La revue de presse du dimanche 10 mai est signée Pascal Dervieux:

Esclavage : la France retrouve enfin la mémoire !

Et le Parisien s’en réjouit ce matin.

Et il le fait quelques heures avant que François Hollande inaugure en Guadeloupe le premier mémorial d’Etat consacré à la traite négrière.

Il aura fallu attendre 167 ans pour que la France honore les victimes de l’esclavage, s’exclame Eric Hacquenard.

Une stupéfaction que partage Lilian Turam dans les colonnes du même journal.

L’ancien footballeur très actif contre le racisme rappelle combien l’esclavage n’est pas, notamment pour les Antillais d’origine africaine, qu’un lointain souvenir.

Son propre grand-père est né en 1908 : soixante ans seulement après l’abolition.

Lilian Turam se félicite du geste que va accomplir le chef de l’Etat : c’est un geste fort dit l’ancien footballeur de l’Equipe de France.

Demain, après la Guadeloupe, le Président de la République sera à Cuba : visite historique : la première d’un Président français.

Mais une visite très « bordurée aussi », nous prévient Mediapart puisqu’il n’y sera pas question ni des droits de l’Homme, ni d’une rencontre avec l’opposition.

Alors que le régime castriste poursuit sa normalisation diplomatique, la France veut d’abord défendre ses intérêts économiques en Amérique latine.

Alors visite historique, certes : Mediapart rappelle que François Hollande est le chef de l’Etat occidental à se rendre dans l’île.

Mais visite « petit bras », en quelques sorte puisqu’elle ne va durer qu’une seule journée.

Pour Mediapart, elle fera forcément pâle figure après la spectaculaire annonce du rapprochement américano-cubain et la poignée de main entre Barak Obama et Raoul Castro.

Dans le Journal du Dimanche, Cécile Amar elle ne fait pas la fine bouche…

Pour ma consoeur, c’est bien l’Histoire qui sera au rendez-vous à la Havane.

Elle nous rappelle que si François Hollande n’a jamais succombé aux charmes de la mythologie Castriste souvent il s’est pris à écouter les interminables discours du « lider massimo ».

Le chef de l’Etat se déclare d’ailleurs disponible pour rencontrer Fidel, même si le programme officiel ne prévoit rien de tel.

Je vous rappelle en passant que la matinale de France Inter se fera, demain en direct de la capitale cubaine .

En attendant de goûter aux charmes de la Havane, François Hollande s’est offert hier un luxe bien rare depuis le début de son mandat : un bain de foule.

La presse dominicale publie force photographies où l’on voit un président rayonnant embrasser des Martiniquais et surtout des Martiniquaises.

Et c’est vrai que cela faisait bien longtemps, que le chef de l’Etat recordman de l’impopularité n’avait vécu de tels mouvements de sympathie.

Des bains de foule, Dieu sait qu’il en a pris, lui.

Dieu sait qu’il aimait ça !

Jacques Chirac est en vacances à Agadir au Maroc.

En plus du beau temps, l’ancien Président pourra se délecter aujourd’hui d’un sondage…

mais oui : Jacques Chirac est toujours dans les sondages. Il lui arrive même d’y figurer en tête :

C’est le cas pour l’enquête réalisée par Odoxa pour le Parisien Aujourd’hui en France.

Elle est consacrée à la popularité de ces hommes – puisque nous attendons toujours une femme – à avoir dirigé notre pays sous la Ve république.

Sont exclus de l’enquête les deux premiers, Charles de Gaulle et Georges Pompidou : le sondage considère qu’il reste aujourd’hui trop peu de nos concitoyens pour juger objectivement de leur action.

Pour le reste les deux vainqueurs sont Jacques Chirac : 63% des personnes interrogées gardent de lui le meilleur souvenir.

François Mitterrand le suit de près avec 61% de jugements positifs.

Derrière, Valéry Giscard d’Estaing est le seul à bénéficier encore de l’affection d’une majorité de français : 57%.

Ses deux successeurs restent dans le rouge :

39% pour Nicolas Sarkozy.

21% pour le visiteur des Antilles - qui souffre de ce handicap tout à fait insupportable : celui d’être toujours en fonction.

C’est une vraie revanche pour Jacques Chirac, explique Didier Micoine dans le Parisien : le temps où Bernadette pouvait dire « les Français n’aiment pas mon mari » ce temps-là est bien loin.

Petit rappel : il aura fallu trois tentatives à Jacques Chirac pour « décrocher » l’Elysée. Et avant d’y parvenir, il aura battu quelques records d’impopularité : 11% d’opinion favorable en 1994 quand tout le monde le disait fini…

Que retiennent les français de si positif lorsqu’on les interroge sur Jacques Chirac ? Outre le côté sympathique et proche des gens qu’on lui prête, ils lui reconnaissent le mérite de quelques grandes décisions politiques : son opposition à la guerre en Irak voulue par les Américains en 2003.

Didier Micoine rappelle aussi les éléments les plus négatifs de sa longue carrière politique : les emplois fictifs à la mairie de Paris ou la dissolution ratée de l’assemblée nationale.

Mais mon confrère du Parisien constate en toute fin qu’à 82 ans, alors qu’il est affaibli par la maladie, la nostalgie fonctionne à plein pour lui.

Les détails de ce classement sont à lire dans le Parisien aujourd’hui.

Nous refermions la revue de presse hier avec la lettre ouverte de Jean d’Ormesson au Président de la République pour dénoncer la réforme du collège.

Najat Vallaud-Belkacem fait ce matin la Une du Journal du Dimanche :

Une ministre seule contre – presque – tous, titre ce confrère qui consacre à cette réforme du collège et au débat, pour ne pas dire à la bataille qu’elle suscite, pas moins de 3 pages, sans compter la Une.

Dominique de Montvallon constate qu’à 37 ans, après seulement 9 mois et demi passés rue de Grenelle, Najat Vallaud Belkacem a déjà réussi l’exploit de se mettre à dos à peu près tout le monde : la droite, la plupart des syndicats, presque toute la gauche et la quasi-totalité des éminences universitaires et des intellectuels.

Face à ce raz de marée, poursuit Dominique de Montvalon, l’intéressée contre-attaque sur un mode qui rappelle Claude Allègre, le pourfendeur du « mammouth » du temps de Lionel Jospin: si on me critique autant, c’est sans doute que je touche juste.

Et si les conservatismes et les corporatismes me ciblent, c’est sans doute que je suis une vraie réformiste.

Une chose est sûre : pour convaincre, la ministre a du travail.

Elle s’en explique dans un entretien avec Marie Quénet.

Interrogé toujours par le Journal du Dimanche, l’Historien Michel Winock tempère un peu, même s’il se dit tout à fait opposé à certains aspects de la réforme, dont celle de l’enseignement du latin et du grec.

Si les protestations sont aussi violentes, alors même qu’on ignore encore tous les détails de ce projet, c’est parce qu’elles traduisent surtout un questionnement sur l’identité nationale estime Michel Vinock. Depuis une vingtaine d’années, la société française a été confrontée à des bouleversements sans précédents.

Il faut- l’accepter, le comprendre : la France ne sera plus jamais ce qu’elle a été ».

Vous l’aurez compris, avec cette Nième réforme de l’enseignement, nous touchons-là un sujet qui va remplir les

colonnes de la presse française pendant… un certain temps.

Mai, joli mois de mai. Surtout en France : le pays des ponts…

C’est le marronnier de saison : un peu comme le changement d’heure. Tous les ans, on nous parle de ces ponts du mois de mai, qui coûterait des milliards à l’économie française et feraient de nous la risée des laborieux de tout poil pour qui hors du boulot point de salut.

Dans sa chronique la folle semaine de Sud-Ouest dimanche, Christian Seguin nous fait saliver d’avance.

Car nous n’avons encore rien vu : patientez donc jusqu’en 2046.

Mon confrère bordelais a déjà calculé que cette année-là, le mois de mai, grâce à un calendrier particulièrement favorable, offrira la possibilité de ne travailler que 11 jours.

11 jours payés 31.

Ce sera quasiment un mois férié, plaisante mon confrère de Sud-Ouest Dimanche.

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