Bonjour à tous… Comme tous les Valentins, j’ai rendez-vous, mercredi prochain, avec ma Valentine. Comme tous les citoyens, un vrai choix m’est offert demain. Ou bien « Vivement Dimanche », à la Télé, avec le Grand Jacques, et sa chouette épouse Bernadette dont la fête tombe le 18 février. Ou bien Marie-Ségolène au grand meetinge de Villepinte. Ou bien encore Nicolas à la Mutu, sans Johnny Halliday, mais avec ses nouveaux alliés ralliés: Glucksman, Santini, Claude Brasseur et l’ancien boxeur Jean-Claude Bouttier. Nous avons tout ce samedi, pour nous préparer, à ce 11 février, que Le Monde présente comme une folle journée, tandis que le « Figaro » écrit Sarkozy, Royal, Chirac, le tournant de la campagne est annoncé. Avec trois photos, pour illustrer ce pronostic du Figaro. Ségolène à Yad Vashem, avec cette légende : « la candidate socialiste, aborde une étape décisive en présentant dimanche 11 février la synthèse des débats participatifs et en déclinant les grands axes de son programme. Sarkozy, lui, est photographié devant l’Arc de Triomphe des Champs-Elysées, et sous le cliché, cette explication. Le candidat de l’UMP va définir dimanche 11 février à la Mutualité, l’ouverture, qu’il entend pratiquer s’il gagne, la course à l’Elysée. Quant à Jacques Chirac, il est représenté, immobile au pied des marches de l’Elysée justement, et la photo du Figaro, est ainsi légendée : « Dans un entretien, avec Michel Drucker, que France 2, diffusera demain, le Président de la République évoquera le jour, où il n’aura plus de responsabilités. » L’hebdomadaire de Jean-François Kahn, « Marianne » n’est pas en reste, puisqu’il publie aujourd’hui des extraits du livre de Pierre Péan, qui apparaissent comme une sorte de testament de l’actuel Président de la République. En effet, Pierre Péan a renouvelé avec Jacques Chirac l’expérience qu’il avait réalisée avec Mitterrand, entendez une série d’entretiens discrets à l’Elysée, entretiens destinés à être publiés au Jour J. « Chirac se confesse à Péan… » traduit Marianne aujourd’hui… Et pour vous mettre en appétit, exciter votre légitime curiosité, sur l’inconnu de l’Elysée, c’est le titre du livre de Péan, eh bien je vous livre cet extrait, sur le Chirac inculte, soi-disant analphabète que l’on nous a si souvent présenté. Le président de la République devant Péan, assume en effet, et dit, qu’il n’a rien fait pour démentir la rumeur, selon laquelle il serait imperméable à la culture. Extrait… Chirac par Chirac… « Je me disais : au moins on me fout la paix, j’ai mon domaine personnel et ce n’est pas la peine que les journalistes, pour des raisons politiques viennent mettre leurs grands pieds dans mon jardin privé. » Là-dessus, bien sûr, réussite totale… On a toujours dit, et écrit, que Chirac était un fana-mili, qu’il n’aimait que le sumo, et la tête de veau, et qu’en matière musicale, à part le clairon et les chansons de Loulou Gasté et de Line Renaud il était d’une totale insensibilité. Dans « Marianne » encore, et toujours grâce aux confidences recueillies par Pierre Péan, Jacques Chirac évoque la guerre d’Algérie, son soutien à l’ANC, l’ANC de Mandela, son problème culturel avec les américains, il ne le cache pas, il l’évoque et aussi le drame de sa vie, c'est-à-dire la terrible maladie de sa fille Laurence, la sœur de Claude Chirac. Comme quoi, il y a un temps pour se taire, et un temps pour parler… il y a une vie après la politique, et une vie avant. Et entre les deux, l’indifférence, ou le silence, quand les chiens aboient et que passe la caravane. Chirac a choisi le silence longtemps et il parle aujourd’hui. Sur le silence qui est justement le thème du billet de Robert Solé… que publie Le Monde de ce samedi. Vous me permettrez de l’évoquer tel que l’évoque Robert Solé. Le billet est intitulé : com-mu-ni-quer. Avec les syllabes soigneusement détachées. Com-mu-ni-quer. « On connaît, écrit « Solé », les Justes, ces citoyens qui, au péril de leur vie, ont sauvé des Juifs pendant le nazisme. Mais, demande le billettiste du Monde, ce samedi, comment appeler, ceux qui ont refusé d’en parler même après la guerre. Et mon confrère du Monde d’évoquer, le patron de la célèbre firme Leica, Monsieur Ernst Leitz, qui dans les années trente a aidé des centaines de ses employés juifs allemands à fuir Hitler et les siens. M. Leitz était protestant, et il ne s’est jamais vanté de son courage salvateur. Mieux, sa vie durant, il a dit à ses enfants et petits-enfants… « Faites du bien, mais n’en parlez pas. » C’est un rabbin britannique qui a révélé la semaine dernière au Financial Times de Londres l’humanisme de ce Juste allemand. Mais c’est Robert Solé qui conclut en ces termes, dans Le Monde, ce samedi… « Aujourd’hui, cette discrétion du patron de la firme Laika passerait pour pathologique. Il faut absolument « communiquer » ce que l’on a fait. Com-mu-ni-quer, pour défendre des idées, promouvoir une image ou gagner de l’argent. Tout le monde s’y est mis : les partis, les entreprises, les syndicats, les Eglises, les ONG… sans compter les mendiants dans le métro et, bien sûr, les terroristes. « Communiquer » ne signifie plus entrer en relation avec quelqu’un, mais le conquérir, le séduire, voire le piéger. Agir ne sert plus à rien si l’on ne sait pas en parler. A la limite, il n’est plus nécessaire de faire : l’important c’est de faire savoir. Et nous donc, où en sommes-nous, derrière ces micros, face à vous, qui nous écoutez. Est-ce que nous trions, comme nous le devrions le faire, le bon grain de l’ivraie. Ou est-ce que nous entretenons, nous aussi, la confusion entre communication et information. Cette semaine sur France Inter, et Demorand, et Isabelle Giordano, et Yves Decaen, et tous les autres vous ont posé en direct la question. Et c’est bien le moins… Donner la parole de temps en temps, à ceux qui ne l’ont pas, et croient que les medias, ont fait leur choix, par exemple entre les candidats à l’élection présidentielles ou ceux qui rêvent, de journalistes salomons, parfaitement purs, et neutres… Et donc, sans conviction. Nous recevons vos mails, vos lettres, nous les lisons, mais il existe auprès des candidats, il faut le savoir aussi, des officines de manipulation des medias… J’ai reçu une volée de bois vert, l’autre jour, parce que j’avais cité un samedi Bernard Henri Levy, dans Le Point, et au Parisien, quand Bernard Henri Levy dénonçait une campagne lamentable, et une candidate pas terrible, terrible… Vendu à Sarkozy, m’a-t-on dit… m’a-t-on écrit… Et pire, et pire, on m’a envoyé un mail, pour me reprocher d’avoir cité sur l’antenne de France Inter un milliardaire pseudo-philosophe. Alors est-ce que je dois taire aujourd’hui… que BHL a diné l’autre jour en tête à tête avec Ségolène au restaurant de l’Hôtel Raphaël… Et qu’il corrige le tir, ce matin, dans son bloc-notes du Point… ? Est-ce que j’ai le droit de dire… qu’Arielle Dombasle… est nue, enfin presque nue et très belle en couverture de Paris-Match…après tout, vous en jugerez vous-même… je retiens ce matin un diner avec Ségolène, bloc notes du Point. Ca commence ainsi : « Elle savait, avant de me rencontrer que je n’ai pas été, tans s’en faut, un chaud partisan de sa candidature ; Mais cela n’a pas l’air de la gêner. Et si je perçois bien, dans les premiers instants, un peu de réticence, voire de méfiance, ce qui me frappe, c’est, très vite, l’étonnante fraîcheur, la liberté de ton, du personnage… Ses gaffes par exemple… Ces fameuses gaffes dont tout Paris se gausse… Elle éclate d’un bon rire, sans coquetterie, juvénile. « C’est pas moi qui ait parlé, que je sache, de vitrifier Téhéran. » Et puis un peu plus loin, Bernard Henri Levy demande… Et où en est-elle avec ses rivaux ? Que se passe-t-il avec ce Parti Socialiste dont on ne sait plus si c’est elle qui n’en veut pas ou lui qui, face aux sondages, se met aux abris ? J’ai proposé une mission à DSK, lâche-t-elle, comme pour se justifier. Et quant à Jospin… Eh bien, quant à Jospin, je lui ai téléphoné pour l’inviter le 11 février. Mais non, il a mieux à faire. Remarquez, enchaîne-t-elle en se rasseyant, je comprends Jospin. Qu’une fille comme moi, une « Bécassine », réussisse des choses où il s’est, lui, cassé les dents, je conçois que ça le fasse rager. » Mais oui mais des choses comme quoi, demande Bernard Henry Levy. Ben comme Chevènement… Jospin n’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai pu avoir Chevènement. » Encore un mot… qu’est-ce qu’on fait ? C’est un mot pour Valentine… c’est de Valentin à Valentine… Chérie… Qu’est-ce qu’on fait ce soir… Ce soir on regarde un autre bloc-notiste… sur France 3… François Mauriac… un romancier de génie, un journaliste éblouissant et courageux. Un beau portrait nous dit le Nouvel Observateur ce matin. Un beau portrait d’un homme qui disait ceci à propos de Guernica : « Pas plus que le soleil et la mort, la guerre ne se regarde en face. » Et bien on regardera en face François Mauriac sur France-3, à 23 heures 50 ce soir.

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