Bonjour à tous… La presse de ce dimanche ensoleillé renvoie à une vieille chanson de Léo Ferré, intitulée : « Les Temps difficiles ». Avec quarante–cinq ans d’avance, l’anarchiste y disait les barbaries d’aujourd’hui, la mistoufle et l’ennui, aussi bien que les écrivains sans talent, contraints selon lui d’écrire au Figaro, « Car pour bouffer, faut ce qu’y faut »… Les temps sont difficiles ! Deux couplets de cette complainte des années soixante correspondent trait pour trait à la presse d’aujourd’hui, comme si un Léo Ferré ressuscité, les avait écrits cette nuit. « Ma femme veut jouer les Présidents Elle dit que c’est plébiscitant Pour lui montrer que j’suis un homme J’dois lui dire par référendum… Les temps sont difficiles » « L’matin c’est oui, le soir c’est non Elle tient pas compte des abstentions Ni oui ni non, ça fait coup nul V’la mon scrutin, j’garde mes scrupules Les temps sont difficiles…. » Difficiles… c’est vrai, même si en visite officielle au Kazakhstan, François Fillon a illustré sa résolution d’une formule : « Les sondages d’opinion sont balayés par le vent de la steppe ». Ce qui conduit Jacques Espérandieu, dans son éditorial du JOURNAL DU DIMANCHE à s’exclamer : "Ou bien le Chef du Gouvernement est de plus en plus modeste, ou bien il prend tardivement conscience que l’écart existant à son bénéfice dans les sondages, entre lui et le Président de la République, allait finir par lui poser quelques problèmes ». Il est vrai, poursuit l’éditorialiste, que le phénomène d’un Premier Ministre plus populaire que le Président n’est pas inédit. En leur temps, Pierre Mauroy et Jean-Pierre Raffarin connurent une ferveur sondagière, supérieure à celle de François Mitterrand et de Jacques Chirac. Mais pas avec l’ampleur d’aujourd’hui entre Fillon et Sarkozy. Ni à la suite d’un tel croisement de courbes entre le Chef de l’Etat et le Chef du gouvernement… « Qu’est-ce qui cloche ? », demande cette semaine le POINT… « Pourquoi ce décrochage de Nicolas Sarkozy dans les sondages ? ». « Pour quelle raison les Français le lâchent-ils », titre également l’EXPRESS, « avant d’évoquer une déception, nourrie selon cet hebdomadaire, de morosité économique, de rivalités ministérielles, et de critiques sur le style de Nicolas Sarkozy. Un Président pourtant élu triomphalement, il y a neuf mois, mais plus à la hauteur des espoirs qu’il a suscités », selon l’hebdomadaire et son éditorialiste Christophe Barbier. MARIANNE remarque de son côté que les mêmes qui encensaient Monsieur Sarkozy l’an passé, au point de se coucher devant lui, le lynchent aujourd’hui, selon les règles des trois « L ». « On lèche, on lâche et on lynche ». Jean Daniel dans le NOUVEL OBSERVATEUR, tente une explication, avant d’expliquer à ses lecteurs, qu’il est personnellement, quant à lui, allergique, face aux psychanalyses obsessionnelles du comportement présidentiel. « Peut-être, écrit Jean Daniel, les Français sont-ils heurtés par les trivialités de l’image que donne Nicolas Sarkozy, en préférant le jour de son élection, le Fouquet’s au Panthéon ». Le Panthéon où s’était rendu François Mitterrand en mai 81. La preuve, poursuit Jean Daniel, c’est au Premier Ministre que l’on attribue aujourd’hui le mérite, de ce que l’on retient comme positif dans la politique de Nicolas Sarkozy. Et Jean Daniel de laisser à son ami Jacques Julliard, le soin d’en dire davantage sur le même sujet, quelques pages plus loin. Julliard s’exécute en page 53 du NOUVEL OBSERVATEUR en évoquant « un Président introuvable ! ». Et oui, introuvable, c’est le Président, c’est l’Exécutif qui est introuvable. Autrefois c’était la Chambre, une certaine Chambre qui l’était. « Nicolas Sarkozy de droite ou du centre ? demande Julliard… Libéral ou dirigiste ? Au milieu des initiatives désordonnées du Chef de l’Etat, une chatte ne retrouverait pas ses petits. Et hélas le beau programme d’il y a un an cède la place à une politique capricieuse de bon plaisir ». Et voici la conclusion du chroniqueur du NOUVEL OBSERVATEUR : « La France aime bien Johnny, mais elle n’a pas élu un rocker à la tête de l’Etat ». Alors l’hebdomadaire aurait pu en rester là. Mais croit devoir ajouter une cruauté en première page sur le Président qui fait pschitt, et une flèche empoisonnée sur Internet. A savoir, « un texto attribué au Chef de l’Etat et demandant il y a quinze jours à Cécilia, son retour ».. J’évoquais ici même, hier matin, la protestation de Jacques Camus, dénonçant dans la REPUBLIQUE DU CENTRE, « le caractère détestable du procédé ». Pascale Santi, dans LE MONDE daté dimanche-lundi, y revient elle aussi aujourd’hui, en soulignant que « la mise en ligne de ce papier signé Airy Routier, suscite bien des réactions, y compris dans la rédaction du NOUVEL OBSERVATEUR ». La société des Rédacteurs de cet hebdomadaire s’interroge en effet sur l’opportunité de publier le texto en question, texto attribué au Président de la République. Mieux, demain à 15 heures, au siège du journal, une assemblée générale des rédacteurs est convoquée pour débattre – je cite – « des moyens à mettre en œuvre pour rendre compte de la vie privée des personnalités publiques ». Le PARISIEN DIMANCHE consacre un dossier complet et toute sa première page, à ce qu’il appelle « l’affaire du mystérieux SMS qu’aurait envoyé Nicolas Sarkozy à Cécilia ». Vrai ou faux, demande LE PARISIEN ce matin, en opposant Airy Routier qui persiste et signe, comme il l‘a fait hier à Canal Plus, et avant-hier sur les ondes de RMC. Tandis que l’Elysée contre-attaque, par la voix de Maître Thierry Herzog, l’avocat du Chef de l’Etat. « Halte au feu, demande Maître Herzog, en page 3 du PARISIEN ce matin, en expliquant que jamais un Président de la République n’a été aussi maltraité que Nicolas Sarkozy par les médias aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle, écrit-il, j’ai déposé plainte pour faux. Car l’article mis en ligne et le texto sont des faux grossiers. Jamais ce SMS n’a été envoyé par Nicolas Sarkozy. Nous respectons le secret des sources. Donc l’enquête, poursuit Maitre Herzog, n’identifiera pas, qui a remis le SMS à Airy Routier. Mais le journaliste du NOUVEL OBSERVATEUR devra justifier de la véracité de son texte ». Fin de citation. C’est une plainte inédite, commente le PARISIEN, qui semble s’étonner des réactions de l’Elysée, puisqu’il titre : « Sarkozy fait d’un texto, une affaire d’Etat ». Soit, cher confrère, mais je connais moi pour ma part, des journalistes lambda qui n’aimeraient pas voir leur courrier, leur SMS, leur vie privée et leur honneur, jetés comme ça aux chiens ! Olivier Ranson, le caricaturiste du PARISIEN, a bien raison me semble-t-il, d’essayer de sourire quand il dessine en page 2, un Président circonspect, qui dit : « Voyons, si tu reviens, j’annule tout. Mais à qui ai-je bien pu adresser ça… A Kadhafi, à Chirac, à Jérôme Kerviel ou à Guy Môquet ». Dans NICE MATIN, un académicien, Jean-Marie Rouard, dans sa chronique, revient lui aussi sur ces questions. Il le fait, je dois dire, assez gentiement puisque sa chronique s’appelle « Raison du cœur et raison tout court ». Et Jean-Marie Rouard écrit ceci : « Un mariage, il faut être bien grincheux pour ne pas s’en réjouir, surtout lorsque la mariée est si belle, que son époux possède tant d’indéniables qualités. Mais hélas, poursuit Rouard, nous ne sommes pas dans le cas d’une affaire privée qui se conclut à la manière la plus heureuse. Il s’agit du Chef de l’Etat et de la Première Dame de France. Est-ce qu’ils ont la liberté d’agir qu’on tout un chacun. Oui, pensent sans doute les nouveaux mariés, dans un pays qui a connu les bouleversements de mai 68, où les mœurs ont beaucoup évolué, il peut sembler en effet qu’ils aient raison. Hélas, les sondages nous disent le contraire et beaucoup de Sarkozystes fervents confient aujourd’hui leur inquiétude. Un ancien mannequin devenu chanteuse, à l’Elysée, c’est pas exactement l’idée qu’on se fait de la Première Dame de France. Ah c’est vrai, conclut l’académicien chroniqueur à NICE MATIN. Madame Bruni ne va pas tricoter des chaussons comme Madame de Gaulle ou compter des pièces jaunes comme Bernadette Chirac ». Je m’aperçois que je ne vous ai rien dit de l’affaire Martinon. Martinon dont je disais hier qu’un petit écho du FIGARO laissait apparaître que peut-être il n’irait pas jusqu’au bout à Neuilly. Le JOURNAL DU DIMANCHE y revient aujourd’hui et je vous invite à y lire une interview de Jean-François Copé, qui lui, laisse entendre que sur les prochaines élections municipales, l’UMP ne va pas se regarder mourir . C’est curieux cette manière de voir la question… Alors, il y a quelqu’un qui est mort et qu’on regrette. Je veux évoquer son nom.. c’est Bernard Loiseau… Le BIEN PUBLIC de Dijon, c’est un joli titre le BIEN PUBLIC pour un journal… Le BIEN PUBLIC de Dijon met Bernard Loiseau en couverture et écrit : « C’est un artiste éternel, il était cuisinier, homme de communication… Vous savez, Stéphane Paoli, que Loiseau s’est suicidé, mais ce qu’on ne savait pas forcément c’est qu’il était un poète et le BIEN PUBLIC de Dijon publie aujourd’hui des poésies, des poèmes, oui, de Bernard Loiseau que nous regrettons tous. Enfin, c’est la Saint Valentin le 14… Alors pour ceux qui la fêtent ou ne la fêtent pas ne râtez sous aucun prétexte, le grand entretien que publie LE MONDE aujourd’hui à la page décryptage… Ca s’appelle « Design pour l’amour » et c’est grand entretien avec Philippe Starck…Humour, paresse, sexe… voilà les valeurs qui motivent Philippe Starck. Pour lui, le beau mot d’amour ne veut rien dire… Le design ne sert pas à grand-chose. « Autant résoudre, dit-il, des problèmes concrets. Par exemple rendre sa maison confortable pour les ébats sans lui donner l’air d’un lupanar. Et il explique que les canapés d’aujourd’hui doivent servir à dormir et à y faire d’autre chose aussi.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.