Bonjour à tous… « Il neigeait. On était vaincu par sa conquête, Pour la première fois l’aigle baissait la tête… Sombres jours ! L’empereur revenait lentement, Laissant derrière lui brûler Moscou fumant. Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche. Après la plaine blanche une autre plaine blanche. On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau. Hier la grande armée, et maintenant troupeau » L’éditorialiste qui signe ce poème que l’on pourrait dédier à Brice Hortefeux et François Fillon s’appelle Victor Hugo. Il l’a titré « l’Expiation » et fait figurer dans « les châtiments » que vous pourrez relire à vos enfants en leur rappelant la retraite de Russie, la Bérézina et Waterloo, «Waterloo, Waterloo morne plaine comme une onde qui bout dans un urne trop pleine ! ». La presse est pleine elle aussi aujourd’hui d’arguments polémiques sur les atrocités neigeuses de mercredi dernier. Pourquoi, demande le FIGARO, les experts de Météo-France ont-ils sous-évalué l’épisode neigeux ? Prévisions trop optimistes ou problème de communication ? Allons donc, proteste LIBERATION, c’est François Fillon qui a jeté un froid et échauffé les esprits en mettant en cause Météo-France. Et Fabrice Tassel de citer Nicolas Sarkozy qui a corrigé le tir en déclarant vendredi : « Je rends hommage au travail de tous les fonctionnaires qui ont fait tout ce qu’ils ont pu pour essayer d’éviter les désagréments ». FRANCE SOIR, de son côté, dresse le florilège des petites phrases de Thierry Mariani, le nouveau secrétaire d’Etat aux transports. Nous nous en tiendrons ce matin, à la dernière, prononcée hier sur Europe 1 : « J’assume», a-t-il dit, « les couacs de la crise. Météo-France a fait son travail. La prévision était bonne mais pas exacte ! ». Et Monsieur Mariani a complété cette bizarrerie en déclarant : « Je ne maintiens pas que Météo-France s’est plantée. Je dis que les prévisions étaient différentes ». La presse, LIBERATION en tête, reproduit aussi, la juste, mais étonnante réaction de Nathalie Kosciusko-Morizet : « Il y a des choses qui ne peuvent pas forcément être traitées de manière préventive. Ainsi, quand la neige tombe, il faudra attendre qu’elle soit tombée pour la ramasser ». La ministre de l’écologie a une excuse, comme le relève LIBERATION… « Mercredi elle était à Cancun, où il faisait beau et chaud ». Mais attention, comme le souligne Christel de Taddeo dans le JOURNAL du DIMANCHE, qui consacre deux pages à l’autopsie d’une pagaille blanche, la neige revient mercredi prochain. Et ma consoeur de se référer, non pas à Météo-France, mais au privé Météo-Consult pour envisager 20 à 30 centimètre de neige sur le Nord du pays. Avec des températures comprises entre moins cinq et moins dix… Ensuite ça ira mieux jusqu’à Noël, avec une prévision d’un temps froid et sec. On verra bien. En attendant, si vous écoutez ce samedi la radio, bien au chaud, et si vous avez le cœur à rire des embarras nés du climat, ne ratez sous aucun prétexte la chronique d’Alain Rémond dans MARIANNE intitulée : « Etes-vous pour ou contre la neige ? ». Le chroniqueur de MARIANNE et de LA CROIX remarque plaisamment qu’il n’y a pas de sondage sur ce point. Et c’est dommage selon lui… car ça dépend ! Si on est bloqué sur la route, à 3 heures du matin, on est contre la neige. En revanche, si on est peinard à la montagne, et en plein soleil, on est pour ? Verve identique de Robert Solé dans le MONDE d’aujourd’hui. Son billet est intitulé « Bison futé » et commente plaisamment la réaction de Brice Hortefeux déclarant « Généralement, une pagaille est indescriptible. Or, la réalité de la situation démontre qu’il n’y a pas de pagaille ». Traduisons, le langage parlé du ministre de l’Intérieur, poursuit Robert Solé. « C’est vrai, une pagaille ne peut être qu’indescriptible. Là où nous ne sommes plus dans un débat sur l’incurie des pouvoirs publics. Nous touchons à l’âme d’une Nation : sa langue. Une pagaille est indescriptible, de même qu’un scandale ne peut être que « véritable », un duel «serré, une confiance « aveugle » et un bison « futé ». Le lendemain, pressé de questions, le ministre s’est exclamé : « Plutôt que disserter sur la pagaille, je préfère livrer bataille ». Cinq pieds de trop pour un alexandrin, mais une rime parfaite. Notre Bison futé est un poète pouet pouet ». Trois sujets de débat encore dans la presse du week-end. WikiLeaks… les socialistes entre Ségolène, Martine et Dominique Strauss-Kahn et la chaise vide du Prix Nobel chinois Liu Xiaobo à Oslo. OUEST-FRANCE parle de situation inédite depuis 109 ans. Et François Sergent dans LIBERATION souligne la faiblesse d’un régime, riche, puissant, avec un taux de croissance à 2 chiffres et 1,300 mille millions d’habitants et qui a peur d’un dissident pacifique. LIBERATION dresse aussi la liste des pays absents à la cérémonie. Outre la Chine bien sûr, l’Afghanistan, l’Arabie Saoudite, Cuba, l’Egypte, l’Irak, l’Iran, Tunisie, Vénézuéla et Vietnam. Ont-ils peur aussi des pressions chinoises ? WikiLeaks… contre résolument Claude Imbert dans le POINT… Pour Jean-François Kahn dans MARIANNE et aussi l’ancien ambassadeur d’Israël en France, Elie Barnavi. Gare aux marteaux-piqueurs de la transparence, écrit Claude Imbert, avant de rappeler que la démocratie (aussi) pourrit la tête. Mais se moque Jean-François Kahn, dans le monde entier, toutes les Pravda ont dénoncé la dictature de la transparence. Y compris en France, comme Ben Ali, comme Poutine, Berlusconi et le gouvernement chinois. Rien de plus logique. Elie Barnavi, quant à lui, voit dans WikiLeaks la fin d’un monde, ou d’une certaine conception des relations entre états. Et il écrit : « Il se trouve que j’ai été, comme ambassadeur, le témoin involontaire de l’inanité de cette fonction aujourd’hui. La règle est simple, et cruelle : plus une capitale est importante, et moins l’ambassadeur y est important. La faute aux moyens de communication modernes ; les dirigeants se parlent au téléphone ou prennent l’avion pour se voir. Lui est réduit au rôle de maître de cérémonie, et, s’il fait correctement son travail, de communicant en chef et d’agent d’influence. Talleyrand n’était peut-être qu’une franche crapule, mais ses missions diplomatiques avaient tout de même une autre allure… Du moins me suis-je bien gardé de rédiger des télégrammes ; pas de peur qu’ils ne tombent sous des yeux indiscrets, mais parce que je n’y voyais pas grand intérêt. Et, comme il fallait bien sacrifier au rituel, mes adjoints s’en chargeaient fort bien ».

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