Ce dimanche, ils seront près de 50.000 sur la ligne de départ.

Près de 50.000 participants pour le marathon de Paris. C’est davantage encore que pour ceux de Boston, de Londres, de Berlin et même de New-York. 42 kilomètres 195 dans les rues de la capitale, et pour l’occasion, le magazine SOCIETY vient de sortir un hors-série consacré au running – autrement dit, la course à pieds : des histoires, des portraits de coureurs.

Page 26 : la mésaventure de Karen Williams. Alors qu’elle s’approchait de l’arrivée du marathon de Valles Caldera, au Nouveau-Mexique, elle s’est fait attaquer par une ourse en colère. Une mauvaise rencontre, qui lui aura coûté une belle frayeur, les trois quarts d’un sourcil et, bizarrement, une passion pour les ursidés. Depuis, elle milite pour la protection des ours.

Page 42 : un entretien avec Christophe Lemaître, Français le plus rapide au monde. Il explique notamment qu’il ne voit vraiment pas l’intérêt de faire du footing.

Une autre rencontre à la page 94 : rencontre avec une jeune Chinoise qui, dès l’âge de 6 ans, fortement poussée par son père, effectuait pas moins de six marathons par semaine. Elle disait qu’elle rêvait de courir jusqu’à la lune, et elle était, dans son pays, devenue le symbole du dépassement de soi. Mais à cause d’un problème de santé, elle a dû faire un trait sur sa carrière à 12 ans.

Et puis il y a l’histoire méconnue du jour où Joe Strummer, le leader du groupe Punk The Clash, a couru le marathon de Paris. C’était au début des années 80, et il a terminé la course une bière à la main.

Dans THE RUNNING HEROES – nom de ce hors-série – on apprend par ailleurs qu’un tiers des joggers sont contre le fait d’aller courir avec leur chien et que la moitié sont fidèles à leur marque de chaussure. Même proportion – 50% – pour ceux qui disent préférer courir que faire l’amour. Mais bon, il s’agit du résultat d’un sondage, et l’on sait la confiance qu’on doit accorder aux sondages.

Le marathon, donc, ce dimanche, dans les rues de Paris.

Pour les candidats à l’élection présidentielle, c’est d’une autre course qu’il s’agit

Là, on parle plutôt de sprint. C’est, du moins, le mot qui revient dans tous les journaux ce matin.

Il ne reste que deux semaines avant le premier tour, et c’est ce soir, à minuit que va débuter la campagne officielle. A partir de cette nuit, les portraits des 11 coureurs vont donc être collés sur les panneaux en fer installés près des bureaux de vote. Des affiches stockées jusqu’ici dans un hangar, à Gonesse, au nord de Paris. Visite du lieu dans LE PARISIEN-DIMANCHE, avec le reportage de Vincent Montgaillard. « Ici, raconte-t-il, on ne prend pas les candidats au poste suprême avec des pincettes, mais plutôt avec un chariot élévateur. »

- « Faut mettre Le Pen sur la palette ! », ordonne un manutentionnaire.

- « Enlève-moi le Mélenchon ! », enchaîne son collègue.

- « Et Macron, il est où ? »

- « Dans la benne ! », blague un camarade dans un gilet jaune fluo.

Bienvenue au cœur de la machine, dans cet entrepôt de 3.000 m², abritant un million de posters à la gloire des 11 concurrents. Quelques 700 personnes seront mobilisées pour aller les coller aux 80.000 emplacements de la métropole. C’est l’entreprise ‘France Affichage Plus’ qui pilote les opérations. Elle perçoit environ 2 euros par affiche collée, sachant que le collage officiel, comme l’impression des bulletins de vote, est pris en charge par l’État. Les frais n’entrent pas dans les comptes de campagne, et ils sont réglés par les préfectures, quel que soit le score électoral. « C’est ce qu’on appelle le coût de la démocratie », résume un responsable de la société, précisant que d’un département à l’autre, la tâche est inégale : en Lozère, par exemple, chaque candidat est placardé à 262 reprises, mais dans Nord, c’est 13 fois plus. D’ici une semaine, tout devrait être prêt. Cela dit, légalement, indique mon confrère, « les petites mains ont jusqu’à la veille du scrutin pour achever leur marathon ».

Colleurs non-officiels

Eh oui, pour les colleurs d’affiches, il s’agit donc d’un marathon. D’ailleurs, c’est la même chose pour les colleurs non officiels. Dans le magazine SOIXANTE QUINZE, Philippe Schaller a suivi les partisans de deux hommes que l’on classe parmi les « petits candidats » : des partisans de Jacques Cheminade, d’autres de François Asselineau. « A Paris, c’est la guerre », racontent-ils, en précisant leur technique de placardage : ils privilégient les endroits où il y a du passage et ceux où sont déjà collés les portraits d’autres candidats. « Soit on colle par-dessus, soit on déchire ! », lancent-t-ils en pariant sur le fait que leurs poulains vont créer la surprise avec, ils en sont convaincus, un score final à deux chiffres.

Le score pourrait être influencé par le numéro du panneau

C’est en tout cas ce qu’estiment différents experts : d’après eux, les portraits aux deux extrémités bénéficient d’une meilleure visibilité – il s’agit donc du panneau 1 et du 11, avec une préférence pour le number one, le panneau tout à gauche, censé être celui qu’on distingue le mieux. C’est par tirage au sort, au Conseil Constitutionnel, que les 11 panneaux ont été attribués à chaque candidat. Et Nicolas Dupont-Aignan peut se réjouir : c’est lui qui a hérité du panneau number one. Autre vainqueur de la loterie : celui, donc, dont le portrait va figurer tout à droite, sur le panneau 11 – il s’agit de François Fillon.

Le candidat Les Républicains qui a droit ce matin à la Une du PARISIEN

Titre plein d’optimisme : « Pourquoi il y croit toujours ». François Fillon est persuadé qu’il peut se hisser au second tour, et ainsi que l’écrit Jean-Marie Montali dans son édito : « Il y croit avec cette conviction brûlante qu’en politique, la résurrection n’est pas une question de miracle, mais une question de timing – or il estime que le bon moment est arrivé. » C’est aussi ce que pensent ses proches, en se félicitant du succès annoncé du rassemblement d’aujourd’hui porte de Versailles à Paris – ils attendent 20.000 supporters et disent que leur campagne a repris un nouveau souffle : du léger mieux dans les sondages et des électeurs qui reviennent, malgré l’affaire Pénélope et malgré l’affaire des costumes.

Dans le journal, Pierre Gattaz, le patron des patrons, se prononce, de surcroît, clairement pour François Fillon qui, selon lui, est le seul candidat du « plein emploi ». Quant à Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, il aimerait que les deux anciens grands ténors du parti s’engagent plus clairement derrière leur candidat – il rêve d’un meeting de Fillon avec à la fois Juppé et Sarkozy avant le premier tour : « Ce serait un beau message », dit-il.

L’autre candidat à la Une, c’est Emmanuel Macron

L’ex-ministre à la Une du JOURNAL DU DIMANCHE – grande photo et ce titre, rappelant évidemment l’anaphore de François Hollande, deux mots : « Moi, président... » Emmanuel Macron décrit donc ce que seraient ses premiers mois à l'Elysée s'il est élu. Dès après la présidentielle, il y aurait une loi de moralisation de la vie politique, laquelle comportera « l'interdiction du népotisme pour les parlementaires ».

Pour éviter les conflits d'intérêts, les activités de conseil seront en outre interdites. Sur le plan économique, il souhaite que plusieurs textes soient présentés dès l'été, notamment une loi pour simplifier le droit du travail. « Le tout par ordonnances, pour procéder de manière rapide et efficace », explique-t-il. Emmanuel Macron annonce également qu’il ferait, dès l’été, là encore, « un tour des capitales européennes » afin de proposer, je cite, « feuille de route à cinq ans pour doter la zone euro d'un vrai budget et pour une vraie Europe à 27 de l'environnement, de l'industrie et de la gestion des migrations ».

Voilà donc ce qu’il fera s’il est élu, mais dans l’interview qu’il a accordée au journal, il précise que dans ce dernier sprint vers l’Elysée, il n’est que challenger, malgré ce que peuvent dire les sondages.

De son côté, LE MONDE revient sur les frappes américaines sur une base navale en Syrie

« Le tournant diplomatique de Donald Trump ». Selon le quotidien, cette attaque compromet les chances d’une relation apaisée entre la Maison Blanche et le Kremlin, principal allié de Damas. Et à Téhéran, on craint une escalade dans la région. « Le risque d’engrenage est sérieux », confirme Denis Bauchard dans LE JDD. Il est conseiller pour le Moyen-Orient à l’Institut Français des Relations Internationales et explique ne pas bien comprendre la direction vers laquelle court aujourd’hui Donald Trump.

Balayettes à toilettes

Un sujet nettement plus léger à la Une de LA PRESSE DE LA MANCHE – dossier sur les clients cleptomanes. « On vole de tout dans les bars et les restos » : en l’occurrence, des verres, des couverts, des cendriers ou des objets de décoration, mais aussi, plus étranges, du papier hygiénique, voire des balayettes à toilettes. Il faut croire qu’il y en a qui sont vraiment dans le besoin.

Une nouvelle étoile

Enfin, LE FIGARO nous annonce une naissance à venir dans le ciel : une nouvelle étoile en 2022 ! Chose rarissime, mais les astronomes semblent vraiment y croire : une nouvelle étoile, aussi brillante que l’étoile polaire, devrait donc apparaître dans cinq ans et deux mois. Ce sera pile-poil au moment de la prochaine élection présidentielle en France. On a donc cinq ans pour courir d’ici là !

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