Bonjour à tous… Finie ou presque la tempête Mitterrand ! La presse ce dimanche découvre enfin d’autres centres d’intérêt que la campagne répugnante ciblée sur le Ministre français de la Culture. PRIMO : La Turquie et l’Arménie ont signé hier à Zurich un protocole qui met fin à près d’un siècle d’hostilité et l’événement n’échappe pas au journal LA PROVENCE. Il faut dire que la communauté arménienne est largement représentée à Marseille. SECONDO : Les Bleus ont triomphé samedi à Guingamp de la petite équipe des îles Féroé (5 buts à zéro) et leur victoire remet autant de baume au cœur de Raymond Domenech que du QUOTIDIEN du SPORT, lequel titre aujourd’hui « Finis les regrets, bonjour l’espoir ! ». TERTIO : Il y aurait, selon le JOURNAL du DIMANCHE, du nouveau sur l’affaire Ben Barka non élucidée depuis 44 ans. QUARTO : La CROIX, le PARISIEN, OUEST-France, le journal l’ALSACE de Mulhouse redécouvrent ensemble Jeanne Jugan que l’Eglise canonise aujourd’hui au Vatican. Ce pourrait être un quizz. Connaissez-vous Jeanne Jugan ! Et bien non ! L’Abbé Pierre, Mère Teresa, Sœur Emmanuelle, nous autres journalistes, avons eu l’occasion de les interviewer. Jeanne Jugan… certainement pas. Il faut dire que la fondatrice des Petites Sœurs des pauvres, que Benoit XVI canonise aujourd’hui, en présence de François Fillon, est née en 1792 à Cancale, en Ille-et-Vilaine, à une encablure du Mont Saint Michel. En 1796, nous apprend LA CROIX, elle a 4 ans et son père meurt en mer. 1808, sous Napoléon, elle devient aide-cuisinière. Aide-infirmière sous Louis XVIII. En 1823, elle commence à visiter les pauvres, refuse le mariage avec un marin et choisit Dieu et la prière, jusqu’à former une association charitable pour accueillir les pauvres âgés. Elle avait, souligne aujourd’hui LA CROIX, un sens inné de la communauté humaine et aujourd’hui encore ses héritières, les Petites Sœurs des pauvres, accueillent dans leurs maisons de retraite, les personnes âgées les plus démunies, poursuivant ainsi l’intuition prophétique de leur fondatrice Jeanne Jugan. Chacun sait que l’iconoclaste Jacques Prévert dénonçait volontiers les associations charitables et redoutables, de charité et de redoutabilité… et priait en déclarant : « Notre père qui êtes aux cieux, restez-y et nous nous restons sur la terre qui est si jolie ». Néanmoins je suis sûr, qu’il aurait lu, comme tout le monde ce matin, la page que signe Philippe Baverel, dans le PARISIEN, sur Jeanne Jugan… la grande… petite sœur des pauvres… Le portrait de la nouvelle Sainte commence ainsi : Au jeune marin qui la demandait en mariage, Jeanne Jugan avait répondu : « Dieu me veut pour lui. Il me garde, pour une œuvre qui n’est pas connue ». 130 ans après sa mort, poursuit Baverel, l’œuvre a survécu, avec un succès qu’elle n’imaginait pas. Dans 32 pays, 2.710 petites sœurs des pauvres accueillent dans 200 maisons de retraite, près de 15.000 personnes âgées, plus ou moins dépendantes ou handicapées. Et le journaliste du PARISIEN d’ajouter : « c’est un modèle pour nous aujourd’hui, le contre-modèle étant, cette maison de retraite de Bayonne, qui a fait l’actualité cette semaine. A quoi sert une canonisation demanderont les auditrices-auditeurs, qui croient au ciel ou n’y croient pas… Remédier à l’oubli et rappeler une époque pas si lointaine où les pensions, les retraites et les maisons de retraite, publiques ou pas, n’existaient pas. Au passage, la presse dominicale nous informe sur le processus de canonisation et le nombre des saints du calendrier. Il n’y a pas de place pour tous, puisqu’ils sont 798. Quant au délai nécessaire pour être canonisé, cela peut aller de quelques années… à plusieurs siècles. Jeanne d’Arc brûlée en 1431 a du attendre 1920. Mais les choses sont allées plus vite pour la béatification de mère Teresa. Disparue en 1997… elle a été béatifiée six ans plus tard. Un record. Pour la canoniser, il ne lui reste plus qu’à faire un miracle… reconnu… et hop là ! Si le temps au Vatican est long, long, long… il l’est aussi à Paris en matière d’élucidation policière et judiciaire, surtout quand l’Etat y met ce qu’on appellera, une certaine mauvaise volonté ! D’où les 5 colonnes à la une du JOURNAL du DIMANCHE, à propos de révélations sur un dossier oublié, l’affaire Ben Barka. Une affaire qui commence à l’automne 1965, Boulevard Saint-Germain à Paris, date de la disparition de l’opposant marocain Medhi Ben Barka. Des collectionneurs ont gardé les numéros de l’EXPRESS de l’époque et des articles courageux et bien informés qu’y signaient Jacques Derogy et Jean-François Kahn. D’autres ont encore en mémoire les noms des Marocains Oufkir, Slimane, Chtouki et des Français Figon, Le Ny, Boucheseiche, Voitot. Un demi-siècle de mystère revisité sur trois pages du JOURNAL du DIMANCHE qui publie les révélations d’un baroudeur-écrivain, spécialiste des coulisses de la Vème République… Monsieur Georges Fleury. Pour moi, déclare Monsieur Fleury, qui aurait découvert un dossier de la gendarmerie… pour moi Ben Barka a été incinéré, près de Paris dans l’Essonne. Question de Laurent Valdigué à Monsieur Fleury. « Vous avez été proche de Pierre Messmer avant sa mort. Lui avez-vous parlé de Ben Barka ? ». Réponse : « Il était toujours très évasif, il disait que c’était du passé. Une fois, à propos d’une autre affaire, Pierre Messner s’est fâché et m’a dit : « Fleury, je n’ai jamais eu besoin de faire appel à des truands. J’avais assez de volontaires à la Sécurité militaire ». Question : « Qu’avez-vous fait de ce dossier ? » Réponse : « Je l’ai rangé chez moi. J’ai fait cinquante-quatre livres depuis 1973, je n’ai jamais voulu m’attaquer à l’affaire ben Barka, la plus glauque de toutes. Je croyais que cet épisode était oublié depuis longtemps. Et puis j’ai vu qu’un juge d’instruction français avait toujours une enquête en cours. J’ai repensé à ce dossier et j’ai eu un mal fou à le retrouver dans mes archives. Mais il était là, intact. En le relisant, j’ai découvert que la justice, dès 1966, s’était intéressée aux Marocains à l’encontre desquels le juge d’aujourd’hui lance en vain des mandats d’arrêts ». En vain, parce que depuis 1965, la réponse sur l’affaire Ben Barka et les rapports franco-marocains sont toujours les mêmes… Illustrés par Coluche : « Circulez, il n’y a rien à voir ». Affaire Frédéric Mitterrand. Je disais, la presse passe à autre chose. Néanmoins le Ministre sera chez Michel Drucker à Vivement Dimanche, mais enregistré mercredi. En revanche on peut lire dans NICE MATIN sous la plume de Georges-Marc Benamou : « Fondée sur des affirmations déformées sur de douteux amalgames, confusion volontaire entre pédophilie et homosexualité, entre prostitution et tourisme sexuel, l’affaire a flambé. Comme fleurissent les affaires à l’heure de la blogosphère, véritable accélérateur des pires rumeurs ». Tout le monde est tombé dans le panneau tendu par la fille du leader de l’extrême droite- la droite qui n’aime pas ce ministre d’ouverture. L’opposition, et d’abord les jeunes socialistes, qui se sont joints, la tête la première à la meute d’extrême droite. Hamo, Montebourg et autres néo-socialistes, dont au passage Jospin prédisait cette dérive populiste à l’instar, disait-il, de Marcel Déat, néo-socialiste des années 30 passé au nazisme.

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