Bonjour à tous. Et vous, comment faites-vous pour lutter contre le froid ? Le PARISIEN vous propose ce matin cinq réponses de franciliens. Noémie, 18 ans, de Savigny, marche plus vite que d’habitude, cheveux dénoués, pour protéger les oreilles. Nabil, 37 ans, informaticien, s’équipe comme aux sports d’hiver et déclare aimer ce temps-la, pour respirer, renouveler l’air. Jean-Christophe, 50 ans, dessinateur à Chatou, veille à manger chaud et sain. Patricia, aide-soignante à Bordeaux, boit du thé avec du miel et du citron et porte un collant sous le pantalon. Quant à Christiane, retraitée Montbéliardaise, elle dit aimer que l’hiver soit l’hiver et rappelle qu’elle a connu pire dans le passé. Maigre consolation, pour les sans-abri, les mal-nourris, les mal-chauffés, toux ceux que la vague de froid sibérienne perturbe ou fatigue. Et ça va durer encore une dizaine de jours, selon le JOURNAL du DIMANCHE qui publie en première page, une belle photo des arènes d’Arles sous la neige. Cliché signé Patrick Valasseris. La même photo, sous un autre angle fait la une du FIGARO avec cette légende : « Entre 10 et 20 centimètres de neige à Avignon, Orange, Arles… La Vallée du Rhône cette année n’est pas épargnée ». Record… le même mot revient, à la première page de tous les quotidiens. Record en Ile-de-France avec moins 20 dans l’Essonne. Record pour MIDI-LIBRE et les Gardois piégés comme les Montpelliérains. Record pour NICE-MATIN avec la neige qui surprend pour la deuxième fois et ferme la route d’Isola. Le TELEGRAMME de Brest, le BERRY REPUBLICAIN, le DAUPHINE, les DERNIERES NOUVELLES d’ALSACE s’étonnent tous de la même façon mais c’est la MONTAGNE de Clermont-Ferrand qui résume la situation avec cette manchette : « le sud en perd le nord ». Nous entendions au petit matin sur France Info et France Inter un reportage éloquent de Sébastien Paour, réalisé à Grignan dans la Drôme. 40 centimètres de neige, des congères, 1.500 habitants isolés, enfermés pour tout le week-end. Et nous qui pensions qu’on est heureux en janvier, à Grignan, sous un beau soleil, avec des jours filés d’or et de soie, comme le croyait déjà la Duchesse de Chaulnes, correspondante de la Marquise de Sévigné ! Hélas répondait Mary de Rabutin-Chantal, venue passer en 1695 l’avant-dernier hier da sa vie chez sa fille. « Nous avons cent fois plus de froid ici qu’à Paris. Nous sommes exposés à tous les vents. Ils se battent entre eux, bise, vent du midi, pour nous renfermer dans nos chambres. Toutes nos rivières sont prises de glace, le Rhône, ce Rhône si furieux, n’y résiste pas, nos écritoires sont gelées, nos plumes ne sont plus conduites par nos doigts, mais nos montagnes sont charmantes dans leur excès d’horreur. Il faudrait un peintre pour bien représenter l’étendue de toutes ces épouvantables beautés ». * Au fait, étudie-t-on toujours dans nos collèges les lettres-reportages de la Marquise de Sévigné ? Y compris au lycée du Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne, où un adolescent, Hakim, a été frappé d’un coup de couteau et est mort cette nuit, comme l’annonce aujourd’hui le PARISIEN et l’ensemble des radios. Eric Debarieux, qui dirige l’observatoire international des violences à l’école, s’inquiète de cette loi du plus fort, entrée dans nos lycées, et voudrait des professeurs mieux formés pour la combattre. Hélas, dit-il au PARISIEN, le travail en équipe n’est pas dans notre culture scolaire. C’est pourquoi la France souffre peut-être plus de la violence à l’école que ses voisins européens. Monsieur François Olivier, qui enseigne l’histoire-géo au lycée Darius Milhaud, réplique qu’il y a certes des tensions dans le lycée du malheureux Hakim, mais elles n’ont jamais été aussi loin que l’agression d’hier. Et l’enseignant, syndicaliste, de regretter le manque cruel d’adultes pour encadrer les 1.600 élèves de son établissement. Est-ce le même thème qu’aborde la CROIX en l’élargissant, puisque le quotidien chrétien titre sur l’Union européenne lançant pour 2010 une campagne contre l’exclusion sociale et la pauvreté. Il y a urgence, explique la CROIX, car 79 millions d’Européens vivent aujourd’hui au-dessous du seuil de pauvreté ! Pauvre Philippe Séguin, enseveli depuis jeudi sous une avalanche de fleurs, méritées, selon les uns, excessives selon les autres. Plantu, en première page du MONDE, ironise doucement sur ce point, grâce à deux petits dessins, qui auraient bien fait rire l’ancien député-maire d’Epinal. Premier dessin, un enfant emmitouflé, dans une tempête de neige, avec ce titre : « Vague de froid ». Sur le second dessin, titré, réchauffement, la tête de Séguin, en haut comme un soleil. Avec en bas des représentants de la droite et de la gauche, la larme à l’œil, devant un portrait de Séguin barré de noir. Robert Solé dans son billet de dernière page, s’étonne lui aussi de ce dernier hommage. Bouh… écrit-il, que de compliments, que d’éloges. Aurait-on oublié que ce sage, ce courageux, ce républicain, tendre, doux, attentif, généreux, était volcanique, ombrageux, bougon, colérique, violent et briseur de vitres. Bref, un emmerdeur flamboyant. Dans NICE-MATIN, Georges-Marc BENAMOU considère que répéter cela n’est pas très original. Et le chroniqueur d’affirmer que Séguin était un faux dur. Et de se souvenir qu’il demande un jour à François Mitterrand : « Quel serait selon vous le meilleur président de droite pour vous succéder ». Et Mitterrand avait répondu sans hésiter : « Séguin, il est tellement au-dessus des autres ». Serge Moati, l’autre matin, interrogé tout de suite après l’annonce de la mort de son copain eut quant à lui cette juste comparaison : « Séguin », dit-il, « et Jospin, avaient le même sens de l’Etat ». C’est dommage que ces deux hommes-là aient raté la dernière marche. Sur Jospin, le même Serge Moati revient ce matin à propos du film et du livre : «Lionel raconte Jospin ». « Jospin ? Un sacré moment de télévision ». En ce début 2010, notre héros même pas fatigué, est de retour ! Par l’image (France 2) et l’écrit (Le Seuil), Jospin en a rêvé ; Rotman et Favier l’ont fait. Le film colle et ressemble au personnage : sa timidité, sa pudeur, son orgueil. Timide, pudique et orgueilleux… C’était aussi Philippe Séguin.

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