« Ce n’est pas la profession qui honore l’homme, mais c’est l’homme qui honore la profession. »

C’est à Louis Pasteur qu’on doit cette citation. Pasteur, chimiste et physicien de formation, pionnier de la microbiologie qui, de son vivant même, connut la célébrité pour avoir mis au point le premier vaccin contre la rage.

Louis Pasteur était donc microbiologiste. C’était sa profession. Et les faits ont montré qu’il lui avait rendu honneur. Grâce à ses découvertes, le grand scientifique a honoré sa profession. Ce que tentent aussi de faire celles et ceux qui aiment profondément leur métier, mais, par moments, ce n’est pas simple, ainsi que le racontent les journaux.

Pas toujours simple, par exemple, la profession d’avocat

C’est ce que montre, ce matin, LE PARISIEN DIMANCHE. Récit de Nathalie Revenu, qui nous raconte le quotidien de l’avocat Philippe de Veulle. « Une arme sous la robe de l’avocat » - c’est le titre du papier, dans lequel on apprend que, depuis quelques mois, le quinquagénaire ne sort plus sans son Glock 26. Attribut incongru pour un membre du barreau de Paris – d’habitude, ce pistolet semi-automatique ultra-compact accompagne les policiers chargés des protections rapprochées. « C’est mon assurance-vie, mon seul espoir de m’en sortir si je suis attaqué », confiePhilippe de Veulle, précisant qu’il ne quitte son arme que lorsqu’il entre au palais de justice, car il est alors escorté.

La raison de cette situation ? C’est qu’il est l’objet de menaces – des menaces jugées particulièrement sérieuses, depuis qu’il est partie prenante dans le dossier de l’attentat du musée tunisien du Bardo, lequel a fait plusieurs victimes françaises le 18 mars 2015.

Philippe de Veulle défend cinq des vingt-deux victimes de l’attentat et, à maintes reprises, il a mis en cause « les manquements sécuritaires de l’Etat tunisien ». « Sur les quatre gardes affectés ce jour-là à la surveillance du musée, trois effectuaient leur pause de midi à la buvette et le quatrième était malade. S’ils avaient été en poste, il y aurait eu moins de victimes », assure-t-il, indiquant qu’il attend de la France qu’elle demande des comptes au président tunisien.

De surcroît, il estime que dans ce dossier-là, la justice tunisienne n’est franchement pas très claire. Six complices présumés des deux terroristes ont ainsi été relâchés au mois d’août 2015. L’avocat dénonce rien moins que de supposées sympathies islamistes du juge d’instruction tunisien chargé de l’affaire. Des griefs qu’il a relayé dans la presse tunisienne, comme dans quelques médias français, et c’est depuis que l’avocat a reçu de multiples menaces.

Des appels anonymes sur son téléphone portable

Personne au bout du fil. Trois appels le week-end dernier. Des menaces par mail également. « La justice divine vaincra ». Et en novembre, une vidéo macabre envoyée sur son compte Twitter : une vidéo du couple de policiers tués à coups de couteau dans les Yvelines...

C’est suite à cela que le ministère de l’Intérieur lui a délivré exceptionnellement une autorisation de port d’arme. « La pression est insupportable », reconnait Philippe de Veulle. « Elle l’est aussi pour les victimes que je défends. Mais je ne laisserai jamais tomber. » Pas toujours simple, donc, le métier d’avocat...

Pas très simple, non plus, le métier d’opposant à Vladimir Poutine

Là aussi, faut la vocation... C’est ce qu’on se dit à la lecture du reportage d’Emmanuel Grynszpan dans LE JOURNAL DU DIMANCHE. Pendant plusieurs jours, il a suivi le jeune Alexeï Navalny, l’opposant au régime de Moscou, qui sillonne le pays en vue de l’élection présidentielle qui aura lieu l’an prochain.

Il est à la tête d’une association de lutte contre la corruption, une association qui ne cesse donc de mettre en cause le pouvoir absolu du monarque Poutine. Les proches de Navalny racontent les difficultés qu’ils rencontrent pour faire campagne.

Chaque fois, les propriétaires des salles réservées se dégonflent au dernier moment. Lorsque l’opposant arrive dans une région, accompagné de son équipe, il constate une épidémie de fermeture de salles. L’un des gérants confie qu’il a reçu un coup de fil dissuasif des autorités : on a menacé de lui retirer sa licence.

Et les représailles peuvent même prendre des formes violentes. Fin mai, le fils du propriétaire d’une salle louée par l’équipe d’Alexeï Navalny a été tabassé par sept individus armés de battes de base-ball.

Cela dit, l’anti-Poutine parvient parfois tout de même à tenir des meetings. Il dénonce les malversations du régime et des leaders locaux appartenant au mouvement pro-Poutine « Russie Unie ». Il dénonce le bidonnage des scores du parti au pouvoir et le désastre économique de sa politique.

Lui, il promet d’améliorer le niveau de vie des Russes, mais aussi d’en finir avec le monopole du régime sur l’information. Mainmise, notamment, sur la télévision – télé dont l’opposant est soigneusement exclu. Raison pour laquelle c’est essentiellement sur les réseaux sociaux, mais aussi sur YouTube que Navalny fait la promotion de son programme.

Sachant que le Kremlin fait tout pour l’empêcher de se présenter à la prochaine présidentielle. En plus du blocus médiatique : des campagnes de calomnie et des tentatives pour faire interdire son parti. Il y a même eu une agression physique, c’était au mois d’avril : un produit chimique projeté sur son visage l’a rendu partiellement aveugle de l’œil droit. Incident qui, bien sûr, a révolté ses proches, lesquels disent aujourd’hui craindre que Navalny ne soit assassiné, comme le fut Boris Nemtsov.

Pas évident non plus, le métier de Premier ministre du Royaume-Uni

Après les législatives, c’est même devenu extrêmement compliqué pour Theresa May. Très affaiblie après son revers électoral, la première ministre est contrainte à une entente avec les unionistes nord-irlandais, ultraconservateurs et europhobes. Un accord a d’ailleurs été trouvé hier, accord « sur les grandes lignes » a-t-elle précisé.

« L’alliance forcée de Theresa May pour trouver une majorité », commente sobrement LE MONDE, tandis que le JDD explique que l’alliée en question, la Première ministre d’Irlande du Nord, est « une alliée empoisonnée ». Arlene Foster, c’est son nom, fut un temps empêtrée dans un scandale financier. Opposée à l’avortement, elle est anti-mariage gay et détient, selon un sondage, le titre du leader d’Ulster « le moins digne de confiance et le moins sympathique ».

Hier, à sa Une, le DAILY MIRROR évoquait, dès lors, « une coalition des cinglés ». Sachant que si Theresa May s’accroche aujourd’hui à son poste, les commentateurs s’accordent à dire que sa position est éminemment précaire. « Elle est cuite », note ainsi le SUN, tandis que SUNDAY TIMES rapporte que cinq ministres britanniques ont invité Boris Johnson, le chef de la diplomatie, à prendre rapidement la place de la chef du gouvernement.

Et là, on songe à la citation de Ronald Reagan. « La politique est supposée être la seconde plus ancienne profession du monde... Mais j’ai réalisé qu’elle ressemble beaucoup à la première. »

En France, c’est ce dimanche qu’a lieu le premier tour des élections législatives

Et le sujet fait bien sûr la Une d’une bonne partie des journaux. « C’est reparti pour un tour », titre ainsi LE COURRIER PICARD, en expliquant que ce scrutin vient clore le cycle électoral de ce printemps 2017, et en rappelant les chiffres-clés avant d’aller voter. « 7.877 candidats pour 577 sièges », précise de son côté LA DEPÊCHE DU DIMANCHE, tandis que PRESSE OCEAN évoque un « tour de chauffe ». Une question dans LA VOIX DU NORD : « Vers le renouveau annoncé ? »

Confirmation dans LE MONDE, qui estime que ce premier tour devrait être la première étape d’un réel chamboulement à l’Assemblée Nationale, d’autant que, quelque que soit la tendance politique, ces élections législatives vont consacrer l’arrivée d’une nouvelle génération d’élus. « La politique est peut-être la seule profession pour laquelle nulle préparation n’est jugée nécessaire. » Là, c’est une citation de Robert Louis Stevenson, qui n’avait sans doute pas tort...

Pour sa part, CENTRE PRESSE s’intéresse aux « députés qui ont marqué l’histoire de l’Aveyron ». Même esprit dans LA PROVENCE, qui présente les grandes figures historiques qui ont marqué l’Assemblée, mais aussi les grands textes de loi qui y ont été débattus.

Manière d’insister sur l’importance du rôle des parlementaires, et donc sur l’importance de se déplacer aujourd’hui pour aller glisser un bulletin dans l’urne. « Les enjeux nationaux sont réels et les batailles locales très indécises » écrit le quotidien sur une photo de l’hémicycle et sous ce titre : « Mais si, votez ! »

D’autres professions sont mises en avant dans la presse

  • Profession bouquiniste

C’est à lire dans MARIANNE, qui évoque « les derniers des Mohicans ». A Paris, notamment, 217 vendeurs de livres anciens sont répartis sur les quais de la Seine. Soit 3 kilomètres de quais et 300.000 bouquins contenus dans 900 boîtes de couleur « vert wagon » - la même couleur que le métro et les colonnes Morris.

Mais, nous explique l’hebdomadaire, la profession serait en voie de disparition, parce que les clients disparaissent, explique une figure du métier : « Mes clients sont en train de mourir et j’ai très peu de jeunes lettrés. Notre mode de vie a changé, le rapport au temps n’est plus le même. Qui peut lire aujourd’hui un bouquin trois heures de suite être interrompu par le téléphone ? » Et il ne donne pas la réponse.

  • Profession princesse

Pas très simple non plus. Si l’on en croit GALA, la princesse Kate Middleton ne serait pas celle qu’on croit. Pas aussi douce, pas aussi calme. Deux membres de son personnel ont claqué la porte récemment – une secrétaire et la nounou des enfants de la duchesse de Cambridge. Kate serait, paraît-il, beaucoup trop exigeante avec le petit personnel.

  • Enfin, profession journaliste

Là, parfois, c’est tout de même sympa. Nouvelle vie pour notre confrère Frédéric Taddéi. Après Actuel, Radio Nova, Nulle Part Ailleurs, D’Art, d’Art, le voilà directeur de la rédaction de LUI. Un nouveau directeur pour une nouvelle formule d’un magazine qui offre à sa Une la jolie Ana Girardot, et à l’intérieur, de nombreuses et jolies photos de femmes nues. « C’est la place la plus cool, la plus glamour, la plus enviable de la presse française », écrit Frédéric Taddéï dans son édito. « Après cela, je pourrai mourir ou me retirer sur une île, je me serai bien amusé.»Il y a quand même des métiers qui font rêver...

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