Bonjour à tous… « Ce matin, un lapin, a tué un chasseur. C’était un lapin qui… C’était un lapin qui… avait un fusil ! » Trentenaires et quadras ont tous chanté ça autrefois avec Chantal Goya. Mais si lièvres et garennes font l’actualité aujourd’hui, c’est parce que l’on doit aussi, à un lapin, la découverte de Lascaux, où se rend Nicolas Sarkozy. Imaginez cela – On est en septembre 40, à Montignac en Dordogne. Quatre gamins, genre « Guerre des boutons » et leur chien nommé « Robot » traquent un lapin engagé dans le boyau d’une galerie vierge depuis 17.000 ans ! Ces mômes prennent ça pour un souterrain conduisant au château du village et s’engagent à ne rien dire de leur découverte aux parents. « C’était notre truc », expliquait hier au PARISIEN, Georges Agniel, l’un des adolescents survivants. « Avec nos lampes, nos pioches, nos casse-croûtes », disait-il, « on passait nos journées dans la grotte, sans avoir réalisé l’importance de notre trouvaille ». Le 16 septembre 1940, les petits Gibus et les Lebrac de Montignac craquent et confient leur secret à Léon Laval, l’instituteur, lequel visite la grotte avec eux, médusé ! Le lendemain, se souvient Georges Agniel, tout le pays était au courant et ça a commencé à défiler. C’était infernal, les gens se bousculaient pour voir. Quatre jours plus tard, l’abbé Breuil, un expert, certifie qu’il s’agit bien de peintures pariétales et baptise la grotte « Chapelle Sixtine du périgoudin ». Le site est classé monument historique et visité au lendemain de la guerre, par deux à trois mille touristes quotidiens ! C’est trop évidemment, et les pouvoirs publics décideront de le fermer au début des années soixante. Vingt ans plus tard, Lascaux II, réplique parfaite du site préhistorique, ouvrira aux amateurs de fresques rupestres, venus du monde entier. C’est un flux de 250 mille visiteurs que l’on canalise chaque année sur la grotte en fac-similé, située à 200 mètres de Lascaux, précise Florence Evin, dans le MONDE ce matin. Et ma consoeur d’ajouter que cette précaution intelligente prise sous Malraux n’a pas suffi. Puisque l’humidité détériore Lascaux II, entrouverte à quelques visiteurs depuis 1976. Au point que l’UNESCO s’est inquiété et a menacé la France de placer la grotte sur la liste des patrimoines en danger. La France a réagi. En avril dernier, Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture, a nommé Yves Coppens, notre grand paléoanthropologue à la tête du Conseil scientifique de Lascaux. C’est lui qui accueillera Nicolas Sarkozy, tout à l’heure dans la Sixtine de la préhistoire, qu’ils visiteront rapidement à pas feutrés. Pour ne pas déranger. Vous ne dérangerez personne non plus, et ne fragiliserez pas davantage Lascaux, en contemplant à la une du MONDE et de la DEPECHE du MIDI aujourd’hui les cavalcades d’aurochs de chevaux et de cerfs, peints sous terre il y a 17 milliers d’années ! A la naissance de l’art, comme le disait Georges Bataille. Actualité aussi, à placer aussi sous un double regard, mondial et hexagonal. Le journal LA PROVENCE fait sa première page sur les 33 mineurs chiliens bloqués à 700 mètres sous terre, avec ce titre : « En effet, c’est la société Foraco, basée à l’Estaque, qui s’enorgueillit d’être à l’origine de leur repérage. La VOIX du NORD, quant à elle, propose à ses lecteurs un reportage réalisé en Roumanie, sur les Roms expulsés de Lille, avec cette manchette : « Nous les avons retrouvés en Roumanie, ils veulent revenir ». Peu d’articles, en revanche, dans la presse dominicale sur la circulaire du Ministère de l’Intérieur, adressée aux préfets, le 5 août dernier ! L’Agence France Presse, en a obtenu une copie et la publie, révélant que 300 campements illicites devront avoir été évacués, dans les trois mois. En priorité ceux des Roms. Or, souligne aujourd’hui l’AFP, Monsieur Besson répliquant jeudi dernier, aux critiques du Parlement européen sur ce point, avait assuré dans un communiqué, que (je cite) « La France n’avait pris aucune mesure spécifique à l’égard des Roms. La France ne met en œuvre aucune expulsion collective ». Qui dit vrai, qui dit faux, le débat reste ouvert ! Politique… Nous y voilà… Avec l’HUMANITE Dimanche… L’HUMANITE dont c’est la fête, et qui titre aujourd’hui sur son programme, mais aussi sur la retraite, avec cette manchette : « Le peuple doit avoir le dernier mot ! » Le peuple, cher à Jaurès, le fondateur de l’HUMANITE en 1904… Le MONDE dimanche consacre aussi une pleine page au sujet, qu’un calicot résumait en trois mots mardi entre la République et la Nation : « Métro – Boulot- Caveau ! ». Claire Guélaud a interrogé le chercheur Jean-Marie Pernot, formé à l’INSEE et expert en sciences économiques et sociales. Son analyse vaut le détour et mérite votre lecture. 10.000 manifestants, mardi dernier à Pamiers, écrit-il, 6.000 à Auch, 5.000 à Figeac… c’est le signe d’une irrigation du territoire… Mais le même chercheur d’expliquer : « Aujourd’hui, les manifs sont un substitut à la grève. Elles posent peut-être moins de problèmes au pouvoir que les grèves proprement dites. Et Jean-Marie Pernot, d’évoquer la suite, en distinguant les stratégies de la CGT et de la CFDT. Selon lui, les choses seraient plus difficiles pour la CGT que pour la CFDT. Quant au pouvoir, il parierait à court terme sur une certaine faiblesse du mouvement syndical. Ce qui n’empêche pas le chercheur de rappeler qu’en 2007, Nicolas Sarkozy disait : « Avec un million de personnes dans la rue, les syndicats ont un problème. Quant il y en a trois millions, c’est le gouvernement qui a un problème ».

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