Bonjour à tous… « Liberté, égalité, fraternité »… La devise de la République a marqué hier après-midi à Paris le premier forum pré-présidentiel de l’UMP. Le second aura lieu le 15 décembre prochain à Lyon en présence de Dominique de Villepin. Le troisième et dernier est prévu six jours plus tard à Bordeaux avec Alain Juppé. C’est Virginie Le Guay qui souligne ainsi aujourd’hui dans le Journal du Dimanche, le calendrier des forums, organisés par Jean-Pierre Raffarin, à la demande de Nicolas Sarkozy, « afin de faire vivre le débat interne à l’UMP ». Et la journaliste de préciser… « Ces forums mis en place, avant la date limite du dépôt des candidatures à l’Elysée, fixé au 31 décembre, n’ont pas vocation à être des primaires ! » C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, Michèle Alliot-Marie, candidate non-déclarée, a pu s’exprimer, hier après-midi à Paris, et intervenir 24 minutes chrono à la tribune, douze minutes de moins que Nicolas Sarkozy. Ludovic Vigogne explique dans Le Parisien ce matin que Monsieur Sarkozy et Madame Alliot-Marie, ont évité de s’affronter, esquivant le duel que certains redoutaient ou espéraient. Résultat selon mon confrère : « Ce fut un débat sans débat. Deux heures et quart de discussions politiques, ni ennuyeuses, ni passionnantes. Bizarre hein, ce ni-ni. Jean-Pierre Raffarin animateur organisateur du forum, a été, en revanche, toujours selon Ludovic Vigogne, très à l’aise, très patelin, bref très bon. Mais on s’est surtout diverti, parait-il, avec Madame de Panafieu qui dissertant sur la liberté a commis un lapsus fâcheux, en déclarant « le loup est un loup pour l’homme. » Mais non, c’est l’homme… comme le chantait Catherine Sauvage sur un texte de Léo Ferré. Virginie Le Guay, qui a assisté au même événement pour le Journal du Dimanche, s’accorde elle aussi sur le succès de Nicolas Sarkozy, et les qualités d’animateur de Jean-Pierre Raffarin. En revanche, ma consœur du Journal du Dimanche considère, que pour Michèle Alliot-Marie, le forum d’hier fut un enterrement. « Sans fleurs ni couronnes, écrit-elle. En un peu plus de deux heures au Cnit de la Défense où se déroulait le 1er forum de l’UMP, la messe d’enterrement de Michèle Alliot-Marie a été dite. « Noyée dans un débat où elle n’a pas pu, pas voulu, pas su tenir sa place, le ministre de la Défense, qui se complaisait depuis plusieurs semaines à entretenir le suspense autour de sa candidature à l’élection présidentielle, savait lorsqu’elle a quitté la réunion, sourire figé aux lèvres, que tout était fini pour elle. » Fin de citation. Reste à noter bien sûr, ce qui s’est dit tout de même dans cette manifestation, considérée par les uns comme un débat sans débat, et par les autres, comme l’enterrement d’une illusion. Aussi sur ce point, voici ce que précise Virginie Le Guay, aussi dans le Journal du Dimanche, ce matin… « Alors que Nicolas Sarkozy, visage tourné vers la caméra, prenait allègrement la parole, multipliant les saillies à l’encontre de Ségolène Royal et son récent voyage au Liban. Et les flèches contre Nicolas Hulot (dont il a moqué les tardives « révélations écologiques ») ou Gilles de Robien qui, comme chaque ministre de l’Education nationale, a-t-il dit n’a pu résister à la « tentation d’infliger une énième circulaire » aux enseignants. Michèle Alliot-Marie a docilement, attendu qu’on lui donne la parole. Et ses –timides – propositions (allègement des charges sociales, extension du chèque emploi-service aux très petites entreprises, part entière dans le calcul des impôts dès le deuxième enfant n’ont pas retenu l’attention face aux promesses affirmées du « candidat » Sarkozy qui multipliait les « si je suis élu président, je ferais »… « Si je suis élu, je proposerai une loi imposant un vote au bout de huit jours de conflit social dans une entreprise, une administration ou une université, pour que la dictature des minorités violentes ne puisse imposer sa loi sur une majorité qui veut travailler. » Applaudissements. « Si je suis élu président, je m’engage à faire appliquer les services minimum dans les transports dès le mois de juillet prochain. » Re-applaudissements. Et gros plan, au passage, sur le visage d’une Michelle Alliot-Marie qui ne pouvait qu’approuver. Où était donc sa différence ? conclut ma consœur du Journal du Dimanche. Au final, au final, souligne aussi, Jacques Espérandieu dans son éditorial… le sage forum d’hier, profite au président de l’UMP. Il facilite le franchissement des deux prochains obstacles que constitueront pour Nicolas Sarkozy les forums de Lyon et de Bordeaux. Il remet à leur modeste place les rares opposants internes. Michelle Alliot-Marie y compris. Il confirme que la machine est désormais en route. Il donne à croire qu’elle ne souffrira aucun raté. Et tant pis si ce forum a déçu nombre des 1500 militants sagement réunis. D’autant que, conclut Jacques Espérandieu cette semaine, une cerise inattendue est venue se poser sur ce gâteau de « l’union » : Dominique de Villepin, absent hier à la Défense mais qui jure accepter « les règles de sa famille ». Fin de citation. Alors il se trouve que le Premier Ministre a fait des confidences à Anna Bitton, du magazine Marianne, Il les aurait faites lors de son récent voyage au Tchad… Et la journaliste les reproduit dans Marianne aujourd’hui. C’est ainsi que Monsieur de Villepin aurait déclaré à propos du Président de l’UMP « Sarkozy est le roi de l’oxymore. C’est la rencontre fortuite, sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. » Alors Monsieur de Villepin est un fin lettré, il sait que la machine à coudre et le parapluie, définissait la beauté pour les surréalistes. Alors le même Premier Ministre, confie aussi, à la journaliste de Marianne, son sentiment sur… « L’histoire de la politique et il dit : pour un homme qui s’engage, c’est l’histoire d’un allègement. Il ne faut pas être lesté par sa volonté de revanche. Il faut s’alléger de soi. Que les blessures vous permettent de vous alléger ! » Et moi ajoute-t-il, j’assume… je ne suis pas dans l’après, je suis dans le Tout de suite. Et sur 2007, cette dernière confidence très intéressante… « Il faut voir non pas dans quel état, mais dans quel éclat, les candidats arriveront au printemps prochain ». Alors Jack Lang interviewé par Pascale Amaudric, du Journal du Dimanche, a lui aussi sa petite idée, quand il prévoit, une campagne électorale qui ne devrait pas être un lit de roses. Ce qui n’empêche pas, le nouveau conseiller spécial de Ségolène Royal de pronostiquer, le succès de la candidate socialiste. Alors Pascal Amauric dit à Jack Lang : Dites donc, la campagne soit menée par une femme, cela ne va-t-il pas vous déstabiliser, vous, le conseiller spécial ? « Je m’en réjouis plus que quiconque. Je mène ce combat de l’accession des femmes aux responsabilités depuis toujours. En 1996, j’avas écrit Le temps des femmes est venu. Ségolène, Hillary Clinton et moi-même nous nous étions retrouvés à Pékin à la conférence mondiale des droits des femmes, l’été de cette même année. L’élection d’une femme à la présidence de la République sera un événement historique, une source de rayonnement international pour la France ainsi que de transformation des mentalités. Ségolène Royal et c’est toujours Jack Lang qui parle : Ségolène Royal est par ailleurs une personnalité forte, singulière, originale. Elle a de l’énergie à revendre et une capacité de travail gigantesque. Sans parler de son regard décalé, décapant sur la société, les choses, les gens. Un regard rafraîchissant, authentique, libre. Cela me plaît beaucoup, même si je ne partage pas toujours certaines de ses analyses. Deux pages plus loin, Wolinski, apparaît beaucoup moins énamouré, quand il dessine, Madame de Fontenay, la miss des Miss, sous les traits de François Hollande, présentant les 34 candidates, au titre de reine de beauté. TF1 hier soir, a couronné la très jolie Miss Picardie, mais Wolinski lui sur son dessin croque quinze candidates en maillot de bain et elles ont toutes, le sourire et la coiffure de Ségolène Royal… Avec des banderoles, où l’on peut lire, non pas, la région d’origine, mais, des devises, puisées à la source des déclarations de la candidate socialiste… Alors ça donne ça : y’a Miss « J’écoute », y’a miss Renouveau, y’a miss Agir juste, y’a miss Désir d’avenir, y’a miss Féministe y’a miss Socialiste, y’a miss populiste, y’a miss Je pense comme vous, y’a miss Temps des femmes, y’a miss Charentaise, y’a miss Encadrement militaire, y’a miss Maternante, etc, etc… Liberté… égalité… fraternité… Pascal Sevran, s’excuse ce matin, dans les colonnes du Parisien… Il l’a dit, mais pas écrit… enfin, pas comme on l’a rapporté… Monsieur Baudillon directeur général adjoint me semble-t-il de France-Télévision a reçu l’animateur hier… Ils se sont parlé discrètement. Pascal Sevran a été conseillé par Jack Lang d’ailleurs. Mais il n’y aura pas de sanction. Et donc on verra Pascal Sevran aujourd’hui à la télévision… Liberté, égalité, fraternité… Malgré les polémiques, le téléthon lui a battu tous les records : 101 millions d’euros de promesses de dons. Liberté… égalité… fraternité et justice aussi… Hier soir, en banlieue, à Montreuil, dernière manifestation clôturant l’année de la reconnaissance de l’innocence du capitaine Dreyfus. Banquet républicain autour du maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard, d’historiens, d’intellectuels, etc … Et j’ai cité beaucoup de gens d’aujourd’hui et hier, on a cité Socrate qui disait toujours à propos des belles devises de la République : Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien, tandis que les autres croient savoir ce qu’ils ne savent pas. C’est joli ça… Il y a aussi une définition de l’intellectuel : l’intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche. Ca c’est Michel Audiard. Et puis il y a Jean-Paul Sartre qui dit : un intellectuel, c’est celui qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. Le métier des intellectuels c’est de chercher la vérité au milieu de l’erreur. Ca c’était de Romain Rolland. « Il ne peut y avoir ni vraie liberté, ni justice dans une société si l’égalité n’est pas réelle. » C’est Condorcet qui écrivait ça. L’égalité réelle !

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