONDE se fait l’écho de l’indignation du Kremlin après deux dessins publiés, suite au crash du charter, dans le dernier CHARLIE HEBDO . Le premier présente un djihadiste recevant une pluie de débris d’avion sur la tête sous ce titre : « Daech : l’aviation russe intensifie ses bombardements » . Le second dessin fait parler le crâne d’un mort à côté des restes de l’appareil : « J’aurais dû prendre Air Cocaïne » . Des caricatures diffusées vendredi à Moscou, suscitant une vive polémique, polémique entretenue par les autorités. Le porte-parole de la présidence russe a déclaré qu’il s’agissait là, tout bonnement, de « blasphème » , tandis que son homologue du ministère des Affaires Etrangères demandait, sur Twitter , qui pouvait bien encore soutenir le journal satirique… « Je ne suis pas CHARLIE » , a même cru bon lancer l’agence d’info Spoutnik, média dépendant du pouvoir. Sommé de réagir, Paris a répondu par un message du Quai d’Orsay, relayé par l’ambassade de France à Moscou : « Les journalistes français sont libres mais n’engagent pas les autorités françaises. »

Le journal fait d’ailleurs sa Une sur les suites de l’enquête sur les attentats de janvier. La tuerie à CHARLIE HEBDO et la prise d’otage de l’Hyper-casher de la porte de Vincennes à Paris ; 17 morts en trois jours. Les enquêteurs ont découvert des mails qui montrent que ces attentats étaient coordonnés, et qu’Amedy Coulibaly attendait des renforts – lesquels ne sont finalement pas arrivés – mais sans doute, une action plus meurtrière encore était envisagée. Ce qui apparait aussi, suite à l’analyse des échanges de Coulibaly, c’est que c’est bien lui qui aurait fourni des armes aux frères Kouachi. Mais ces mails ont surtout mis au jour l’existence d’un commanditaire : un donneur d’ordre qui aurait piloté à distance les opérations, et peut-être de l’étranger. En l’état, nous explique Elise Vincent qui signe ce papier du MONDE , la justice n’a pas réussi à établir l’identité, comme la localisation de ce commanditaire. Cependant, parmi les protagonistes du dossier, un homme suscite un intérêt particulier : Peter Cherif, un djihadiste français de 33 ans, dont le nom revient avec insistance dans l’épluchage des répertoires téléphoniques et les diverses auditions de l’entourage des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly.

Dans la presse, il est également question de politique... Ainsi, LE JOURNAL DIMANCHE offre à Une deux photo : celle de François Hollande et celle de prédécesseur, Nicolas Sarkozy. Et pour l'hebdomadaire, les deux hommes jouent « le coup d'après » - autrement dit, ils n'ont la tête qu'à la présidentielle, laquelle déroulera au moment où Thomas Pesquet rentrera de son expédition dans l'espace. Hollande et Sarkozy : « entre les deux, la tension monte » , nous explique le journal, en précisant toutefois que, pour l'heure, leurs stratégies ne sont pas vraiment les mêmes. L'actuel chef de l'Etat espère avant tout redorer son blason à l'occasion de la COP 21, sommet qui pourrait lui donner ponctuellement le statut de ‘président planétaire’ – même de Mars, il apparaîtrait comme un ‘président planétaire’… Cependant, analyse le politologue Olivier Duhamel, « un succès international n'a jamais fait gagner une élection présidentielle » . Quant à Nicolas Sarkozy, lui, il mise avant tout sur les bons scores de son parti lors du scrutin des régionales. Il va donc enchaîner les meetings et il va continuer à donner de sa personne, comme il l'a fait hier, devant le Conseil National des Républicains réunis à la Mutualité... Un Conseil qu'ont boudé ses adversaires à la primaire.

« Sarkozy sans Juppé ni Fillon » , commente LA PROVENCE . « Nicolas Sarkozy fait l'unité... tout seul » , résume LE COURRIER PICARD , tandis que LE MONDE nous raconte la sidération exprimée par plusieurs candidats, de droite comme de gauche, inaudibles et désarmés face des électeurs de plus en plus tentés par le Front National. Défiance vis-à-vis des élites et des partis de gouvernement, sentiment d’abandon dans les communes rurales, un chômage qui ne baisse pas, sans oublier l’effet des images des réfugiés arrivant par centaines de milliers en Europe… « La colère est terrible, la désespérance est folle » , note ainsi Philippe Vigier, candidat de la droite en Centre-Val-de-Loire… Désormais, « on ne contrôle plus rien » dans la montée de la xénophobie en France, abonde la députée socialiste Karine Berger, tandis que l’UDI Maurice Leroy appréhende un scrutin qui va servir aux électeurs pour dire « merde au système » . C’est aussi ce que craint Thierry Solère, député 'Les Républicains', qui constate que le Front National profite dorénavant de toutes les exaspérations – plus de complexe, plus de tabou : « Maintenant, dit-il, c’est : ‘Je me fais flasher sur l’autoroute, je vote pour le FN !’ ‘Mon entreprise va mal, je vote pour le FN !’ ‘Je crois que ma femme me trompe, je vote pour le FN !’ »

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La preuve de la poussée du vote Front National, on la trouve notamment dans le sondage Odoxa publié dans les colonnes du PARISIEN : dans la région Alsace-Lorraine Champagne-Ardenne, c'est la liste menée par Florian Philippot qui pointerait en tête le soir du premier tour. Cependant, au second, elle serait devancée de deux points par la celle de Philippe Richert, la liste d'union de la droite et du centre. Quant à celle conduite par Jean-Pierre Masseret, liste socialiste/PRG, elle arriverait loin derrière dans les deux cas.

Et puis, à propos des réfugiés, LE JOURNAL DU DIMANCHE détaille ce matin le « plan secret » de Bernard Cazeneuve pour la jungle de Calais. Selon les informations du journal, le ministre de l'Intérieur aurait entrepris de vider ce qu'on appelle donc ‘la jungle’. Pour preuve : la baisse spectaculaire du nombre de personnes recensées dans le camp. Le mois dernier, on en comptait environ 6.000. Et aujourd'hui, on n'en dénombre plus que 4.500. A un mois des régionales, Bernard Cazeneuve aurait donc discrètement mis en place un plan de bataille, consistant notamment à transférer ces réfugiés dans des centres de rétention situés ailleurs dans l'Hexagone... Les associations lui reprochent de vouloir les ‘planquer’, pour gagner du temps et pour tronquer les chiffres. « On ne peut pas, disent-elles, annoncer qu'on va accueillir 30.000 syriens et mettre ceux qui sont là en rétention. C'est Ubu et Kafka réunis. »

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Faut-il légaliser l’euthanasie en France ? Faut-il une nouvelle loi, ou laisser les choses en l’état ? Des questions posées, cette semaine, par l’hebdomadaire LEUN , qui nous offre à lire les points de vue contradictoires d’hommes et de femmes qui ont été confrontés au sujet. Passionnant numéro : « Voyage au bout de la vie » . Il y a ceux qui refusent une évolution de la loi, ceux pour qui, donc, l’euthanasie, c’est simplement donner la mort. « Touche-pas à ma vie ! » , lance ainsi Philippe Pozzo di Borgo, ancien chef d’entreprise devenu tétraplégique dont l’histoire a inspiré le film Intouchables . A l’inverse, il y a ceux qui plaident pour un « droit à mourir », à l’instar de Noëlle Chatelet qui revient sur la mort programmée de sa mère, laquelle était sage-femme et avait confié à sa fille, juste avant de partir : « Mon combat de sage-femme, c’était celui pour IVG. Ton combat, ce sera celui pour l’IVV » – comprendre : « interruption volontaire de vie ». Et ce n’est pas un suicide, estime l’écrivain : c’est « un départ choisi qui fait que ‘le mourir’ est un dernier acte de vie » . « En raccourcissant un peu la vie, je raccourcis surtout l’agonie » , explique pour sa part un médecin qui pratique des euthanasies. Un médecin belge, car en Belgique, ce n’est plus illégal depuis bientôt quinze ans. « La loi a permis de respecter les patients, tout en protégeant les médecins » , ajoute l’une de ses consœurs.

Enfin, dansLE PARISIEN , vous lirez cette drôle d'histoire. Depuis plusieurs semaines, la Poste de Cusset, dans l’agglomération de Vichy, reçoit des courriers intrigants : dedans, il y a des billets de banques et, sur l’enveloppe, c’est écrit « Dieu ». Ce sont des courriers à destination de Dieu. Et les postiers ne savent pas vraiment à quel endroit les adresser…

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