Bonjour à tous… « Souriez, vous êtes filmé ! » Autrefois, il suffisait de quatre lignes écrites de la main de quelqu’un, pour le faire pendre ! Désormais, c’est à Internet, que les vidéastes amateurs confient les enregistrements qui fâchent… Ceux où l’on voit, les candidats aux postes à responsabilité dire tout haut, ce qu’il ne faut surtout pas livrer à la radio ou aux journaux. Car, c’en est fini du « off », du double discours, l’un en langue de bois, bien lisse, bien policé, qui ne doit déplaire à personne. Et l’autre, mezzo voce, qui chuchote la vraie vérité. « Cher ami, je vous l’ai dit pour que vous le sachiez, mais ne le répétez à personne, car vous m’obligeriez à démentir. » « Avec un téléphone portable en poche, chaque français devient virtuellement un preneur d’images, explique ce matin, Loïc Lemeur à mes confrères du Parisien. Lemeur, on le sait sur France Inter est un passionné de la blogosphère. Il en mesure les avantages, il en connaît les risques. Ce qui lui permet de prévenir : « Le off… c’est fini ! » Désormais les politiques auront de plus en plus de mal à tenir des discours différents variables selon leur auditoire. Ils seront sans cesse en public, et ne pourront plus rien cacher. » Un cinéaste américain l’avait pressenti, il y a quelques décennies. Elia Kazan, avec son film « Un homme dans la foule »… montrait comment on pouvait, grâce au marketing, vendre un président aux américains, comme n’importe quel produit marchand. Jusqu’au jour, où le candidat en question héros du film, est piégé par une femme-amoureuse, qui le laisse dire des insanités à la télé, du genre, « bande d’imbéciles, vous allez voter pour moi, et je vais vous baiser. » Dieu merci, nous n’en sommes pas là, de ce côté-ci de l’Atlantique, mais nous y allons tout droit. Et Le Parisien comme le Journal du Dimanche, font grand cas de l’affaire de la vidéo qui empoisonne le Parti Socialiste, à la veille du choix de son candidat. C’est la lutte finale titre le Journal du Dimanche, en expliquant à ses lecteurs, que l’affaire de la vidéo, où l’on voit Ségolène Royal, inviter les enseignants à travailler davantage, envenime le fin de campagne. C’est Internet et Zizanie, écrit Florence Muracciole à propos de l’enregistrement vidéo tronqué, où l’on voit Madame Royal, proposer que les profs effectuent 35 heures de présence dans les lycées et collèges, et non pas 18. Hélas, ajoute ma consœur du Journal du Dimanche, Ségolène Royal dit aussi, ne pas vouloir le crier sur les toits, pour ne pas susciter la colère des organisations syndicales enseignantes. Raté, conclut le Journal du Dimanche car sur la toile, c’est de blog en blog, un déchainement de professeurs socialistes partagés entre ironie et colère, qui se défoulent joyeusement. En même temps, la riposte s’organise avec les porte-parole de Ségolène Royal, qui dénoncent « coups bas, méthodes inqualifiables », en désignant un élu angevin, proche de Dominique Strauss-Kahn, et supposé coupable. Karim Nedjari dans Le Parisien, avance un nom, celui du sénateur Daniel Raoul, c’est lui qui serait à l’origine de la diffusion du document vidéo, tourné en Anjou, le 21 janvier dernier. Karim Nedjari, a interrogé là-dessus M. Serge Bardy, secrétaire fédéral du PS, de Marne et Loire. Estimez-vous, que Monsieur Raoul est à l’origine de la fuite… Réponse du secrétaire fédéral : « Je ne citerai pas le nom de celui qui a déshonoré le Parti socialiste. Je n’ai pas envie de marquer un but contre mon camp. Nous sommes à Angers dans une terre de droite. Ici, nous sommes loin de Paris ! Je suis le secrétaire fédéral du Maine-et-Loire et j’ai le sens des responsabilités. Je veux continuer à travailler pour l’unité et le développement de notre fédération, qui a vu le nombre de ses militants tripler en dix mois. - A qui avez-vous donné le nom ? - Ce matin, j’ai communiqué le nom de cette personne à François Hollande. A lui et à d’autres ! » Grosse affaire, qui ne grandit pas la politique, comme l’a déploré Michel Rocard, hier soir au 20 heures de TF1, après avoir affirmé que la vidéo en question, était publique et n’avait rien de confidentiel. Et Le Parisien d’évoquer le fabuleux destin d’une vidéo, qui ouvre le débat, sur le temps de travail des enseignants. Le caricaturiste, de ce journal, s’en amuse en dessinant des profs contemplant, Ségolène Royal sur le petit écran… tandis que la candidate déclare : « Vous voyez bien que les profs ne travaillent pas assez. Ils passent tout leur temps, sur Internet. » « Ouais, grogne, sous la caricature Julien Dray porte-parole du PS, et soutien de Ségolène Royal heurté par une méthode qu’il juge malhonnête… « C’est, dit-il à Bernard Mazières, de sortir une phrase de son contexte sans offrir la possibilité d’expliquer sa démarche. Cela pose d’ailleurs le problème de l’utilisation de toutes ces bandes vidéo filmées souvent au détriment de l’intéressé. Il y a un droit à l’image qui est bafoué. Le législateur devrait se pencher sur cette question. - Va-t-il maintenir cette proposition ? Oui. Elle veut faire travailler autrement les enseignants. Le problème majeur du service public de l’Education nationale qu’elle pointe du doigt est d’être face à une fuite des bons élèves vers les établissements privés et, par ailleurs, par la mise en place à l’intérieur du système public d’un système privé de soutien qui défavorise les enfants des couches populaires. Ce débat pour les gens de gauche est un débat décisif quand on croit à l’école publique. - A quelques jours du premier tour de la primaire, redoutez-vous d’autres coups bas ? - Il y en a qui sont en train de se lâcher, ils ont tort. L’honneur du PS est de conduire le débat dans la sérénité jusqu’au bout. Il ne faut pas que ceux qui donnent le sentiment d’avoir peur du résultat pensent que la fin justifie les moyens. » « Il est temps que ça se termine », remarque Jacques Espérandieu dans son éditorial du Journal du Dimanche, avant de juger positive, la démarche de sélection des candidats, entreprise au PS. Espérandieu en profite pour juger des trois prestations des trois candidats en lice. Il juge Ségolène Royal, brillante sur les questions de société, pugnace sur les dossiers économiques, mais poussive sur le dossier international, et singulièrement le nucléaire iranien. Strauss-Kahn, lui apparaît, clair, compétent mais un peu professoral, bref propre à susciter l’intérêt, sinon l’enthousiasme. Quant à Fabius, Espérandieu considère qu’il a été très bon, sur les questions internationales, et que les sondages sont injustes avec lui. D’ailleurs, conclut mon confrère, il y a fort à parler que Fabius est celui dont le résultat réel sera le plus éloigné des sombres prévisions affichées par les enquêtes d’opinion. Au point de contraindre, pourquoi pas, la favorite à une deuxième tour déstabilisant ? Pour en juger, vous avez rendez-vous, lundi, mardi, et mercredi prochain, sur « France Inter », avec Nicolas Demorand, et les trois impétrants… Et dès aujourd’hui, vous pouvez disposer de trois interviews, préparatoires à cet événement. Ségolène Royal, au Journal du Dimanche… Laurent Fabius, au Monde, et Dominique Strauss Kahn, au Parisien… Vous pouvez aussi, jeter un œil, sur l’enquête IFOP, réalisée entre le 2 et le 10 novembre dernier, auprès des sympathisants PS. « Parmi les personnalités suivantes, qui voulez-vous voir désigner… 1) Ségolène Royal… 58 % des personnes interrogées…moins 5, sur la semaine précédente. 2) Dominique Strauss Kahn… 32%... plus 6. 3) Laurent Fabius… 9%... plus 2. Et pendant ce temps-là, écrit Olivier Picard dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, Jean-Marie Le Pen se promène… et croise Dieudonné. Le Front national prépare son programme. Un exercice parfaitement inutile puisque, manifestement, il n’en a pas besoin. Sans avoir rien dit, Jean-Marie Le Pen apparaît donc dans les sondages à plus de 15%. Et il pèse sans doute davantage dans les intentions de vote réelles des Français. De quoi justifier l’optimisme du président frontiste quand il affirmait, sans être vraiment pris au sérieux, qu’une nouvelle campagne présidentielle, à 78 ans, ne lui fait pas peur. Deux surprises pour conclure… Rugby… les français réduits à néant, par les All Black… titre l’Equipe… 47 à 3. Ce qui donne en manchette dans La Montagne… « Les Bleus n’y ont vu que du black »…

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