Bonjour à tous. Dieu est-il de gauche ? C’est le magazine chrétien LA VIE qui pose cette question aujourd’hui. Un 11 septembre ! Au lendemain de la fin du Ramadan et à quelques jours de Kippour, en plein nouvel an juif. Dieu est-il de gauche ? La question ne va pas manquer d’intéresser aussi en Seine-Saint-Denis, où l’on fête ce week-end pour la 75ème fois, le quotidien communiste, l’HUMANITE. D’autant que le magazine chrétien LA VIE prévient ses lecteurs, que les évêques sont très fâchés par le sort réservé aux Roms, mais également par les licenciements et l’affaire des retraites. Et bien oui, écrit mon confrère Jean-Pierre Denis, l’Eglise de France est moins conservatrice qu’il n’y parait, surtout quand il s’agit de défendre la dignité humaine. François-Régis Hutin, chrétien lui aussi, se veut plus avancé ce matin, quand il écrit dans OUEST-FRANCE que certes, l’abandon de la retraite à 60 ans apparaît comme un recul. Mais s’empresse-t-il d’ajouter, cet avantage, ce bénéfice des dernières décennies, était-il acquis pour toujours ? Et il conclut : le monde change et nous devons faire face à ses nouveaux défis. Réplique du journal LA MARSEILLAISE, « ce sont les plus vulnérables qui payent, la solidarité est en souffrance ». En attendant, ça y est, si tout n’est pas dit sur les retraites : le FIGARO, le JOURNAL du DIMANCHE, le PARISIEN et le REPUBLICAIN LORRAIN, relèvent en bonne place que l’Assemblée hier a enterré la retraite à soixante ans, dont on jouissait depuis Mitterrand. En effet, les députés ont adopté les articles-clés du projet de loi, dont le passage à 62 ans et le principe des 67 ans sans décote. Dieu est-il de gauche ? Et qu’en ait-il de la vie qu’on vit dans nos chers vieux pays. Quatre bonnes lectures sur ce point. D’abord dans le JOURNAL du DIMANCHE, cette prise de position du sociologue Jean Viard qui s’écrie : « La vie s’allonge, on ne va pas pleurer ». Et le sociologue, directeur de recherche au CNRS, fait les comptes que les politiques n’ont pas su faire ou ont oublié. C’est ainsi qu’en France, une vie c’est en moyenne 700.00 heures. Le travail, pénible ou plaisant, nous en prend en moyenne toujours 70.000. Soit 10 %. En 1900, à la belle époque, nos arrière-grands parents donnaient 40 % de leur vie au travail, quand ils n’étaient pas rentiers. D’où cette réflexion de Jean Viard : « En un siècle, nous avons bâti une société de vie longue et de travail court, encadré par un droit social considérable. Merci Jaurès, Blum, Marx… Relisons Zola, et considérons que nos enfants vivront 100.000 heures de plus que nous ». Alors demande Jean Viard, pourquoi ces peurs, pourquoi ces angoisses, puisque en 150 ans de luttes et de négociations on s’était arrêté à la retraite à soixante ans… Un chiffre qui fera sourire demain ? Peut-être répond le sociologue, parce que l’Europe n’a pas su sacraliser son modèle social. Que faire alors, en attendant peut-être que la gauche demain, et Dieu avec elle, revienne sur les lois votées sous le gouvernement Sarkozy-Fillon. Jean Viard suggère qu’un temps de vie supplémentaire peut se gagner, en fermant la télévision… Nous y passons, dit-il, 100.000 heures ! Il faut donner du temps au temps, disait Cervantès, avant Mitterrand. Bruno Frappat dans LA CROIX, ne se demande pas si Dieu est de gauche, de droite ou du centre. Mais il peste contre les machines destructrices de l’emploi des hommes et inhumaines. Insérez votre carte, tapez votre code, n’oubliez pas le ticket. Retirez le reçu. Voulez-vous effectuer une autre opération… Confirmez, validez. Vous serez facturé au tarif local. Partout, écrit Frappat, téléphone, administrations, services public, stations-service, banques et bientôt caissières… croiser un regard, discuter, échanger, expliquer, rire devient impossible. Les machines n’ont pas le sens de l’humour. Et c’est ainsi que les emplois, insidieusement sont supprimés. Et le chroniqueur d’en venir aux questions sociales du moment, avec cette question qui taraude les experts… Comment éviter la galère du chômage ? Et les autorités qui serinent aux Français. « Il va falloir travailler plus et plus longtemps ». Mais où, demande faussement candide, le chroniqueur de LA CROIX, avant de répondre à la façon de Boris Vian… Il y a quelque chose qui choque là-dedans. J’y retourne immédiatement. Au passage, Frappat d’écrire ce que pourrait reprendre mot pour mot, Pierre Laurent à la Fête de l’Humanité : la dénonciation parano de cet empêcheur de marcher en rond qu’est le salarié. Extrait : « Le salarié est l’ennemi de la rentabilité : il coûte, il râle, il fait grève, il veut des augmentations, il prend des congés, il ne travaille pas aisément jour et nuit, il se syndique, il veut la retraite à soixante ans, il a des états d’âme. Pas la machine. Elle se détraque de temps en temps, certes, mais pas autant que les travailleurs avec leurs satanés arrêts de travail et congés maladie. Elles ne font jamais d’enfants, les machines, donc pas de congés maternité. C’est quand même formidable de penser qu’un jour, peut-être, on pourra se passer complètement de la présence humaine et de l’activité des gens dans la quasi-totalité du système industriel, commercial, médical, touristique, culturel. Et d’envisager une humanité entière se tournant les pouces tandis que ronronneront les écrans, cliquetteront les cliquets, résonneront les bips de toutes sortes. Chaplin l’avait déjà montré dans sa célèbre et monstrueuse machine des Temps modernes crachotant un petit bout de métal devant un ouvrier attentif ». Mais alors, me direz-vous, si Dieu est de gauche, le diable est de droite ? Et le diable ici, c’est évidemment Nicolas Sarkozy ! « Le voyou, le nul, le dangereux », comme le rappelle ce matin le PARISIEN, en reprenant quelques titres et quelques couvertures de la presse française et étrangère de ces dernières semaines, avec cette question du PARISIEN. Peut-on tout dire au président ? Pourquoi tant d’irrespect à son égard. Et puisque le tabou est tombé, est-ce une dérive ou un retour de bâton, pour un homme qui s’est beaucoup exposé. Les réponses les plus intéressantes sur cette question d’une présidence pas comme les autres. Vous les trouverez sous la plume de Claude Imbert dans le POINT de Jean Daniel et Denis Olivennes dans le NOUVEL OBSERVATEUR. Les derniers cités ont déjeuné avec Jacques Julliard à l’Elysée le 2 septembre dernier, et évoquent ensemble ce qu’ils appellent l’illusion populiste du Chef de l’Etat… J’y reviendrai demain matin, si vous le voulez bien, comme je reviendrai sur deux lectures nécessaires, à qui ne veut pas mourir idiot ce week-end. Pierre Rosanvallon dans le JOURNAL du DIMANCHE et Raffaelle Simon dans le supplément magazine du MONDE.

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