Que peut-on lire ce matin dans les journaux ?

Et bien comme hier, et avant-hier, et avant-avant-hier, et ainsi depuis 15 jours, les Jeux de Londres : pour ceux qui commenceraient à en avoir – comment dire - un peu marre, pour ceux qui vivent comme une épreuve la litanie quotidienne de ces épreuves, une bonne nouvelle, c’est bientôt fini ! Ce soir, la cérémonie de clôture. C’est la « dernière marche » comme le dit joliment L’Equipe en sa Une ce matin. Et c’est l’heure des comptes : le Journal du Dimanche se penche ainsi sur « les vrais gagnants des JO », quand le Parisien salue, comme de nombreux titres en région ce matin, la médaille d’or en VTT de Julie Bresset, une Bretonne, comme n’oublient pas de le rappeler – tiens, comme c’est curieux – les quotidiens bretons Ouest-France et le Télégramme .

Ce matin donc les Jeux à la Une, comme ce fut souvent le cas pendant deux semaines. « Faites vos jeux, et pourtant rien ne va plus ». C’est l’économiste et écrivain Jacques Attali qui le regrette ainsi dans L’Express de cette semaine : que les Jeux nous aient, pendant 15 jours, fait oublier la marche du monde, et notamment qu’un « peuple continue de se faire massacrer en Syrie ».

La Syrie qui pose « la question sans fin de l’ingérence », écrit ce matin La Voix du Nord . Jean-Michel Bretonnier s’interroge sur la récente sortie de Nicolas Sarkozy, appelant à une action rapide de la communauté internationale. Pour l’ancien président, il y a de grandes similitudes entre la situation en Syrie et ce que fut la situation en Libye. En clair, Alep et Benghazi c’est pareil : il faut donc une intervention militaire pour mettre fin à la répression du clan Assad contre son peuple. Mais, pour La Voix du Nord , la Syrie, ce n’est pas la Libye. « Damas joue un rôle considérable au Liban, voisin d’Israël. Le pouvoir syrien dispose d’armes chimiques. L’Iran est un puissant allié. La Chine, pas plus que la Russie, ne veut d’une intervention militaire ». Jean-Michel Bretonnier conclut : « la stabilité de la région, la sécurité d’Israël, l’avenir des fragiles révolutions arabes, les efforts des Occidentaux pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, comptent au moins autant que la souffrance infinie du peuple syrien ».

Actualité internationale encore avec cette devinette, que le magazine Le Point posait cette semaine : « Quelle est l’économie dont la croissance, ces 10 dernières années, a été plus forte que celle du Brésil ou de l’Inde ? ». Réponse : c’est celle de l’Afrique sub-saharienne.

Si ce n’est déjà fait, je me permets de vous conseiller la lecture de ce dossier de 30 pages – du Point donc - intitulé « L’Afrique n’est pas celle que vous croyez ». Un dossier qui bouscule les idées reçues sur cette Afrique noire, qui malgré les guerres et les tragédies, bat des records de croissance.

De l’Afrique, nous allons en Chine : étonnant reportage de la correspondante dans ce pays du magazine La Vie , sur cette coutume, interdite sous la révolution culturelle, et qui revient dans les campagnes : les mariages entre morts.

Les familles de deux jeunes défunts, qui le plus souvent ne se connaissaient pas, s’associent pour marier leurs deux enfants. Parce que leurs esprits seront ainsi comblés, et que ces familles pourront alors connaître chance et fortune. Parce que certaines familles ne veulent pas marier leur deuxième enfant si l’aîné, même décédé, n’a pas eu cette chance. Ou encore parce qu’une jeune femme décédée ne peut accéder au statut d’ancêtre si elle n’a pas été mariée.

Signalons que ces épousailles entre morts donnent lieu à une vrai cérémonie, à une vraie fête entre les deux familles, et à une dote pour celle de la mariée, dote sur laquelle la maîtresse de cérémonie, la marieuse, prélève une confortable commission.

La Vie qui se penche sur le mariage entre morts, ça ne s’invente pas !

A propos d’amour toujours, le désamour dont se sentent parfois victimes les roux, les rouquins, les rouquines. C’est Marianne qui s’est fâché – tout rouge bien sûr - cette semaine : car il est de bon ton – et ce depuis l’Antiquité – de se moquer des roux, constate Marianne .

De se moquer, voire de les harceler. Les Egyptiens voyaient ainsi dans leur chevelure flamboyante la marque de Seth, le frère maléfique d’Osiris. Au Moyen Age, le roux est forcément un fourbe, et la rousse bien pire, une sorcière, ou une trainée. On estime ainsi que 20.000 rousses seront brûlées vives sous l’Inquisition. Plus proche de nous, au 19ème siècle les médecins restaient convaincus que la rousse porte en elle le gêne de la prostitution.

Pourquoi ? Et bien parce que « quand on n’a pas d’explication scientifique, on laisse place aux préjugés, à l’irrationnel » explique une chercheuse. Mais aujourd’hui on sait ! Que la rousseur est due à une anomalie sur un chromosome, qu’il existe 2% de chances de naître roux, même sans antécédents familiaux : fin donc de la discrimination ! Que nenni ! Elle se poursuit. Par les blagues de cours de récré : « Un roux ne vieillit pas, il rouille » ou encore « Un roux ne vole pas, il carotte ». Quand ça ne vire pas à l’incitation à la haine : en 2008, un ado canadien a lancé sur internet une « Journée nationale du coup de pied aux roux ». Résultat : des dizaines d’agressions, verbales ou physiques. En 2011 encore, la plus grande banque de sperme au monde a décidé de refuser les dons des roux : pas assez de demandes, a expliqué la banque.

Mais ça va changer. Marianne constate que la révolution rousse est en marche. Que les séries américaines ont récemment magnifié le potentiel érotique des rouquines, que la dernière Miss France est rousse, même si c’est une fausse rousse, et que l’héroïne du dernier film Disney-Pixar, « Rebelle » est une magnifique rouquine.

Le roux a enfin la cote. Terminons sur cette note d’espoir, on va peut-être enfin cesser de leur mettre des bâtons dans les… roues bien sûr.

Ce qui nous permet de nous quitter en musique, avec Simply Red, tout simplement roux, ce groupe britannique ainsi baptisé en honneur de la couleur des cheveux de son chanteur…

Son “Money’s too tight”, de Simply Red

© Samuel Etienne

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