La revue de presse est signée Pascal Dervieux

Victory… sweet Victory !

Ce cri du cœur nous vient de Londres ce matin.

C’est le titre du Times de Londres ce matin.

Il n’illustre pas un Nième compte rendu des commémorations du 8 mai 1945.

Il se trouve que chez nos voisins britanniques, la victoire est une notion d’actualité, puisque le premier ministre sortant, le conservateur David Cameron, peut entamer un nouveau mandat au 10 Downing Street après la victoire de son parti aux élections générales.

Le Times nous rappelle cet autre résultat du scrutin, digne de figurer au livre Guiness des records : dans les 52 minutes qui ont suivi l’annonce des résultats, les trois dirigeants des partis vaincus ont démissionné.

Mais le grand quotidien londonien relève une autre conséquence de ces élections triomphales : l’inquiétude des Européens.

L’Europe craint que la Grande-Bretagne se dirige vers la sortie, titrent nos confrères britanniques.

Cette inquiétude, nombre d’éditorialistes de la presse française s’y attardent ce matin.

Jean-Pierre Bedeï dans la Dépêche du Midi par exemple

nous rappelle que si à titre personnel Cameron est favorable au maintien de son pays dans l’Union, une large partie de la population britannique y est au contraire opposée.

Le premier ministre a promis un référendum sur la question d’ici 2017.

En attendant, l’éditorialiste de la Dépêche prévoit que Cameron sera contraint de se faire plus dur envers l’Europe afin d’obtenir des concessions susceptibles d’amadouer son peuple.

Pour Yves Harté, dans Sud-Ouest, ce référendum est un pari risqué : car Si le non au maintien l’emportait, autrement dit si une majorité de Britanniques se prononçait en faveur de la sortie de l’Union Européenne, on se retrouverait devant ce « comique paradoxe » : la très europhile Ecosse demanderait, et obtiendrait à coup sûr son indépendance, indépendance manquée de peu l’an passé.

Sans l’Ecosse, avec une Irlande du Nord qui regardera davantage vers le sud, Cameron pourrait devenir le roi victorieux et errant dans un palais vide, conclut l’éditorialiste de Sud-Ouest.

Toujours à la page internationale, la presse consacre ce matin beaucoup d’espace aux commémorations de la victoire. C’était hier à l’ouest…mais ce sera aussi aujourd’hui chez l’un des principaux artisans de cette victoire.

Libération publie une splendide photo prise il y a quelques jours sur la Place Rouge, au moment de la répétition du grand défilé militaire qui marque traditionnellement la victoire : les Russes la célèbrent le 9 mai.

Cette année, la parade prendra une dimension exceptionnelle, mais

Libé en rappelle le contexte international : pour cause de situation en Ukraine la plupart des dirigeants occidentaux n’assistent pas à la parade. Libé analyse les manoeuvres de l’appareil de propagande du kremlin, qui manipule la mémoire russe, notamment celle de la guerre, à son profit.

Les Dernières Nouvelles d’Alsace consacrent elles aussi une large place au défilé de Moscou, en rappelant que Le Kremlin a annoncé une « parade » grandiose, avec un défilé de matériels qui s’apparente à un véritable salon de l’armement : on y verra notamment ce nouveau char que les Russes, avec leur modestie coutumière, qualifient de plus puissant blindé du monde.

Une fois n’est pas coutume : si vous n’êtes pas un lecteur des journaux sportifs, vous pouvez faire une exception aujourd’hui, en achetant l’Equipe Magazine.

L’Equipe Magazine consacre ce numéro à un dossier passionnant : Cuba et le sport.

A deux jours de la première visite d’un Président français, dans une île en plein bouleversement, nos confrères de l’hebdomadaire sportif nous invitent à rencontrer deux des plus grandes idoles du pays : Javier Sotomayor, sauteur en hauteur, dont le record du monde à 2m45 tient toujours depuis plus de 21 ans.

Et Félix Savon, triple champion olympique de boxe chez les poids lourds.

Et puis l’Equipe Magazine ne pouvait pas ne pas parler de ce grand paradoxe sportif de Cuba : pays qui depuis 56 ans défie l’Amérique voisine, mais pratique pourtant avec délice son sport le plus emblématique : le base-ball. Non seulement le base-ball a survécu à la révolution castriste, mais il atteint un tel niveau de qualité que les grands clubs des Etats-Unis viennent y recruter nous explique l’Equipe Magazine.

Restons dans le domaine sportif, et ne mâchons pas nos mots : c’est bien une page d’histoire que les bordelais vont tourner ce soir :

C’est le journal Sud-Ouest qui l’affirme et on n’a aucune peine à le croire :

les Girondins disent adieu à leur stade ce soir : le Parc Lescure pour les anciens, inauguré en 1938.

Il était devenu stade Chaban-Delmas après le décès du maire de la ville, dont la silhouette souvent drapée d’un imperméable, remplissait à chaque match la tribune présidentielle.

Pour cette dernière rencontre les bordelais reçoivent les canaris de Nantes. Sud-Ouest consacre à l’événement 3 pages entières, des pages pleines de nostalgie, qui nous ramènent à cette époque où les vedettes du club se nommaient Alain Giresse, Jean Tigana, Marius Trésor et bien d’autres…

Autre grande ville de football : Marseille.

Marseille championne de France…

Championne de France des mariages.

Le nombre des mariages est partout en baisse dans l’hexagone.

Partout… sauf à Marseille.

Et la Provence se penche sur ce particularisme ce matin.

Un particularisme qui va à l’encontre des clichés montrant un marseillais cavaleur, bringueur, infidèle…

Foutaise, s’exclame Jean-Jacques Fiorito : car le marseillais convole : le nombre de mariages ne cesse de croître à l’ombre de Notre Dame de la Garde. Plus de 10% d’augmentation en deux ans. On annonce 3 200 mariages en 2015… peut-être plus.

Pour l’un des adjoints au maire, l’explication est simple : c’est sans doute

Qu’on est plus heureux à Marseille qu’ailleurs…

C’est un coup de gueule que l’on peut lire dans le Figaro.

C’est une lettre ouverte.

Le destinataire en est le président de la République.

Le rédacteur : Jean d’Ormesson.

En fait, l’académicien s’adresse au chef de l’Etat mais il couvre surtout d’invectives ceux qu’il appelle « les Attila » de l’éducation.

Catégorie à la tête de laquelle l’écrivain place sans ambages la ministre de l’Education elle-même, Najat Vallaud-Belkacem.

Car la réforme des programmes en préparation n’a pas, mais alors pas du tout, les faveurs de l’immortel.

Il estime en effet que cette réforme entraînera, à plus ou moins brève échéance, un affaiblissement dramatique de l’enseignement du latin et du grec, et, par-dessus le marché, de l’Allemand.

Après quelques piques trempées dans les références littéraires les mieux senties, d’Ormesson estime que couper la langue française de ses racines grecques et latines serait la condamner de propos délibéré à une mort programmée.

Nous sommes les enfants d’Homère et de Virgile, s’exclame Jean d’Ormesson qui lance au chef de l’Etat cette supplique :

Ne soyez pas aux yeux de l’histoire le président qui aura tiré un trait final sur plus de 1000 ans de littérature française. ».

Jean d’Ormesson décidemment persiste dans cette particularité : c’est que même ceux qui ne partagent pas ses idées ne peuvent que s’incliner devant son talent à les exposer.

Je vous souhaite une très bonne journée.

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