Bonjour à tous… C’était un patron à l’ancienne, comme Jean Jaurès les décrivait : dur à la tâche et pas indifférent à la souffrance sociale de ses salariés… Pierre Jallatte, 88 ans, s’est suicidé d’un coup de carabine vendredi dernier, à Saint-Hyppolyte du Fort, dans le Gard, et son sacrifice fait ce matin, la première page du journal MIDI LIBRE de Montpellier. LE PARISIEN dans son édition du dimanche, résume lui aussi, aujourd’hui en première page, ce drame social lié aux délocalisations, en expliquant que Pierre Jallatte s’est tué, pour ne pas voir fermer son usine, spécialisée dans la fabrication de chaussures de sécurité. Il ne supportait pas l’idée en effet de voir, les nouveaux propriétaires du groupe, déplacer la production française en Tunisie. Avec ses conséquences dont la suppression de 285 emplois, sur les 336 de Jallatte-France situés à Hyppolyte du Fort et à Alès. Le JOURNAL DU DIMANCHE évoque lui aussi dans sa rubrique « Société » le suicide du fondateur de l’usine Jallatte, avec ce titre-cri, de l’ancien directeur de la production : « les actionnaires l’ont tué. » Ces derniers temps, Pierre Jallatte était soucieux explique Georges Argelies, son ami. Il voulait savoir, ce qu’allait devenir son entreprise, fondée en 47 et devenue leader européen de la chaussure de sécurité. Au plus fort de sa croissance, l’usine avait employé 1000 personnes et avait développé des sites de production dans les Cévennes, en Espagne, en Allemagne. Mais après le départ à la retraite de Monsieur Jallatte, il y a 24 ans, les actionnaires se sont succédé et le nombre d’employés n’a cessé de diminuer. Ce fut d’abord un fond d’investissement, puis un groupe italien « JAL », racheté lui-même, il y a deux ans, par un consortium de banques anglo-américaines. Et le 30 mai dernier… patatras. Annonce d’un plan social, repoussé jusqu’au 18 juin prochain, mais Pierre Jallatte n’attendra pas… vendredi, sans laisser un seul mot, et avant de connaître l’issue de la dernière réunion obtenue par les syndicats, à la préfecture du Gard, le patron-fondateur retraité se tue, chez lui d’un coup de carabine dans la tête. « Hier, rapportent Elsa Guiol et Nelson Charles mes confrères du JOURNAL DU DIMANCHE, hier les employés de Jallatte ont dressé un drap noir à l’entrée de la fabrique, avec photo du fondateur, et disposé un cahier d’écolier où les habitants de Saint-Hyppolyte du Fort viennent dire toute leur tristesse. Dans ce gros bourg de 3500 habitants, non loin de Nîmes, tout le monde connaissait Monsieur Jallatte. Dans chaque famille une personne au moins, travaillait chez lui, et ce week-end, tous sont effondrés… « Ce qu’il a fait, souffle Nathalie, informaticienne de 57 ans, ce qu’il a fait c’est son dernier cadeau pour nous. Comme s’il s’était sacrifié, pour empêcher que l’usine ne meure. » Avis partagé, par le journal MIDI LIBRE, qui écrit que le suicide de Pierre Jallatte traumatise les Cévennes. Extraits, glanés dans la presse de Montpellier, et dans la presse parisienne ce dimanche, et dernière touche au portrait du patron à l’ancienne… Dans les petits groupes éparpillés devant l’entreprise qui va fermer… on évoque, ces années où parfois on travaillait 50 heures par semaine. Jallatte était un patron à grande gueule, mais à grand cœur, pas un financier, comme il y en a tant maintenant dit Jean-François Anton, délégué CGT. D’autres parlent de l’homme, d’un patron qui pouvait oui, s’emporter mais qui dirigeait son entreprise comme une grande famille, qui connaissait chacun de ses employés, qui les traitait avec respect. Bons salaires, comité d’entreprise généreux, colonies de vacances, quatorzième mois… Chacun a son souvenir : Pierre Jallatte qui embauchait du jour au lendemain des habitants en difficulté, ou qui commandait une petite voiture à la femme d’un de ses cadres qui venait d’être muté sur un nouveau site, pour être sûr qu’elle ne resterait pas seule et isolée. Alors que lire derrière cela… ? Croyez-moi, ne me croyez pas… dans LE MONDE daté dimanche lundi, il y a à mon sens au moins, trois pages à consulter et méditer ce week-end. A la rubrique Culture, cette chronique d’Harry Bellet et Philippe Dagen sur la 52ème biennale d’Art contemporain de Venise. Selon mes confrères du MONDE, cette biennale est à placer sous le signe du tragique, tant elle reflète la noirceur de notre époque. Deuxième lecture à ne pas rater, à la page 13, cette interview de deux chercheurs du CNRS, qui enseignent aussi à Sciences-Po, M. Grunberg et M. Laïdi, qui invitent la gauche, à sortir de son pessimisme social. La droite… expliquent-ils… la droite voit dans la liberté, la condition même de l’égalité. La gauche, au contraire, ne croit pas que la première exigence conduise naturellement à la seconde. La vocation historique de la gauche reste donc d’accompagner les plus faibles et de veiller à ce que l’enrichissement plus rapide d’une partie de la société ne génère pas chez ceux qui en profitent légitimement un égoïsme social qui bloquerait la progression des autres et qui mettrait en danger la paix sociale, justement. Mais comment sortir du pessimisme social… quand on lit, dans la même édition du MONDE, daté dimanche-lundi en page 11 que le textile chinois est prêt à déferler à nouveau sur l’Union européenne. En effet, le système des quotas d’importation réintroduit il y a deux ans, va prendre fin le 1er janvier prochain… et c’est Le MONDE qui le souligne : la commission ne semble pas vouloir prendre de nouvelles mesures protectionnistes. Je ne sais, si Eric Le Boucher, dans la chronique économique du MONDE, dernière page, intitulée « Fin de la croissance gratuite… » critique ou commente tout cela… mais, je vais citer son préambule : Ce qu’il y a d’hyper-sympa avec l’hyper-capitalisme c’est qu’il change tout le temps et toujours beaucoup plus vite qu’on l’imagine. Voilà maintenant que la mondialisation ce serait déjà fini. Non pas les échanges, le commerce, les délocalisations en Chine. Non, non. Tout cela va continuer de plus belle. Mais l’effet sur les prix. En gros, explique Le Boucher, les petits travailleurs chinois au ventre creux en attirant toutes les productions cassaient les prix, en consommant comme des goulus, eh bien, ils les feraient maintenant monter. La pression déflationniste de la mondialisation sur les étiquettes deviendrait inflationniste. La formidable période par conséquent des quinze dernières années où l’inflation n’était plus un problème, où l’on craignait plutôt la déflation, eh bien cette période serait achevée et nous rentrerions dans une phase plus « classique » de l’économie mondiale. C’est-à-dire une croissance forte faisant chauffer les prix. Fin de la croissante gratuite en somme. Et changement complet d’une météo : le vent du Nord serait devenu vent du sud et on passerait de froid à chaud. C’est vrai ? demande le chroniqueur du MONDE. En tout cas, c’est déjà à l’origine de l’écroulement des Bourses cette semaine. Et voici sa conclusion : Attention à l’inflation… Gare aux taux d’intérêt qui vont monter. L’hyper-capitalisme est hyper-sympa, mais hyper-compliqué… Telle est en effet la conclusion de Le Boucher. Voilà j’ai gardé pour la bonne bouche quelques titres. Il y a un journal pour les jeunes, les lycéens, il s’appelle l’Actu. C’est l’essentiel de l’actualité en dix minutes par jour. Et qu’est-ce que je lis en première page : A quoi sert la philo ? C’est une bonne question à la veille du Bac. Et dessous, L’épreuve de philosophie du Bac a lieu lundi, oui, ça on le savait. L’âge de la philosophie par excellence c’est l’adolescence, nous explique le professeur d’université Christian Godin, spécialiste de cette discipline. Moi je me demande si l’âge de la philosophie n’est pas celui de Woody Allen. Il y a dans le Journal du Dimanche d’aujourd’hui une colonne qu’il faut absolument que vous lisiez. Ca s’appelle « Dernières nouvelles de Woody ». Woody Allen vient de publier un livre qui est traduit et qui sort chez Flammarion et qui s’appelle « l’erreur est humaine ». Ca coûte 19 euros. Il avait déjà fait un bouquin qui s’appelait La guerre et la paix, et il expliquait, Woody Allen, que la guerre et la paix, c’est bien, c’est un livre qui en 20 minutes parle de la Russie. Et bien dans « l’erreur est humaine », il dit ceci. Il épingle au fond tous les travers de notre société, la dictature de l’enfant roi, les délires du new âge, les sectes, le boum du kit religieux sur Internet, les livres écrits par les valets des vedettes, et puis il n’oublie pas l’obsession d’aujourd’hui, l’obsession numéro un de nos sociétés occidentales, la ligne et son corolaire, la dictature du light dans toutes les épiceries et alors il prétend qu’on aurait retrouvé dans l’œuvre du philosophe Frédéric Nietzsche un livre inédit. Un chercheur aurait mis la main sur un livre qui s’appelle « Mes secrets minceurs », ainsi parlait Zarathushtra, non ainsi mangeait Zarathushtra. Alors dans cet opus, les recettes de Woody Allen Nietzsche, sont assorties de considérations bien senties du philosophe. C’est ainsi que pour le croyant par exemple que l’idée, écrit Woody Allen, de manger des céréales au petit-déjeuner provoquent angoisse et désespoir. Mais si Dieu est mort alors tout est permis et plus rien n’interdit les profiteroles et les palourdes. Et comme j’ai sous les yeux Figaro Madame et je vois « Beauté, haut les fesses » et puis ce témoignage : Je suis ronde et alors ? Comme j’ai Fémina et que je vois : Beauté bestiale jusqu’au bout des ongles, tâchez de maigrir avant l’été. Et qu’est-ce que je vois dans La parisienne : vive le corps, c’est l’été, beauté, santé, forme, évasion, voilà et on vous explique ce que vous pouvez manger. Une question quand même : est-ce que c’est vrai ou c’est faux ? Est-ce qu’il faut manger cinq fruits et légumes par jour pour maigrir. Oui, c’est vrai. Est-ce qu’il faut marcher 30 minutes par jour pour maigrir. Oui. Le coca-cola à zéro ne contient aucune calorie. C’est vrai. L’huile d’olive est la meilleure des huiles ? Oui mais elle n’a pas d’oméga 3. Le pain fait grossir ? C’est faux !

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