Le courrier de Hollande, la grossièreté de Trump, des bombes, des cercueils et des bébêtes à poils…

Même pas la peine de mettre un timbre. Si vous souhaitez écrire au président de la République, il n’est pas nécessaire d’affranchir votre courrier… Enfin, dès lors que celui-ci n’excède pas 20 grammes. C’est ce que nous rappelle PARIS MATCH, pour lequel Mariana Grapinet s’est intéressée au contenu des missives que reçoit François Hollande : 24.000 courriers par mois, plus de 200.000 tous les ans, soit au moins un million depuis son arrivée à l’Elysée… Et ce sont 60 personnes qui travaillent au service de la correspondance. Parfois, dans les paquets, il y a des cadeaux : des livres, des bouteilles de vin, ou encore cette gravure de Jeanne d’Arc sur peau de vache de deux mètres de long – sympa ! Les cadeaux sont transmis au service des ‘présents diplomatiques’. Les dessins d’enfants, eux, sont tous archivés. Quant aux lettres, elles sont avant tout des lettres de demandes : demandes de logement, de titre de séjour, de place en crèche, contestation de décision de justice… Il y a également ce monsieur qui, pour son neveu atteint d’un cancer, souhaitait obtenir une casquette à l’effigie de la présidence. Ladite casquette a été envoyée. Il y a aussi cette mère d’élève qui se plaignait que le prof de maths de sa fille était absent depuis trois mois. La lettre a été transmise au rectorat concerné. Si l’on en croit ses conseillers, François Hollande répondrait lui-même à un millier de courriers chaque année. En revanche, pas de réponse pour les lettres d’insulte, qui représentent tout de même 15% des messages que reçoit l’Elysée.

Lui, les insultes, il connaît bien : voyage au pays de Donald Trump dans LIBERATION ce matin. Qui sont ses électeurs ? C’est la question que s’est posée le journal. Réponse : de très nombreux laissés-pour-compte d'une Amérique ravagée par la misère et le chômage, mais également des radicaux d'une droite alternative. « Bienvenue à Trumpland » : c’est le titre à la Une. Avec un dossier de cinq pages consacré, donc, à ceux qui ont prévu de voter pour le candidat républicain. Un candidat, que le quotidien surnomme « le messie de l'Amérique désespérée ».

Donald Trump qui, d’ailleurs, a dû présenter ses excuses après la révélation, par le WASHINGTON POST, de propos on ne peut plus sexistes. Des propos certes vieux de 11 ans, mais qui provoquent aujourd’hui une sacrée polémique outre-Atlantique. Dans une vidéo, on le voit ainsi expliquer, de façon éminemment vulgaire, comment il a tenté d'obtenir les faveurs d'une femme mariée – et comment il n’a pas réussi. On le voit également expliquer qu'il ne peut s'empêcher d'embrasser les belles femmes. Condamnation d'une bonne partie de la classe politique, y compris de certains ténors du parti républicain. Paul Ryan, l'homme fort du Congrès, s'est même dit « écœuré ». Un autre a annoncé qu’il lui retirait son soutien.

Mais Trump s'est justifié, arguant qu'il s'agissait de « plaisanteries de vestiaire » et que, d'ailleurs, Bill Clinton lui avait dit des choses bien pires à l'occasion de parties de golf. Il assure même que l’ancien locataire de la Maison Blanche a maltraité des femmes. Et c’est donc dans cette folle ambiance qu’aura lieu le deuxième débat télévisé entre Donald Trump et Hillary Clinton, dans moins de 48 heures.

Toute la presse revient par ailleurs sur l'attribution du Nobel de la paix au président de la Colombie. Un prix qui vient récompenser ses efforts pour sortir son pays d'un conflit d'un demi-siècle avec les FARC... « La Colombie encouragée », commente L'INDEPENDANT, précisant que l’académie suédoise apporte un très précieux soutien à Juan Manuel Santos, et que ce prix-là tombe à pic, alors que son accord de paix était quelque peu menacé suite au référendum qui l’a rejeté d’une très courte tête. Ce matin, les éditorialistes applaudissent la distinction, à l’image d’Hervé Favre dans LA VOIX DU NORD, qui parle d’un « choix incontestable ». « La fin du conflit entre l’Etat colombien et les guérilleros des FARC est une très bonne nouvelle pour les populations concernées. Et on aimerait bien voir près de chez nous le Juan Manuel Santos capable de ramener la paix à nos portes, en Syrie. Mais aujourd’hui, écrit-il, on ne sait pas trop qui pourrait être cet homme providentiel. Dans la liste des prétendants au Nobel de la Paix, il y avait bien les ‘Casques blancs syriens’, courageux habitants d’Alep qui portent secours aux victimes des bombardements… Mais ces héros de peuvent que soigner les plaies de la guerre, ils n’ont pas le pouvoir de faire taire les armes… »

Alep, il en sera question ce samedi à l’ONU. Le Conseil de sécurité votera sur deux textes, dont un présenté par la France, visant à instaurer un cessez-le feu dans la deuxième ville de Syrie.

Alep, bombardée sans relâche par Damas et son allié russe… Nouveaux témoignages d’Alepins à lire dans L’ORIENT LE JOUR, le quotidien francophone de Beyrouth… Il y a ce jeune combattant de 21 ans, devenu maintenant ambulancier. Il décrit ses nuits ponctuées de réveils en sursaut, à cause des avions qui le hantent. « Dans mes cauchemars, dit-il, je me vois blessé ou tué… » Il y a ce photographe, qui explique que son quotidien n’a vraiment plus rien à voir avec la vraie vie. « D’ailleurs, s’interroge-t-il, cette vie vaut-elle mieux que la mort ? » Sa mère l’appelle cinq fois par jour pour s’assurer qu’il est vivant… Il y encore ce comptable, qui raconte cette roquette abattue vers 5 heures du matin sur son immeuble. « Les habitations sont visées au hasard et je savais, confie-t-il, qu’un jour, ce serait notre tour, mais je me devais de rassurer mon épouse qui est enceinte et donc je lui ai dit « Ne t’inquiète pas, mon amour, nous sommes en vie, ne sois pas triste pour la maison… » Il y a enfin cet infirmier, qui fait part de sa peur, de sa peur permanente. Il détaille les moitiés de corps, les membres arrachés et les blessés parfois encore à moitié endormis, dans leurs pyjamas tâchés de sang. Pour lui, le plus douloureux, ce sont les enfants victimes de cette guerre. « Ils ne savent même pas qui est Bachard El-Assad, ni ce qu’est la rébellion. » Des paroles d’habitants d’Alep, parues donc dans L’ORIENT LE JOUR, et rapportées cette semaine dans COURRIER INTERNATIONAL.

Mais l’hebdomadaire se fait également plus léger – enfin léger, façon de parler… avec cet article publié récemment dans THE GUARDIAN. Un article qui nous apprend quel est le nouveau passe-temps des retraités néo-zélandais. Ce n’est pas le Scrabble, pas le bridge, pas le tricot… Pas non plus le parachute ascensionnel, non : depuis quelque années, le hobby à la mode, c’est la confection de cercueil. Une douzaine de clubs de fabrication de cercueil se montés dans le pays, et ils connaissent une affluence grandissante. « Cette activité permet non seulement de combattre la solitude, mais aussi de réaliser de substantielles économies », note le quotidien britannique. En l’occurrence, un cercueil ‘fait maison’ coute dix fois moins que ceux qu’on trouve dans le commerce. Et puis c’est un système qui permet d’imprimer son style à sa dernière demeure, et ceci « tout en faisant face de manière très saine à la mort », explique un retraité néo-zélandais qui, lui, a choisi de décorer sa caisse en sapin de grands motifs argentés.

« La France, une terre d'accueil, vraiment ? » C’est la question posée par LE PARISIEN, revenant sur les vifs débats provoqués par les ouvertures de centres d'accueil pour migrants un peu partout en France. Titre à la Une du journal : « Migrants - les centres de la discorde ». Sur fond de pré-campagne électorale, les esprits s'échauffent, avec des manifestations pour faire barrage aux migrants, toutes organisées par des groupes liés à l'extrême-droite, et parfois même des incidents violents. « Comme si la peur avait remplacé chez certains notre tradition de l'accueil », souligne le journal…

Un dessin de Rançon pour illustrer le propos. Retour sur la dernière saillie d’Eric Zemmour. « Zemmour a dit qu’il avait dee l’admiration pour ceux qui mourraient pour leurs idées ! », lance à homme à sa femme… Et celle-ci lui répond : « Tu crois qu’il parlait de ceux qui se noient en cherchant à rejoindre l’Europe ? » Non. Il parlait des terroristes.

La peur, c'est aussi ce dont témoigne le titre à la Une du FIGARO ce matin : « Les maires réclament les noms de fichés S de leur ville ». De nombreux élus souhaiteraient connaître la liste des personnes suspectes vivant dans leur commune. Cependant, la police, et le ministère de l’intérieur, invoquent la nécessaire confidentialité des enquêtes sur les radicalisés.

Et puis, pour finir, le sondage effrayant du jour… On le trouve dans LIBERATION : 29% des Français se disent plus heureux, quand ils rentrent chez eux le soir, plus heureux de retrouver leur animal de compagnie… que leurs enfants… Félix et Médor plutôt que Lucas et Chloé… C’est en tout cas ce qu’assure une enquête d’OPINION-WAY réalisée pour une compagnie d’assurance santé pour chiens et chats. 25% des personnes interrogées – des femmes, essentiellement – affirment par ailleurs qu’elles passent moins de temps avec leur conjoint qu’avec leur bébête à poils. Et si ça ne plait pas aux conjoints, ils peuvent toujours s’en plaindre au président de la République. Même pas la peine de mettre un timbre !

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