Bonjour à tous. Pendant trente-huit jours, trente-huit nuits… Eric Damfreville, travailleur humanitaire de l’organisation non gouvernementale « Terre d’Enfance » aura vécu, attaché, bâillonné, quelque part en Afghanistan… Les talibans qui le détenaient depuis le 3 avril dernier l’ont relâché, comme ils avaient relâché, il y a quinze jours, Céline Cordelier, une jeune française travaillant elle aussi pour la même ONG. Eric Damfreville, arrive à Paris aujourd’hui. Selon LE FIGARO , il est très affaibli et affecté, du moins peut-on l’imaginer, par le sort des trois otages afghans, toujours aux mains des talibans. Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, le Quai d’Orsay, ont travaillé conjointement et discrètement à la libération d’Eric Damfreville, et restent mobilisés pour obtenir un sort identique, en faveur des trois autres otages de « Terre d’Enfance ». Alain Barluet n’est pas trop optimiste et souligne dans son article que le sort des trois Afghans, enlevés avec Eric et Céline, semblait hier, très incertain. Il rappelle aussi que les preneurs d’otages (très au fait de la politique française) exigeaient le départ de nos troupes, présentes à Kaboul, mais avaient repoussé le 26 avril dernier, leur ultimatum, suite à cette déclaration de Nicolas Sarkozy : « La présence à long terme des troupes françaises en Afghanistan ne semble pas décisive. »L’HUMANITE relève de son côté, que les fondamentalistes avaient annoncé dès le lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy, qu’ils attendraient la formation du nouveau gouvernement français, pour négocier la libération de leurs otages, sur la base de leurs demandes. Jean-Hébert Armengaud cite dans LIBERATION , l’un des chefs tribaux, M. Youssouf Ahmadi, expliquant que les talibans espèrent que le nouveau président français appliquera la promesse qu’il a faite. Et mon confrère d’en profiter, pour évoquer, sinon le retrait prochain des troupes françaises, du moins « l’expression d’une réelle lassitude de notre diplomatie alors que la situation militaire ne cesse de se dégrader sur le terrain. » Comme quoi, la politique étrangère, curieusement oubliée dans la campagne électorale, revient en force chez nous, comme elle s’est imposée dans l’Angleterre de Tony Blair, et l’Amérique de George Bush. Ce qui n’empêche pas, et c’est bien normal, quotidiens et hebdomadaires, de n’avoir d’yeux que pour les socialistes, engagés à La Mutualité, dans une opération « explication des gravures ». Et pour Nicolas Sarkozy, confronté au casse-tête bien connu de la formation du gouvernement. Sur le premier thème, les manchettes des quotidiens nationaux et régionaux, sont très explicites… Pour LIBERATION , les leaders socialistes sont à couteaux rentrés… c’est-à-dire que les lames sont aiguisées, mais les élections législatives de juin… contraignent Mme Royal, M. Hollande, M. Strauss-Kahn, M. Fabius et les autres, à laisser les épées dans leurs fourreaux. D’où ce commentaire dans LIBERATION : « Même si les 400 dirigeants socialistes, réunis à Paris aujourd’hui, jouent l’apaisement, la question du leadership reste en suspens. » Moralité, on va serrer les dents et les coudes… Mais cela n’empêche pas l’eurodéputé, Vincent Peillon, d’expliquer à Libé , que les socialistes sont tous coupables de l’échec, et qu’ils auraient dû travailler à leur rénovation, dès l’échec de Lionel Jospin en 2002. Manuel Walls, le député d’Evry, ne dit pas autre chose au PARISIEN . Laurent Fabius, prône lui aussi en page 4 de LIBERATION , l’unité dans l’adversité mais il est plus critique que ses camarades socialistes. On aurait dû gagner, explique-t-il. Nous avons perdu une chance historique. Cette élection était imperdable… D’où ses propositions de réfléchir et d’aller aux législatives, sans dire aux électeurs : « On a eu tout faux. Votez pour nous. » Et Fabius de souhaiter, des mots d’ordre mobilisateurs avant de camper à gauche, en affirmant : « Le PS doit se moderniser, pas se droitiser. »LE FIGARO considère pour sa part, qu’une bataille se prépare, avec un risque d’explosion du parti né à Epinay en 1971. Et le quotidien d’illustrer cette guerre du leadership avec la photo de quatre visages… François Hollande, Ségolène Royal, DSK et Laurent Fabius. L’HUMANITE précise que ce n’est pas seulement une bataille d’hommes, mais une bataille idéologique. Selon le quotidien communiste, le PS est secoué par la tentation du centre. Juste au-dessus de cette manchette, on lit une étonnante citation, qui prouve l’évolution du parti de Marie-George Buffet. Elle est de Coco Chanel, et définit le luxe… « Le Luxe, disait la géniale styliste… ce n’est pas le contraire de la pauvreté, mais celui de la vulgarité. » Le Luxe… des générations Bolloré, c’est preuve à l’appui, d’avoir reçu chez eux, gîte et couvert… Léon Blum, le roi du Maroc, Georges Pompidou… et plus près de nous : Nicolas Sarkozy… Le luxe aujourd’hui, c’est de pouvoir disposer de trois éditoriaux, bien écrits, sur la victoire de Sarkozy… et d’une liste des cent personnalités qui vont de près ou de loin, travailler avec lui… FLORILEGE Bruno Frappat dans LA CROIX considère que ça y est… la mer est calmée… « Nous ne sommes plus en 1945, nous ne sommes plus dans les « années Chirac », nous ne sommes pas encore entrés de plain-pied dans les « années Sarkozy ». Ces jours intermédiaires entre la « victoire 2007 » et l’installation à l’Elysée resteront comme une courte parenthèse de perplexité…. Un peu de calme cependant. Les mandats ne se déroulent jamais comme ils commencent. Mitterrand avait débuté encombré du « programme commun » et Chirac de la «fracture sociale ». Gageons que Nicolas Sarkozy aura l’intelligence de se défaire des postures de nouveau riche qu’apparemment aucun conseiller n’a eu l’idée de lui déconseiller. Ou la capacité de l’en détourner. » Jean Daniel, qui ne regrette pas son vote en faveur de Ségolène Royal, décrit sa résistance, et ce qu’il appelle le choc Sarkozy. « Je crois qu’elle n’a pas eu le temps de fourbir ses armes, d’ajuster son tir et de tirer les leçons de son expérience socialiste. Je crois enfin et surtout, qu’elle s’est trouvée en face d’une bête politique comme il y en a eu peu dans l’histoire de la République. Rarement un homme a manifesté pendant de si longues années autant de frénétique énergie et de pugnacité obsessionnelle pour conquérir le pouvoir et de diabolique habilité pour faire oublier qu’il l’avait bel et bien exercé. » Et enfin Claude Imbert, qui évoque dans LE POINT , la solitude du coureur de fond parvenu jusqu’à l’Elysée.

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