Bonjour à tous…. « Quand on dine avec le diable, il faut avoir une longue cuillère… Mais quelle que soit la longueur, on finit toujours par se brûler… » Le diable Khadafi, qui a roussi bien des moustaches au cours de sa longue vie de terroriste plus ou moins repenti, brûle déjà les mains de Nicolas Sarkozy qui l’a croisé hier à Lisbonne, avant de l’accueillir à partir de demain, à Paris. Voyez à cet égard les quatre pages que le JOURNAL DU DIMANCHE consacre à la visite controversée du colonel libyen en France. Sarkozy est « heureux de le recevoir » titre de son côté LE PARISIEN dans sa page « Diplomatie ». Tandis que les DERNIERES NOUVELLES D’ALSACES soulignent le contraste d’une politique étrangère faite d’intrépidité en matière d’intervention humanitaire et de silence affiché pour faire des affaires. Et nos confrères strasbourgeois d’évoquer une diplomatie de commando. Un coup on libère les infirmières bulgares…. Et sitôt après, on ferme les yeux sur les droits de l’Homme en Lybie. Didier Louis, l’éditorialiste du COURRIER PICARD en juge encore plus sévèrement, quand il dénonce – je le cite – une once de cynisme dans la manière dont Nicolas Sarkozy conduit les affaires de la France. « Gageons, poursuit mon confrère d’Amiens, que le successeur pragmatique de Jacques Chirac à l’Elysée, va déployer ce qu’il faut de conviction pour tenter de nous convaincre de la blancheur immaculée de la nouvelle morale diplomatique française. Car même s’il est vrai qu’on ne scelle jamais la paix qu’avec l’ennemi, il est difficile de saluer le retour du pestiféré Khadafi dans le camp de la raison, en lui délivrant l’absolution. » Et Didier Louis de conclure sur ce qui lui parait la loi de la mondialisation : un troc avec Tripoli. « Faisons des affaires, puisque tout le monde en fait avec tout le monde, et recevons Khadafi à Paris puisqu’on a dealé avec lui la libération des infirmières ! » Reste, comme le relève SUD-OUEST DIMANCHE ce matin, qu’hier à Lisbonne, le brillant colonel n’a pas craint de justifier le terrorisme en expliquant qu’il était légitime que les faibles y aient recours. « Voilà, écrit Frédéric Gerschel, dans LE PARISIEN, une sortie qui a jeté un froid sur les observateurs présents au deuxième sommet de l’Union européenne. » Une sortie mal venue, considérait un diplomate, interrogé par mon confrère dans un couloir du congrès. Mais que voulez-vous, Khadafi est comme ça… Imprévisible ! « L’encombrant Khadafi » renchérit SUD-OUEST DIMANCHE avant d’évoquer une polémique qui s’amplifie après des propos inadmissibles sur le terrorisme, tenus à la veille d’une visite officielle en France. « Les critiques ? Parlons-en » a jeté tout à trac, devant les journalistes présents à Lisbonne, Nicolas Sarkozy. Et Virginie Le Guay, qui rapporte ce matin dans le JDD, les propos du président de la République, note que Nicolas Sarkozy lui a semblé dopé par la polémique, et même qu’il avait pris un certain plaisir à dire au colonel libyen, « je suis très heureux de vous recevoir lundi à Paris ». Plus tard, ajoute ma consœur du JOURNAL DU DIMANCHE, le chef de l’Etat, répondant aux questions de nombreux journalistes français et étrangers venus l’interroger, Nicolas Sarkozy a maintenu sa ligne de conduite. Extraits éloquents là-dessus des propos du président, reproduits dans la page « Evénements » du JOURNAL DU DIMANCHE… « Si nous n’accueillions pas les pays qui prennent le chemin de la respectabilité, que devrions-nous dire à ceux qui prennent le chemin inverse ! J’observe que tous les chefs d’Etats et de gouvernement qui ont fait avant moi le voyage en Lybie sont allés là-bas alors même que les infirmières bulgares étaient en prison. Moi j’avais posé un postulat : je n’irais en Lybie que lorsqu’elles seraient libérées. C’est ce que j’ai fait. » Second extrait des réponses de Nicolas Sarkozy, encore plus net vis-à-vis des critiques… « La critique m’intéresse » a-t-il dit… avant d’ajouter… « Hier, j’étais pour certains l’homme du lobby juif. Aujourd’hui je suis pour d’autres l’homme du lobby arabe… Disons-le tout net, si je n’avais pas parlé à M. Khadafi, les infirmières bulgares seraient encore en prison. » Au moins le président français croit-il aux vertus de l’équilibre… Un équilibre que Patrick Ollier, l’ancien président UMP de l’Assemblée nationale semble oublier quand il déclare au JOURNAL DU DIMANCHE, « qu’on a rien à reprocher à Khadafi ». L’interview de Patrick Ollier qui préside depuis 2004, le groupe d’amitié franco-libyen de l’Assemblée nationale, fera tousser, non seulement les infirmières bulgares et le médecin palestinien (s’ils le lisent !)... Mais aussi j’imagine, les familles des victimes de l’attentat de Lockerbie et du DC 10 d’UTA, abattu en 1989 dans le désert du Ténéré ! Comme dit aussi le proverbe… « Si Dieu est partout, le diable lui, choisit ses endroits ». Et il a même des capacités de séduction, comme on le sait depuis les tentations exercées sur le Christ au mont des Béatitudes. Mais, voici ce que dit du colonel Khadafi, Patrick Ollier qui l’a souvent rencontré. « C’est un homme surprenant, moins fantasque qu’on le prétend, malgré la mise en scène qui vient occulter sa personnalité. C’est un homme déterminé…. Ce qui m’a aussi frappé lors de nos rencontres, c’est sa grande culture, son attachement à l’histoire, notamment française. Il adore Montesquieu et voue une admiration au général de Gaulle qu’il considère comme un révolutionnaire. Je me souviens de notre deuxième rencontre, je lui ai parlé du Tchad où j’ai passé les quinze premières années de ma vie et lui ai dit que mon cœur était africain. Il s’est levé, m’a embrassé en me disant « My brother, my brother ! » J’ai cru qu’il allait m’étouffer car il a une force physique impressionnante. » Et Patrick Ollier d’évoquer – je le cite encore – la trouille bleue que Khadafi aurait des services secrets américains qui ont bombardé sa maison en 86 et tué sa fille adoptive. « C’est vrai, conclut-il, qu’il a usé de l’action violente du terrorisme, mais il y a totalement renoncé. La France doit l’aider car il est sincère. » Ni Ségolène Royal, ni Pierre Moscovici, ni François Hollande ne partagent cet avis. « Comment, demande aujourd’hui, également dans le JOURNAL DU DIMANCHE, Pierre Moscovici, qui préside la commission parlementaire sur la libération des infirmières, Monsieur Sarkozy peut-il tourner ainsi le dos à sa campagne présidentielle ? Hier, il insistait sur les droits de l’Homme, et aujourd’hui, il passe, non pas au réalisme, mais à l’hyperréalisme, voire au cynisme, c’est dangereux ! » J’ai eu la curiosité de regarder ce que les uns et les autres disaient en 1984, de la rencontre en Crête, du diable Khadafi avec le président François Mitterrand. Roland Dumas a raconté cela en détail, il n’y a pas si longtemps. A l’époque, le colonel Libyen intervenait militairement au Tchad, et il sentait le soufre, beaucoup plus qu’aujourd’hui. On s’accorda néanmoins. Mais en se méfiant, et en se bombardant… Car quand Khadafi promettait de s’arrêter au Nord, il revenait par l’Est au Tchad. Bref, il mentait et on répliquait. « Négociez, avait dit Mitterrand à Dumas. Ecoutez Khadafi, parlez-lui, mais méfiez-vous de lui. » La longue cuillère déjà… Mais à l’époque, ce n’était pas la gauche qui faisait tumulte, c’était la droite qui considérait… qu’au Tchad, contre le colonel, il fallait intervenir durement, voire même bombarder Tripoli. Des bijoux dans la presse d’aujourd’hui ? Bien sûr… il y a Miss France, la Réunionnaise, à regarder les yeux dans les yeux. Elle est dans tous vos quotidiens régionaux, en photo, en première page. Jacques Julliard dans le NOUVEL OBS… Il écrit : «Que se serait-il passé si François Bayrou avait accepté d’être le Premier ministre de Ségolène Royal… qui aurait été présidente.» Dans MARIANNE, ce que Ségolène Royal dit en exclusivité d’une rencontre à l’Elysée, en tête à tête avec Nicolas Sarkozy : « Il voulait à tout prix que je mange les chocolats qu’il m’offrait. » C’est assez désopilant. Et puis Yves Coppens, dans L’EXPRESS. Yves Coppens, le père de Lucie, un génie… Il parle de notre espèce, et il dit : « Si notre espèce survit, elle se dirigera vers une forme plus intelligente, une sorte d’hyper-humanité…. » Voilà ce que je vous souhaite, si vous survivez…vous allez devenir hyper-intelligent.

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