Bonjour à tous… Salud… Mont a ramat ? Traduction : bonjour est-ce que ça va bien ? Ce à quoi, on répond en breton : Mat-tre Turgarez qui signifie : « ça va très bien merci ! » Et cela ira mieux ce soir, lorsque l’on saura quelle équipe arrache la Coupe de France de football. Rennes ou Guingamp ? Guingamp ou Rennes ? « LE TELEGRAMME DE BREST » ne se prononce pas et préfère pronostiquer un grand soir pour la Bretagne, au terme d’un affrontement entre David-Guingamp et Rennes-Goliath, le club géant. L’EQUIPE salue l’événement en écrivant que cette finale entre voisins, sera extraordinaire, que des dizaines de milliers de bretons des villes et des campagnes sont attendus au Stade de France, où l’on jouera, outre la Marseillaise, l’hymne breton. Bro Gozh… Vieux pays de mes pères. « Ô Bretagne, mon pays J’aime mon pays Tant que la mer sera comme un mur autour d’elle Soit libre, mon pays. Si autrefois, tu as fléchi dans les grandes guerres Ta langue est restée vivante à jamais Son cœur ardent tressaille encore en elle Eveille-toi maintenant, ô ma Bretagne. » Tout cela est charmant et peut s’entendre respectueusement, comme la Marseillaise, sans être sifflé ! Le journal « L’EQUIPE » qui fait sa une aujourd’hui en breton, semble le comprendre ainsi. En revanche, dans son éditorial du TELEGRAMME DE BREST, René Perez prétend que Nicolas Sarkozy aurait dit un jour, au cours de la campagne présidentielle : « je me fous des bretons. » Et mon confrère, loin de douter de la véracité du propos, en profite pour expliquer que ces quelques mots prennent aujourd’hui une curieuse résonance, puisque le Président de la République ne sera pas ce soir au Stade de France. Il aurait déclaré forfait et laissé le soin à Bernard Laporte et Roselyne Bachelot de remplir le protocole, toujours accompli par le Chef de l’Etat, sauf circonstance exceptionnelle. Et l’éditorialiste du Télégramme d’ajouter : « on ne nous aime pas. Les ténors de l’UMP bretonne sont indociles… il n’y a pas un seul petit secrétariat breton dans le gouvernement Fillon… Dommage, Nicolas Sarkozy avait l’occasion de faire oublier ce soir, l’accrochage verbal qu’il eut avec un marin du Guilvinec… il lui aurait suffi d’un geste, pour se rapprocher de nous, dans le théâtre consensuel du Stade de France. Sa défection est une faute politique, dans une région où l’UMP n’a vraiment pas besoin de ça ! » Patrick Cauvin, l’écrivain-philosophe, auteur de « E = MC2 mon amour », n’est pas plus aimable pour le Chef de l’Etat, dans la chronique que publie LIBERATION aujourd’hui. Patrick Cauvin, revient du Vietnam, et s’étonne en ces termes, d’une insuffisance, non pas sportive, non pas politique, mais philosophique du Président de la République. Il écrit : Revu Sarkozy à la télé. Trois semaines sans lui ! Eh oui, c’est ça les voyages… Une chose me frappe. Et je le dis au risque de blesser les bataillons de l’UMP. Tant pis pour l’outrage mais soyons net : cet homme n’a jamais lu Spinoza. Spinoza dont le credo, abusivement résumé, fut de ne jamais juger et de toujours comprendre. Notre président fait l’inverse. Il y a à ce phénomène bien des raisons. D’abord parce que l’un est plus facile que l’autre. L’un est déjà dans l’action alors que l’autre fonctionne dans le raisonnement et, surtout, le jugement est plus spectaculaire, donc plus télévisuel, que l’analyse. Il entre dans l’un plus d’affect… mais où je vais là ? Encore un effort et je m’achemine vers le commentaire politique. Si je n’y prends garde, je vais rejoindre la longue et emmerdatoire cohorte des spécialistes de la chose… Donc voici la pensée du soir, entre calmants et dernier journal : obliger tous les présidents de la République à lire Spinoza. Cela n’empêche pas, l’écrivain Patrick Cauvin d’observer quelques lignes plus loin, très aimablement, ce que nous appellerons le joli mois de mai français. « Soleil. Le monsieur du cinquième a sorti les géraniums. Les acacias se reflètent dans les vitres de l’autobus. Deux signes qui ne trompent pas. C’est déjà un peu l’été. Envie d’un pot à la terrasse du bistrot du coin. Tentation d’une cigarette pour fêter le printemps, j’aurais dû acheter un Zippo. Le zippo, c’est ce briquet à mèche et à molette que l’on ouvre en pichenette, quitte à se brûler quelquefois les doigts. C’est le briquet des GI’S… celui dont Cauvin nous dit, que s’en servir, revient à se sentir cow-boy, un tiers de seconde. Et l’écrivain de proposer aux tabacologues d’aujourd’hui de se pencher sur la question du briquet. Et si la cigarette, n’était qu’un prétexte à faire du feu ? Et si cet atavisme du silex, n’était qu’un retour à la horde primitive… Et si la source de nos cancers du poumon était préhistorique… Mais non, je déconne ! Quoique. Fin de citation, page 31 de LIBERATION ! Le Zippo, nous ramène opportunément aux commémorations du printemps. Hier, 8 mai, le préfet du Calvados, Christian Leyrit, a confirmé la réponse de Barack Obama à Nicolas Sarkozy. Le 6 juin prochain, veille de l’élection européenne, le Président des Etats-Unis et le Président français seront côte à côte au cimetière américain de Colleville sur Mer, pour le 65ème anniversaire du Débarquement en Normandie. La veille, précise ce matin LE PARISIEN, Barack Obama se sera rendu en Allemagne, où il aura visité la ville de Dresde, et le camp de concentration nazi de Buchenwald. NICE-MATIN et VAR MATIN, reviennent ensemble aujourd’hui sur l’hommage rendu hier, par Nicolas Sarkozy, à l’armée d’Afrique, qui débarqua la première en Provence. Il y avait affluence et plus de 5.000 personnes sur la plage de la Martelle, haut-lieu du Débarquement Allié. Et comme l’écrit Philippe Palat, journaliste du Midi, dans son éditorial : le Président de la République aime les rendez-vous avec l’histoire. Par éducation, certainement ! Par conviction forcément. Par nécessité sans doute… Car voilà, il faut bien l’admettre, la maudite image strass et paillettes, lui colle encore à la peau, comme l’arapette s’accroche à son rocher. Mais, quoi qu’il en soit, conclut Philippe Palat, dans les cérémonies d’hommages, le chef de l’Etat domine son sujet et son attitude est message. LE FIGARO le comprend également ainsi, quand il écrit que Nicolas Sarkozy a rendu hier un hommage particulier aux soldats de l’armée d’Afrique, qui ont débarqué à la Martelle le 15 août 1944. Encore doit-on, pour les jeunes générations, préciser peut-être les calendriers… J’ai entendu hier sur les radios… parler d’Armistice du 8 mai, et il faut aujourd’hui rapprocher le 8 mai du 9… journée de l’Europe, que salue François Régis Hutin dans OUEST FRANCE, écrivant : l’Europe c’est nous… Sur tout cela, il est bon de retrouver la mémoire de l’Histoire, vivante, et de décliner peut être la presse d’aujourd’hui, avec les vieux journaux. J’ai retrouvé dans mon grenier le journal LE MONDE du mercredi 9 mai 1945… titre sur 5 colonnes à la une : LE TRIOMPHE DES ALLIES La guerre est gagnée ! Voici la victoire ! Annonce aux Français le général de Gaulle « La guerre est gagnée ! Voici la Victoire ! C’est la Victoire des Nations unies et c’est la Victoire de la France ! L’ennemi allemand vient de capituler devant les armées alliées de l’Ouest et de l’Est. Le commandement français était présent et partie à l’acte de capitulation. Honneur, honneur pour toujours à nos armées et à leurs chefs ! Honneur à notre peuple que des épreuves terribles n’ont pu réduire ni fléchir ! Honneur aux Nations unies qui ont mêlé leur sang à notre sang, leurs pleines à nos peines, leur espérance à notre espérance et qui, aujourd’hui, triomphent avec nous. Ah ! Vive la France ! »

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