Bonjour à tous… Faut-il se méfier de la douceur des temps. Nous aurions eu, paraît-il, l’hiver le plus clément que nous ayons jamais connu. Les buissons au bord des chemins ont des duvets adolescents. Les passereaux du printemps pépient de joie. Le monde serait-il devenu idyllique ? C’est Yves Harte, le rédacteur en chef de Sud-Ouest Dimanche, qui commence ainsi son éditorial aujourd’hui avant de dénoncer le projet de création d’un ministère de l’immigration de Nicolas Sarkozy. Ministère amer, insiste mon confrère, avant d’expliquer que la raison de cette annonce est probablement due au score annoncé par les sondages. Des sondages montrant que François Bayrou chatouille les moustaches sarkozystes et entame les mollets royalistes. Et voilà pourquoi Nicolas Sarkozy aurait donné sciemment cette veille de joli printemps, un coup de barre à droite et adresser une œillade louche à Jean-Marie Le Pen. Tactique, stratégie, péripétie… à chacun d’en juger. En ce week-end atomique qui voit Jacques Chirac prendre congé des français au moment précis où François Bayrou triomphe dans un sondage IFOP réalisé pour le Journal du Dimanche. Parce que voilà ça y est, c’est fait, le troisième homme de l’élection présidentielle, l’UDF, le béarnais qui parle à l’oreille des chevaux est à égalité avec Ségolène Royal, la madone de l’été… Imaginez mes sœurs, mes frères, auditrices, auditeurs de France Inter… les ventes du Journal du Dimanche qui publient aujourd’hui 11 mars, the sondage IFOP où l’on voit Bayrou recueillir oui, le même pourcentage d’intentions de vote que Ségolène Royal… Oyez, oyez confrères peut-être encore mal réveillés… La nouvelle nouvelle que vous attendiez soit parce que vous aviez parié sur le candidat centriste une caisse de vin comme le député UMP Dominique Paillet, soit parce que vous vous étiez publiquement prononcé pour François Bayrou et donc contre Ségolène et Nicolas… Je pense à vous mes camarades et d’abord à toi Jean-Marie Cavada, ancien PDG de Radio France et depuis quelque mois, militant du bayrouisme vivant, je pense à toi Alain Duhamel qui t’es vu écarté provisoirement de France 2 et RTL, pour avoir choisi Bayrou devant tes étudiants, à toi Philippe Lapousterle ancien de radio Monté Carl… et désormais conseil avisé, très avisé du coureur de fond de l’UDF, à toi Philippe Meyer qui déclara l’autre jour, sur France Culture tes bons sentiments bayrouistes avant de proposer à tous les journalistes de ce pays d’indiquer leur propre choix au lieu de le cacher hypocritement… Je pense à toi aussi Jean-François Kahn qui décrit cette semaine dans Marianne, ce que tu appelles oui, le centrisme révolutionnaire de François Bayrou, ton candidat… A part ça, les copains, Bayrou aurait été selon vous, le maltraité des médias, l’oublié de TF1 et des rédactions sommées paraît-il, de rouler, pour un seul homme, Nicolas Sarkozy. Au moins la rédaction de Marianne a-t-elle choisi cette semaine la transparence totale en publiant les intentions de vote de tous ses rédacteurs. Ils ont choisi. Pour Jean-François Kahn, le PDG, je vous l’ai dit, ce sera Bayrou…Pour Maurice Szafran, le directeur de Marianne, ce sera Ségolène Royal…. Jacques Dion votera blanc. Périco Legasse choisit Dupont-Aignan… Anna Alter regrette l’effacement de Villepin…Quant à Jean-Claude Jaillette, le rédac’chef du service société de Marianne, il regrette l’absence de Nicolas Hulot… Ah, écrit-il d’ailleurs à son propos, c’est assez joli : si seulement Monsieur Hulot n’était pas parti en vacances… Marianne a poussé l’expérience jusqu’à faire voter tous ses rédacteurs, tous ses journalistes… Voici les résultats. 36 % des suffrages vont à François Bayrou… 36 % vont à Ségolène Royal… égalité par conséquent… Dupont Aignan le gaulliste indépendant, suit à 8 %. Quant à Besancenot, Marie-Georges Buffet et Nicolas Sarkozy, ils sont tous les trois à 2 %, et donc les très mal aimés de Marianne… mais ça on le savait. On le savait en ce qui concerne Nicolas Sarkozy surtout… Un poil plus scientifique tout de même… même si comme on le psalmodie avant chaque élection, un sondage n’est qu’une photographie d’un moment… voici oui, le sondage du jour qui n’émeut, parait-il, ni Jean-Louis Bianco, ni François Hollande mais dont tout le monde va causer partout… partout à Bayonne… et pas seulement à Bayonne ou je suis mais à Paris où vous êtes, et en Normandie et en Alsace. Oui François Bayrou est au coude à coude avec Ségolène Royal… Alors je lis page 2 du Journal du Dimanche. D’abord le titre, « coup de tonnerre »… Ensuite la question posée par l’IFOP aux 881 personnes de l’échantillon représentatif de la population française… question posée le 8 et le 9 mars dernier… Si dimanche prochain, 11 mars, c’est-à-dire aujourd’hui, avait lieu le 1er tour de l’élection présidentielle, pour lequel des candidats suivants, vous prononceriez-vous ? Nicolas Sarkozy, 28. Ségolène Royal, 23. François Bayrou 23. Jean-Marie Le Pen, 13. Besancenot, 3,5. Marie-George Buffet, 2. Laguiller 2. Ce sont des pourcentages… José Bové, 1,5. Dominique Voynet, 1. De Villiers, 1. Ne se prononcent pas, 4 % des personnes interrogées par l’IFOP. Alors je laisse de côté pour ne pas abuser de votre patience… Des mais, des si, de l’élection virtuelle… je laisse de côté l’autre situation proposée aux lecteurs du Journal du Dimanche… celle d’un premier tour, sans Jean-Marie Le Pen, si d’aventure le leader du Front National n’avait pas ses signatures. Un mot cependant de ce sondage commenté par Jean-Luc Parodi, dans le Journal du Dimanche aujourd’hui. Premier tour donc, avec Le Pen absent, cela donnerait 34 % des suffrages à Nicolas Sarkozy. 25 % à Bayrou et 24 % à Ségolène… Et comme disait l’ancien premier ministre canadien, Pierre Elliot Trudeau, si ma tante avait des roulettes, ce serait un autobus… Une surprise sondage suffit en effet. C’est d’ailleurs ce que signifie Jacques Espérandieu, dans son éditorial du JDD intitulé ce matin, « grand écart », quand il écrit : et 1. Bayrou triomphant qui oblige la gauche à donner des gages au centre. Et 1 le Pen menaçant qui contraint la droite à des clins d’œil en direction des électeurs du Front national. Est-ce que, interroge mon confrère, la campagne de Nicolas Sarkozy ne va pas finir par pâtir de ce grand écart-là… A lire dans le même Journal du Dimanche, eh oui Nicolas Sarkozy justement qui dit, avant l’intervention télévisée de Jacques Chirac ce soir, ce qu’il attend du président de la République… c’est en page 3 de ce journal qui fait décidément très fort aujourd’hui avec cette interview exclusive du candidat de l’UMP par Florence Muracciole et Virginie Le Gay. J’ai détaché quelques extraits et quelques questions chocs : Qu’est-ce que vous attendez de Chirac… Réponse de Nicolas Sarkozy : s’il devait m’apporter son soutien, ce serait un événement politique important. Qu’avec son expérience, il dise qui lui semble le plus apte à diriger les affaires de la France, voilà qui aurait du poids… Deuxième question… Mais dites donc, vous êtes le candidat de la rupture … C’est peut-être un peu délicat d’obtenir le soutien du président sortant… Réponse de Nicolas Sarkozy : Si Jacques Chirac devait me soutenir, est-ce que cela voudrait dire que je lui ressemble ? Je n’ai pas toutes ses qualités (ça c’est malin)… Nous avons eu des désaccords, et si les français me faisaient confiance, je ferai de la politique d’une façon différente… c’est une question de tempérament, de génération, d’histoire personnelle. Alors encore une question sur Bayrou… Ah ça, c’est pas mal. Qu’est-ce que vous pensez de François Bayrou ? Réponse de Nicolas Sarkozy.… sa stratégie a déjà été utilisée en France sous la 4ème république, ou en Italie aujourd’hui, c’est la stratégie des majorités d’idées. … Dans ce système, celui qui appuie sur l’accélérateur est toujours moins fort que celui qui appuie sur le frein… Ah oui, disent mes consœurs du Journal du Dimanche… mais comment vous expliquez la montée en puissance de François Bayrou, Monsieur Sarkozy… Réponse de Nicolas : pour un candidat qui se disait boycotté par les médias, j’aimerai entendre son commentaire, il bénéficie en réalité du trouble de la gauche autour d’une candidate qui a du mal à rassembler son camp… Voilà, vous lirez tout seul, les questions sur Le Pen parce que il y en a… et sarkozy dit : comment, il n’y a pas plus anti-Le Pen que moi. J’en aurai fini quand je vous aurais dit que, dans la tribune de Genève hier, il y avait un constat… Je cite le titre de la Tribune de Genève … « Chirac président, il est tout sauf royal. Il se résigne à passer la main »… La presse française est plus élégante pour un homme qui, depuis, oui, 50 ans fait partie de notre paysage comme Mitterrand et avant lui, de Gaulle… Pierre Péan n’a pas tort d’écrire que Chirac a sa part de lumière… D’ailleurs, Chirac reconnaît volontiers qu’il a loupé bien des choses pendant ces deux mandats. Raymond Barre en revanche dans Le Parisien interviewé ce matin persiste et signe en s’affirmant victime depuis l’attentat de la rue Copernic, je cite : d’un lobby juif de gauche… lobby juif de gauche… bigre, Monsieur Barre, même si on veut bien vous croire quand vous affirmez que l’antisémitisme et le racisme sont contraires à vos convictions personnelles. Voilà j’en ai fini… Ah, un petit scoop très intéressant tout de même… Je lis dans l’Indépendant catalan en gros titre : « Le petit maire de l’Aude a ses 500 signatures ». Il en a 539 exactement. Le maire de l’Aude, le maire de Maillac, c’est Monsieur Gérard Schivardi. Ne me demandez pas combien il fait dans les sondages, il est à un demi-point…

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