Si je vous dis : Lagarde, Trichet, Gordon Brown, Strauss-Kahn et Sarkozy, vous ne lirez pas les journaux aujourd’hui. Si je lance en revanche : Coluche, Buffet, Plantu, Wiaz et Wolinski, vous allez courir au kiosque avant midi. « Mieux vaut en effet un comique à portée de main", écrit ce matin Michèle Stouvenot dans le JOURNAL DU DIMANCHE, avant de rapporter cette citation d’Oscar Wilde : «Quand j’étais jeune, je pensais que l’argent était la chose la plus importante au monde. Maintenant que je suis vieux, j’en suis convaincu ». En écho dans le PARISIEN, quelques axiomes de Warren Buffet, le milliardaire américain, dont la fortune est estimée à 45 milliards d’euros et qui vient d’entrer pour 12 milliards de dollars dans le capital de la banque Goldman Sachs et dans celui de General Electric. «Le moment d’acheter», dit-il, « c’est quand personne ne veut acheter ». Ce qui ne l’empêche pas de remarquer qu’il faut savoir attendre aussi. « Dans les périodes où l’on ne trouve pas d’affaire à bon prix, mieux vaut aller faire un tour à la plage ». Et le PARISIEN d’expliquer, que l’homme le plus riche du monde peut rester des années totalement inactif. D’autant qu’il a également pour principe de n’investir que dans des entreprises dont il comprend le fonctionnement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’éclatement de la bulle Internet l’a épargné, au début des années 2000. Petit florilège, pour vous mettre en appétit des axiomes de Warren Buffet, qui a prévu de déshériter ses enfants, pour léguer la plus grosse partie de la fortune amassée, à la fondation humanitaire de son ami Bill Gates. « Quand on est très riche », dit-il, « on doit laisser suffisamment à ses gosses pour qu’ils fassent ce qu’ils veulent, mais pas assez, pour qu’ils ne fassent rien ». Autre échantillon, signé Buffet : « N’hésitez pas à investir dans une affaire, qu’un imbécile pourrait diriger, car un jour un imbécile le fera ». Ou encore : « Dans le monde des affaires, hélas, le rétroviseur est toujours plus transparent que le pare-brise ». Deux aphorismes puisés à la page 9 du PARISIEN ce matin, dans le portrait du milliardaire qui a marqué la semaine. « Comparés aux prévisionnistes boursiers, les diseuses de bonne aventure ont fière allure » C’est le premier. Et voici le second : « Quand la marée se retire, on découvre ceux qui nageaient tout nus ». Il semble que Plantu a été inspiré par ce principe de Buffet. Sur le dessin qui illustre LE MONDE, daté dimanche-lundi, et souligne la décision américaine de nationaliser partiellement ses banques, il a croqué une bande d’experts nus comme des vers. Ils ont une coupe de champagne à la main, un restant de cigare, un nœud-pap et participent au pot de départ de George Bush. L’un d’eux lit son compliment au Président, à côté d’une femme aux seins nus. « Nous retiendrons », dit-il, « des ces 8 ans passés ensemble à la Maison Blanche, deux choses. Ton missel et tes prières, qui par parenthèse n’ont jamais servi à rien ». Wias, dans le NOUVEL OBSERVATEUR joue d’une cruauté parallèle, mais à l’égard du Président et du Premier ministre français. Sur son dessin, devant un Nicolas Sarkozy visiblement accablé, François Fillon déclare tout à trac : « De toutes manières, nous, en France, on ne risque rien. On était ruinés avant la crise ». Jacques Julliard, dans la chronique qui figure juste au-dessus du dessin de Wias, est beaucoup plus méchant, quand il titre : « L’Europe était un nain politique, elle apparaît désormais comme un nabot monétaire et financier ». Quand aux banquiers, ajoute le chroniqueur du NOUVEL OBSERVATEUR, j’en vois beaucoup de ruinés, mais aucun de pauvre. Et pas un seul en prison, alors qu’ils viennent de faire perdre au monde entier 20 % à 30 % de sa valeur. Alors que l’on ne nous amuse pas trop longtemps avec ces histoires de parachutes dorés. Bien sûr qu’il faut les supprimer, et vite. Et même, dans la foulée, faire rendre gorge aux Zacharias, Bernard, Forgeard and Co. Ce serait la moindre des choses. Mais que cela ne nous détourne pas de l’essentiel. Les brigands se sont multipliés parce que, depuis quelque temps, l’entreprise-monde avait été convertie en entreprise de brigandage. Depuis quand ? Depuis que, le socialisme étant disqualifié, les riches n’ont plus eu peur des pauvres et se sont crus tout permis. On ne dira jamais assez le rôle de la police des mœurs capitalistes qu’a joué historiquement la menace du socialisme. Réinjecter de la morale dans le système ? Assurément, mais la seule qu’il comprenne vraiment : la riposte sociale. Moins révolutionnaire ou plus léger, Wolinski, choisit d’illustrer pour le JOURNAL DU DIMANCHE, la mini-conférence de presse, tenue hier à Colombey-les-deux-Eglises, par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Au pupitre de la Deutsch-Franzosisches Treffen, le président français affublé d’une salopette s’écrie : « C’est l’histoire d’un mec. Vous la connaissez Angela ? ». "Je la connais Nicolas, je la connais". Histoire d’un mec. Histoire d’un film. Dans la page culture du JOURNAL DU DIMANCHE, Carlos Gomez assure, que le film en question, est la meilleure réalisation d’Antoine de Caunes. Dans le Parisien, le publicitaire Jacques Séguéla préfère expliquer que Coluche comme Gainsbourg et comme Tapie constituent l’archétype des années de liberté et de créativité qu’auront marqué François Mitterrand et Jack Lang. Jean-Michel Vaguelsy des Restaurants du Cœur ajoute à cela, que Michel Colucci a été le premier à parler aux médias comme on parle dans la vie. Il a, dit-il, fait exploser la langue compassée et lisse de l’époque, celle des politiques et des journalistes. Tous désormais parlent autrement… J’en veux pour preuve, cette correspondance titrée «Ich liebe dich, moi non plus », signée Hélène Kohl, dans le JOURNAL DU DIMANCHE, à propos de la relation Angela Merkel, Nicolas Sarkozy. Tous deux, écrit-elle, sont contraints par la crise à un mariage de raison, mais c’est un couple de comédie… Et ma consoeur de révéler que les médias Outre-Rhin, n’y vont pas avec le dos de la cuiller, quand ils parlent du président français et de la chancelière. Ils appellent en effet le premier, le « Louis de Funès de Neuilly » et la seconde « La Bécassine du Brandebourg ». Un prêté pour un rendu, des politiques aux journalistes ?

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