Bonjour à tous… Quand la borne est franchie… il n’y a plus de limites ! C’est au poète François Ponsard, et non pas au Sapeur Camember que l’on doit la célèbre formule. Mais peu importe. Cette nuit au Palais du Luxembourg, par 186 voix « pour » et 153 « contre », les sénateurs ont adopté le point-clé de la réforme des retraites, et borné à 62 ans, l’âge légal du départ. « 60 ans, c’était notre ligne de combat, lige de vie, ligne de souffrance au travail. Une ligne d’espoir qui devait concerner plusieurs générations. On n’a pas le droit d’abolir l’Histoire, a plaidé Pierre Mauroy, premier ministre de François Mitterrand, à qui l’on doit le loi de 1982 ». « Je respecte Pierre Mauroy, je l’ai trouvé émouvant, a reconnu Eric Woerth, défenseur du nouveau bornage. Mais ce n’est pas parce que soixante ans est un chiffre rond qu’il est tabou. Il faut faire des efforts, il faut avancer et dépasser une nostalgie de trente années. 62 ans, c’est responsable, c’est raisonnable ». Le FIGARO ajoute dès ce matin à l’argumentation du ministre une grosse pierre polémique, en titrant sur le fond monétaire international. Lequel approuve le report de l’âge légal et ne vote pas socialiste. En effet, dans un document publié cette semaine, le FMI assure que le recul de l’âge légal de la retraite est la meilleure méthode pour assurer à l’avenir le niveau des pensions. Et le FIGARO de citer la phrase qui justifie son affirmation : « Une augmentation de deux ans, suffirait à stabiliser, pour les deux prochaines décennies, la part des pensions, dans le produit intérieur brut ». D’où la manchette enthousiaste de mon confrère : « Retraites : le FMI de Dominique Strauss-Kahn contredit le Parti socialiste… » Et le commentaire de Nicolas Barotte : « Il y a des rapports de l’organisation internationale dont les socialistes se passeraient bien ». La députée Marisol Touraine essaie d’allumer un contrefeu, en déclarant au FIGARO que la droite ferait mieux de s’occuper de l’opposition des Français, plutôt qu’imaginer disposer du soutien de Dominique Strauss-Kahn. La direction du PS minimise elle aussi. En attendant les manifestations du 12 octobre, elle riposte : « On ne vas pas feindre la surprise. Le FMI est une institution au diapason des traditions libérales ». Dans le FIGARO toujours, en page voisine, une interview de Ségolène Royal dont nous détacherons deux phrases et une proposition. 1) Si les Socialistes se divisent, ce sera la fin du parti. 2) La Sécurité Sociale n’est pas la propriété de l’UMP. C’est un patrimoine commun, un acquis de la Résistance. Quant à la proposition de Madame Royal, la voici : « Il suffirait, dit-elle, que les syndicats et les partis de gauche appellent mardi prochain au recueil de 4 millions de signatures, pour obliger le pouvoir à consulter les Français. Ce serait, dit-elle, une formidable mutation démocratique ! » Eric Woerth a été interrogé cette nuit par les journalistes de France Inter et de France Info sur cette idée de référendum. « A quoi bon, a-t-il dit, et quelle serait la question ? ». Ce qui renvoie à Woody Allen ou à Desproges, je ne sais plus. « La réponse est oui, mais quelle était la question ». En attendant le référendum qui n’aura pas lieu, il semble aujourd’hui à la lecture de la presse régionale, que la fièvre sociale monte de quelques degrés, sur l’échelle d’un été indien. A Limoges, la POPULAIRE du CENTRE, titre sur les Limousins qui ne battront pas en retraite. A Lyon, le PROGRES, s’écrie en manchette que l’immobilier neuf est réservé aux riches. A Amiens, le COURRIER PICARD, salue les salariés de Goodyear et de Valeo, ces oubliés de la bagnole qui ont forcé hier les portes du Salon de l’auto. L’ECLAIR des Pyrénées assure de son côté sur la la foi des statistiques de Sos-amitiés, que la détresse est plus grande que jamais en Béarn. Mille demandes de soutien enregistrées chaque mois. Social encore, avec ce titre et ce dossier du PARISIEN sur la grande misère de l’hôpital public et l’état d’alerte déclaré aux urgences, débordées par le nombre des malades et le peu d’infirmières. Sur la caricature qui accompagne ce dossier, Ranson essaie d’en rire. « Houlà, disent deux soignants devant une foule de malades. On ne va pas pouvoir s’occuper de tout le monde. Alors on va pendre ceux qui ont l’air de pouvoir encore cotiser à la retraite ». Obscène, obscène, ont dit les dirigeants chinois, à l’annonce du Prix Nobel décerné à Liu Xiaobo, l’intellectuel dissident courageux, distingué, malgré les menaces de Pékin. Cette affaire ne fait rire personne, ni en Norvège, ni dans les Etats de droit qui demandent la libération du dissident chinois, nobélisable et nobélisé. Obscène, le qualificatif fait sourire néanmoins, même si étymologiquement le mot veut dire de mauvais présage. Obscène, c’est aussi ce qui offense la pudeur, ce qui choque au nom d’un interdit social, sexuel notamment. Ainsi dans le Nobel à Liu, adversaire du totalitarisme chinois, c’est dégoûtant, grivois, grossier, impur, inconvenant, malpropre. Le malheureux a été condamné à 11 ans de prison pour subversion, on le nobélise et c’est sale. François Sergent dans son éditorial de LIBERATION s’en étouffe et il n’est pas le seul, OUEST-FRANCE proteste aussi. Saluons le courage des Nobel, écrit Sergent. Félicitons-les d’avoir attribué leur prix de la Paix à un combattant résolu de l’Etat de droit. Pékin, menaçait en super-puissance forte de ses 2.500 milliards de réserves… qui font de la Chine, le banquier du monde. Les Nobel sont passés outre, considérant que le pays se trouve au rang des dictatures entre la Birmanie et l’Iran, où les opposants sont harcelés également. L’obscénité elle est là, ajoute l’éditorialiste de LIBE, pour la Chine des JO et des grands bonds économiques, face à ceux qui comme Vaclav Havel se battent pour le respect des valeurs universelles. Obscène ? Il me revient que de Gaulle en 1968, avait été traité de « tête de chien » par des gardes rouge défilant à Pékin. Et il avait ri d’un mot devant ses ministres… « C’est la première fois que je suis traité de chien par des Pékinois ». A chacun sa méthode, pour dissiper les malentendus entre grands de ce monde. FRANCE SOIR, le FIGARO, LIBERATION, l’édition du samedi du JOURNAL du DIMANCHE font grand cas, aussi, des retrouvailles entre le Pape et Nicolas Sarkozy, après les polémiques de l’été. « Malentendu levé », selon Jean-Marie Guénois du FIGARO. Entente cordiale, titre FRANCE SOIR. Bonne entente affichée, constate aussi le PARISIEN. Seule LIBERATION ironise, en écrivant qu’au Vatican, Nicolas Sarkozy a fait l’enfant de chœur. Pour tourner la page Roms, souligne mon confrère Eric Joseph, le Président est allé jusqu’à participer à une prière lors de sa visite. Une première pour un chef d’Etat français. Le JOURNAL du DIMANCHE s’en étonne lui aussi, en titrant « un pater et quatre signes de croix !» C’est une rupture là aussi… Ce qui n’empêche, Bruno Jeudy, envoyé spécial du JOURNAL du DIMANCHE, de parler de sobriété. Reste qu’une phrase de son reportage donne à penser. « L’Elysée, écrit-il, a prudemment renoncé à emmener Carla Bruni-Sarkozy, afin de ne pas froisser le Vatican. Le couple présidentiel ne s’est pas marié à l’Eglise ».

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