Florent Manaudou met l'Équipe à l'envers

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Vivre à 2 © Roca Balboa

Difficile de ne pas ouvrir cette revue de presse avec cette très belle une du quotidien sportif, qui titre simplement "Renversant", avec une photo "renversée" du nageur français, à la verticale, sur toute la hauteur de la grande première page du journal. Un Florent Manaudou allongé de tout son long sur l'eau, souriant, apaisé (il faut dire qu'il vient de remporter son troisième titre de champion du monde ).

L'Équipe revient sur l'exploit bien sûr mais surtout sur le nageur lui-même, et notamment sur son parcours sportif familial, d'abord dans l'ombre de sa soeur Laure, de quatre ans son aînée, avant de la surpasser. "Ce qu'il veut c'est être lui", décrypte Clémentine Blondet. "Laure incarnait l'effort long, les bornes enquillées à l'entraînement. Lui n'aime que le 50 mètres et revendique sa paresse, presque trop pour que ce soit complètement vrai. Quand elle n'a plus gagné, elle ne voulait plus nager. Lui est revenu plus fort. "

Le journal revient aussi sur ses cinq titres internationaux, à chaque fois à travers une anecdote. Le dernier, c'était le 5 décembre, à Doha, au Qatar. Quelques heures avant la finale du 50m, Florent Manaudou ne trouve pas le sommeil. Il envoie un texto à son entraîneur pour lui faire part de son inquiétude. Romain Barnier décide de -ne pas- le rassurer. "Dors énervé, dors pas, c'est pas grave. Sache qu'en face, il n'y a pas de sérénité non plus". Le lendemain, le nageur français bat le record du monde. Son camarade Fabien Gilot le voit pleurer sur le podium. "Florent, je l'ai déjà vu ravi, content. Rarement aussi ému. Même jamais ému."

Bielsa, démission !

Quand Florent Manaudou flotte en une de l'Équipe, Marcelo Bielsa y coule... Le coach de Marseille, qui a jeté l'éponge hier soir à la surprise générale, laisse derrière lui "un foutoir monumental" selon le journal. "Qu'il quitte son poste pour des désaccords contractuels ou pour d'autres raisons, Bielsa lâche un club qui s'était mis à genoux devant lui.", résume Régis Dupont. "Les supporters, qui l'adulaient, auront des raisons de se sentir floués".

Dans le JDD, Mickaël Caron se prend lui à rêver d'un remplaçant encore plus vénéré : "Un nom pourrait calmer la fureur des supporters : Zinédine Zidane. Ce serait tout aussi fou."

Otages : les "nuits blanches du président"

Deux jours après une nouvelle libération d'otage, cette fois la Française Isabelle Prime, le JDD s'intéresse à l'un des domaines où François Hollande est le plus engagé, le plus efficace et le plus respecté... Un militaire confie même : "Certains lui reprochent son indécision, mais dans ce domaine, sa main ne tremble pas" . Laurent Valdiguié revient sur la gestion par l'Élysée de ces crises bien particulières, où le président s'est mis très tôt et de lui-même en première ligne. "Quand il arrive à l'Élysée, il est briefé sur la situation des neuf otages français dans le monde. Parmi eux, un agent de la DGSE, capturé en 2009 à Mogadiscio, en Somalie". François Hollande donnera le feu vert pour une intervention fin 2012, elle se terminera tragiquement. Lors des funérailles, une cérémonie intime et sans journaliste, il est présent avec Jean-Yves Le Drian.

Plusieurs libérations plus tard, la méthode du président est toujours la même, et passe notamment par un lien étroit avec les familles. "Quand Hervé Gourdel est décapité en Algérie, en septembre 2014, François Hollande est à l'ONU et s'apprête à faire un discours devant l'Assemblée générale des Nations Unies. Le président s'isole pour annoncer directement la nouvelle à la femme et aux parents du guide". Un lien qui se poursuit longtemps après. "À la Réunion en août 2014, tout le monde s'étonne de voir un grand gaillard tomber dans les bras du président. C'était Francis Collomp, ancien otage du Niger".

Jean-Marie Le Pen : "Je ne voterai pas pour Marine en 2017"

C'est le titre du JDD mais la version longue est autrement plus ambigue : "Sans changement, je ne voterai pas pour Marine en 2017" ... En vieux renard de la politique, l'ancien patron du FN se réserve une marge de manoeuvre, mais n'est globalement pas tendre avec sa fille, à qui il a remis les clés du parti il y a quatre ans. "Le choix s'est exercé entre deux candidats de valeur, Marine Le Pen et Bruno Gollnisch. J'ai choisi Marine au bénéfice de l'âge et de la santé. En quatre ans, il faut bien dire la vérité, elle ne s'est pas améliorée..."

Et quand on lui demande quelles sont ses chances de remporter la présidentielle en 2017, son père répond : "Elles étaient réelles".

Passer ses vacances à l'usine

C'est ce que propose le Parisien ce matin. Pas pour travailler, mais pour visiter... Le phénomène est en pleine explosion, selon le journal, qui estime à 13 millions le nombre de personnes qui ont poussé la porte d'un site industriel ou artisanal en 2014 pour y voir ce qui s'y passe. Le plus souvent, il s'agit d'entreprises agroalimentaires et viticoles (les Français sont des petits malins).

Mais parfois c'est aussi la curiosité pour des savoir-faire qui pousse à troquer le farniente pour les visites studieuses. Le plus gros succès, c'est la Verrerie de Biot, près d'Antibes (700.000 visiteurs l'an passé)... Juste devant les 122 sites EDF ouverts au public et leurs 420.000 visiteurs. Dans son édito, Jean-Marie Montali résume tout le paradoxe de cette montée du tourisme au boulot : "En France, on se méfie du patronat, mais on aime bien l'entreprise".

Qu'est-ce qui fait danser la chanson française ?

Vaste question posée par l'Express cette semaine , qui se demande pourquoi des artistes aussi variés que Christine & the Queens, Stromae, Mika ou The Do se sont mis à bouger presque plus qu'ils ne chantent, et comment ils ont mis fin à des décennies de ringardise : "Claude François et ses Clodettes avaient laissé un image vieillote et kitsch de la discipline", explique Thomas Sabot, organisateur de tournées. "Aujourd'hui, la danse n'est plus ringarde, elle n'est plus associée à l'âge d'or des variétés de Maritie et Gilbert Carpentier, mais au registre indé".

Olivia Merilathi, la chanteuse du groupe The Do, résume tout : "Comme on ne vend plus de disques, les concerts deviennent de véritables spectacles" . Parfois jusqu'à l'extrême, nous dit le journaliste Julien Bordier, qui raconte le concert parisien d'un groupe suédois en mai 2013, où les musiciens étaient moins nombreux que les danseurs, au coeur du spectacle. "Certains spectateurs sont partis, s'estimant floués. D'autres sont restés, conquis. Dans le lot, on pouvait apercevoir Olivia, de The Do, et la chanteuse de Christine & the Queens".

Du manga français au Japon

Tony Valente est le premier auteur de manga français à être publié au Japon , la patrie du genre. Ça n'a l'air de rien comme ça mais pour la BD française c'est un pas de géant. Le Parisien dresse le portrait du jeune auteur de 30 ans , passionné de manga "depuis tout petit", et dont le dernier bébé, "Radiant", va désormais être lu jusqu'au pays du Soleil levant...

Et pour son éditeur Frédéric Toutlemonde, Tony Valente a tout pour devenir un auteur à succès : "Il reprend les grands standards des mangas pour jeunes, en y ajoutant une touche française, comme l’humour de style Kaamelott, ou des thèmes comme l’immigration ou l’exclusion, qu’on ne trouve généralement pas dans ces livres".

Passer de Kaamelot au pays du Kamehameha, il fallait oser.

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