Bonjour à tous. « Quand je contemple ces chiens… je regrette les loups ! » On pourrait appliquer ce mot de Victor Hugo aux clébards pressés de démontrer que le Président Obama ne mérite pas son Nobel de la Paix. Il conviendrait aussi à Frédéric Mitterrand, poursuivi une nouvelle fois aujourd’hui par la meute anti-homo qui rêve de le voir clouer au pilori. Le JOURNAL du DIMANCHE, (qui paraît le samed(i, reproduit ce matin un article du QUOTIDIEN de la Réunion, révélant – je cite – « un nouveau tracas pour le Ministre de la Culture ». Le tracas en question, c’est une lettre écrite le 18 mars dernier par celui qui était alors directeur de la Villa Médicis à Rome. Dans ce courrier, Frédéric Mitterrand témoignait en faveur de deux frères, condamnés pour viol à Saint-Denis de la Réunion. Il ne se prononçait pas sur la responsabilité des prévenus. Bien au contraire, il soulignait la gravité des faits avant d’insister sur la capacité des coupables à se réinsérer. « Donnez-moi quatre lignes de la main de quelqu’un et je me charge de le faire pendre ». Quatre lignes d’une lettre, retrouvée dans on ne sait quelle corbeille, plus quatre lignes détachées du livre « La Mauvaise vie » paru en 2005, aux éditions Robert Laffont et c’en est assez, aujourd’hui pour condamner un homme. André Gide a eu plus de chance au siècle dernier ! Lui qui avait écrit « Corydon » et déclaré sans ambages sa pédérastie et même sa pédophilie – car Gide était pédophile – n’a pas connu la même opprobe. La preuve ? En 1935, un peu plus de dix ans après la publication de « Corydon », 250 écrivains antifascistes venus de 38 pays à Paris pour dire non à l’ordre hitlérien, portaient à la co-présidence de leur comité : André Gide et André Malraux. Un pédéraste, comme on disait alors, et un opiomane ! Cela veut-il dire qu’on était plus indulgent au siècle dernier qu’aujourd’hui. Pas forcément, puisqu’à la mort de Gide, en 1951, l’intellectuel-diplomate Henri Guillemin pouvait écrire : « Gide a bien fait de s’élever contre les censures et les imprécations anti-homosexuelles. Mais je ne saurais le féliciter de tourner sa défense en éloge ». Et Guillemin d’ajouter : « que Verlaine et Rimbaud couchent ensemble comme Cocteau et Jean Marais, si c’est leur goût, c’est leur affaire, ça les regarde et je n’y vois pas d’inconvénient. En revanche, que pour s’assouvir Gide utilise des enfants, ça ne va plus et je m’insurge... » Et Henri Guillemin concluait. « La trajectoire de Gide ? Une histoire pitoyable et funèbre : un homme acharné à venir à bout de son âme dans l’intérêt de ses satisfactions sexuelles particulières… et qui n’était plus à la fin qu’une créature poreuse, vacante, inhabitée, aussi légère et sèche qu’une pierre ponce ». Mais qui lit Henri Guillemin aujourd’hui ? Qui avait lu « la Mauvaise vie » de Frédéric Mitterrand, dont Josyane Savigneau du journal LE MONDE disait en 2005 « qu’on n’imaginait pas un homme aussi délicat, aussi pudique jusque dans l’impudeur ». Face à Frédéric Mitterrand, sur TF1, avant-hier, la gentille Laurence Ferrari a avoué qu’elle n’avait pas lu « la Mauvaise vie », mais seulement des extraits parus dans la presse. « Donnez-moi quatre lignes de la main de quelqu’un et je me charge de le faire pendre ! ». Le socialiste Benoit Hamon ne l’a pas lu non plus et combien des politiques de droite et de gauche se sont lancés, dans ce que Eric Fottorino du MONDE appelle une chasse à l’homme, sans prendre le temps, de juger sur pièces, l’accusation de pédophilie portée contre Frédéric Mitterrand, par Marine Le Pen. Cécile Amar revient ce matin dans le JOURNAL du DIMANCHE sur les socialistes Benoit Hamon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg qui ont sonné la charge contre le Ministre de la Culture. Certains, écrit-elle, les accusent d’être « les nouveaux Khmers roses, les gardiens de la bonne morale, les croisés populistes… dont s’inquiétait déjà il y a vingt ans, le Président François Mitterrand. Eux, écrit Cécile Amar, se voient comme des gens sincères et de gauche et tout simplement du peuple contre les élites. « Quand un riche achète le corps d’un pauvre », dit Benoit Hamon, « c’est choquant ». Et ma consoeur de citer également le député parisien Patrick Bloche qui milita pour les Pacs. « Il ne s’agit pas, dit-il, d’un réflexe moral mais du respect de la légalité. On ne doit pas aller faire ailleurs, ce qu’on ne peut pas faire en France ». Aurélie Filipetti, la députée socialiste de Moselle qui a l’âge des quadras cités précédemment en juge autrement. Valls, Montebourg, explique-t-elle tapent au-dessous de la ceinture. Où vont-ils s’arrêter ? Si on commence à récuser un ministre parce qu’il s’est mis en danger en faisant de la littérature, on est en plein dérapage. Le JOURNAL du DIMANCHE s’intéresse aussi, à la gêne des parlementaires de droite. Selon Marie-Christine Tabet, malgré le soutien de Nicolas Sarkozy et de François Fillon à Frédéric Mitterrand, les élus de la majorité, perturbés, s’interrogent eux aussi. Ce n’est pas le cas de Jean-François Copé. « Je connais Mitterrand, dit-il, je l’apprécie et je suis ulcéré par les attaques portées contre lui par l’extrême-droite et certains socialistes ». Jean de Leyzieu dans l’HUMANITE, juge méprisable les amalgames et les chasses à l’homme conduites par l’extrême-droite et accompagnées par certains quadras socialistes. Le PARISIEN a le sentiment que la tempête s’apaise, mais s’inquiète – je cite- d’une nouvelle affaire Mitterrand. Anne Fulda, dans le FIGARO, considère avec Jacques Séguela, que Frédéric Mitterrand à la télé, l’autre soir, c’était une séquence historique, un aussi beau moment qu’Isabelle Adjani venant expliquer à Patrick Poivre d’Arvor qu’elle n’avait pas le sida. Séguela appelle cela la génération QE, quotient émotionnel… supérieur au QI d’autrefois… Et selon lui, mieux vaut le QE d’un Mitterrand, que QI d’un croque-mort moraliste que je ne nommerai pas. A propos… vous souvenez-vous… du QE et du QI de la génération Pompidou. Celle qui eut à connaître la tragédie de Gabrielle Russier, morte d’aimer. Elle était prof… et elle aimait un de ses élèves adolescents… Plainte des parents… Scandale… et suicide de Gabrielle. Conférence de presse à l’Elysée. Question au Président Pompidou de Jacques Chapus de RTL sur Gabrielle Russier, morte d’aimer un de ses élèves adolescents. Réponse du Président : Comprenne qui pourra. « Comprenne qui voudra Moi mon remords ce fut La malheureuse qui resta Sur le pavé La victime raisonnable A la robe déchirée Au regard d’enfant perdue Découronnée défigurée Celle qui ressemble aux morts Qui sont morts pour être aimés » Mais qui lit aujourd’hui Paul Eluard ?

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