Il ne faut sans doute pas toujours croire ce que nous disent les chanteurs. Voilà maintenant une semaine que l’on s’inquiète pour la santé de Michel Polnareff.

 Michel Polnareff
Michel Polnareff © AFP / NICOLAS MAETERLINCK / BELGA

Une semaine que ses proches et ses médecins expliquent qu’il est extrêmement souffrant – « insuffisance respiratoire », et il aurait frôlé la mort… Mais tout cela pourrait bien n’être que du pipeau. Comme une grosse intoxication médiatique. C’est ce que nous raconte ce matin Renaud Revel dans LE JOURNAL DU DIMANCHE, qui nous fait le récit de ces journées qui ont fait « vaciller la star ». Heure par heure, minute par minute : un récit qui vient contredire la version officielle.

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L’histoire commence le jeudi 1er décembre, quand Polnareff atterrit au Bourget, à bord d’un jet en provenance de Bordeaux, où il a donné un concert la veille. Malgré une sinusite persistante qu’il soigne aux antibiotiques, « il reste en possession d’une sacrée voix », a noté le quotidien SUD OUEST. Dès son arrivée au Péninsula, le palace parisien où il doit séjourner jusqu’au spectacle prévu le lendemain salle Pleyel, il se dirige au bar, où il commande plusieurs cocktails. Puis il part dîner dans un restaurant russe. Repas si arrosé qu’en fin de soirée, l’artiste est pris de vertiges et s’effondre sur la table. Son garde du corps doit le traîner jusqu’à son hôtel, où il comate jusqu’à 13 heures. Mais à son réveil, il était, dixit son garde du corps, « en pleine forme ». Et pourtant, dans les heures qui suivent, on apprend que Polnareff ne se produira pas salle Pleyel, devant laquelle les spectateurs se massent déjà depuis longtemps.

Le chanteur diffuse sur Facebook une vidéo dans laquelle il explique son forfait : « Je suis dans un état d’épuisement total. » Ses producteurs ne comprennent pas, et envoient alors un huissier de justice au Péninsula. Huissier qui dresse un procès-verbal : « 18h31, assis au bar devant un verre rempli, je constate la présence d’un homme d’âge mur, les cheveux frisés mi-longs de couleur blond clair, portant des lunettes foncées et équipées de verre miroirs. Je reconnais l’homme comme étant Michel Polnareff. »

Fureur des producteurs, qui écrivent à son avocat. Deux concerts annulés – celui de Paris et de Nantes le samedi : ce sont près de 500.000 euros qui sont en jeu.

Le soir, Polnareff dîne tranquillement au restaurant, puis vers 23 heures, il appelle un médecin, mais celui-ci ne trouve rien d’alarmant dans son état. D’ailleurs, le lendemain, le chanteur fait savoir qu’il ira finalement à Nantes, pour le tout dernier concert de sa tournée. Et puis, en fait, non : il change d’avis en début d’après-midi. Et c’est alors qu’on apprend qu’il a été admis à l’Hôpital américain de Neuilly : admis pour « insuffisance respiratoire »… L’information est diffusée à 14H55… Curieux, car sa voiture n’est entrée dans le parking de l’établissement que dix minutes plus tard.

Très curieux également : les communiqués qui vont suivre. Après avoir diagnostiqué « une embolie pulmonaire bilatérale engageant son pronostic vital », son médecin annonce un rétablissement spectaculaire : « il est sorti d’affaire ». Mais au même moment, certains de ses proches évoquent son « combat difficile » et assurent qu’il est encore « sous oxygène ».

Bref, tout cela sent la mise en scène. Il n’avait pas envie de chanter. Juste envie de boire et manger. Et surtout boire, en l’occurrence. Et pour ne rien devoir aux organisateurs des concerts, il a fait croire à tous qu’il était gravement malade. Voilà, du moins, l’hypothèse de Renaud Revel dans le JDD. Photo du chanteur à la Une, avec ce titre : « L’étrange mal de Michel Polnareff ».

Il ne faut sans doute pas toujours croire ce que nous disent les chanteurs… et les politiques non plus, d’ailleurs.

Sur le site de MARIANNE, on peut lire ainsi que le nouveau ministre de l’Intérieur a gonflé son CV. Bruno Le Roux se prétendait « ancien élève » des prestigieuses écoles HEC et l’ESSEC… Et c’était du pipeau. HEC et l’ESSEC : c’est ce qu’on pouvait lire dans son curriculum vitae, disponible jusqu’à jeudi sur différents sites officiels. Mais Etienne Girard, de MARIANNE, a mené l’enquête : impossible de trouver traces du passage du ministre dans les annuaires des deux écoles de commerce. Son cabinet a reconnu « une erreur ». Une « erreur » de qui ? De ceux qui ont rédigé la biographie de Bruno Le Roux. Erreur que, pendant des années, lui-même n’a cependant jamais pris le temps de corriger. Mais désormais, c’est chose faite : depuis vendredi, la mention des deux écoles a disparu de son CV.

François Hollande, lui, a fait HEC. Et ce qu’on apprend cette semaine, c’est qu’il aurait aussi pu devenir banquier d’affaire.

C’est à lire dans l’hebdomadaire LE UN. Un numéro qui nous éclaire sur la personnalité complexe du chef de l’Etat, et notamment sur son rapport ambigu à l'autorité. « Hollande, merci pour ce moment » : c’est le titre du UN, dans lequel le banquier Michel Jacob témoigne donc de l'intérêt méconnu de l’actuel président pour le métier de banquier d'affaire. Michel Jacob avait rencontré Hollande en 1993, alors que celui-ci venait de perdre son siège de député. La finance, à l’époque, n’était pas son ennemie, et Jacob lui avait alors proposé de rejoindre la banque d'Edmond de Rothschild. Cependant, avant de l'embaucher, ce dernier voulait s'assurer que l'ex-député ne solliciterait pas de nouveaux mandats. En somme : que pour lui, la politique, c’était fini. François Hollande a réfléchi. Puis convenu, finalement, que le virus de la politique était trop fort. Et il n'est donc pas devenu banquier d'affaire chez Rothschild.

Contrairement, donc, à son futur et ex-ministre Emmanuel Macron, lequel fait, ce matin, la Une d’une partie des journaux.

La Une de L'INDEPENDANT, le poing droit levé : « Emmanuel Macron cartonne ». La Une de LA PROVENCE, le poing gauche levé : « Macron déchaîné ». Il est également à la Une de SUD OUEST DIMANCHE, qui évoque « la démonstration de force de Macron ». Cette fois, l'ancien ministre à la main posée sur le cœur. Des photos prises hier, lors du son meeting à Paris, où plus de 10.000 militants de son mouvement "En marche" sont venus écouter celui qui se présente maintenant comme « le candidat du travail ». « Libérer le pays par le travail » : citation à la Une du COURRIER PICARD – avec un cliché qui le montre les bras écartés, quand il a hurlé "Vive la France"... Hier, Macron a donc dévoilé ses premières idées et, selon le quotidien, il a franchement « réussi son entrée en campagne ». Bémol, néanmoins, sur HUFFINGTON POST, aux yeux duquel Macron a surtout distribué les promesses et les cadeaux, « mais sans toujours dire comment il allait les financer ». Cependant, en termes d’image, tous les journaux conviennent que ce premier grand meeting était important. « Macron a su montrer ses muscles », note ainsi LE JDD.

Et pourtant, pas un mot sur lui à la Une du PARISIEN – il est question de lui en page 4, mais à la Une, pas un mot : celle-ci est entièrement consacrée à un autre candidat à l’Elysée. En l'occurrence, Manuel Valls, qui dévoile au journal à la fois ses motivations et son projet d'une République qu'il souhaite « ferme et bienveillante ». Sur la photo, il pose les mains jointes… On dirait un premier communiant. Mais les mots contredisent l’image, comme en témoigne la citation à la Une : « Ma candidature est une révolte », lance-t-il... Une "révolte" ? Quelle révolte ? L’explication se trouve dans le cœur de l’interview : il s’agit d’une révolte face à la défaite annoncée de la gauche au mois de mai prochain. « La gauche est challengeur, mais je crois que nous pouvons gagner », avance-t-il, en confiant qu'il n’est pas « né avec l'idée » qu'il serait un jour chef de l'Etat, mais qu’aujourd’hui, il est « prêt » à le devenir.

Des dizaines de morts et plus de 160 blessés. Les journaux reviennent sur le double attentat perpétré hier devant un stade de foot en Turquie... « Carnage à Istanbul », titre LA DEPÊCHE DU DIMANCHE. Et malheureusement, ce n’est pas du pipeau.

Les girafes menacées d’extinction. Leur nombre a chuté de 40% en 30 ans… C’est à lire dans LE JOURNAL DU DIMANCHE et là encore, malheureusement, ce n’est pas du pipeau.

Et puis, pour finir, je vous conseille la lecture du formidable dossier que le magazine WE DEMAIN consacre aux poupées. Mais pas n’importe quelles poupées : des créatures de silicones qui, au Japon et pas seulement, accompagnent le quotidien de plus de plus de personnes… Elles viennent combler le manque d’amour, elles viennent combler la solitude… Souvent, elles sont très, très jolies. Enfin, quand on y met le prix. Et ceux qui les achètent leur parlent comme si elles étaient vivantes. Sachant que l’intérêt de ces poupées, c’est qu’elles ne disent jamais ‘non’… Nouvelle preuve qu’il ne faut pas toujours croire ce que nous disent les chanteurs.

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