Nathalie, Sabine, Marianne, Kevin, Marie, Hélène, Nicolas, Alain, Robert, Antony, François, Michel, Anne et Claire, Jérémy, Laurent…

C'est certainement le mot que nous entendons le plus tout au long de notre vie. Je veux parler de notre prénom. Patricia, vous venez de me dire « Bonjour Frédéric » . Je vous ai répondu « Bonjour Patricia » . J'aurais pu vous dire « Bonjour Madame Martin » , mais non : à la radio, on s'appelle par son prénom. C'est plus convivial. Du reste, c'est devenu, ces derniers-temps, la norme dans à peu près tous les milieux professionnels. Dans le monde de l'entreprise, comme dans celui de l'enseignement, l'usage tend à délaisser le patronyme au profit du prénom... D'ailleurs, c'est également le cas dans les commerces. On ne compte plus les boulangeries, les boucheries, les bars et autres salons de coiffures qui, sur leur enseigne, donnent à lire le prénom, ou bien les prénoms des patrons : ‘Chez Corinne’ , ‘Chez Roger’ , ‘Chez Chantal et Denis’ . Mais il y a des personnes qui n'aiment pas leur prénom, et certaines, dans ce cas-là, décident parfois d'en changer, ainsi que le raconte Bernadette Costa-Prades dans le magazine féminin FEMME MAJUSCULE. Elle raconte le parcours de ces femmes qui, un jour, ont décidé de se faire appeler autrement.

C'est l'histoire de Martine, qui, à l'âge e 20 ans, a décidé de se rebaptiser Nathalie. « Aussitôt, confie-t-elle,je me suis sentie renaître. Sous le nom de Martine, j'étais ratatinée. Sous celui de Nathalie, je me suis déployée. » Même phénomène pour Monique, qui, elle, a décidé de se rebaptiser Sabine. Quant à Anne-Marie, elle a choisi, à 40 ans, de se transformer en Marianne. « Je travaille, dit-elle,dans la communication, un milieu qui a le culte du jeunisme. Anne-Marie, ça ne faisait pas assez branché. » Parfois, donc, lorsque l'on change de prénom, c'est parce qu'on trouve qu'il est simplement trop daté, qu'il révèle notre appartenance à une génération. Mais on peut également le trouver trop marqué socialement. C'est ainsi que Vanessa, issue d’un milieu populaire, a choisi de s'appeler Marie quand elle est devenue avocate. Il y a d'ailleurs fort à parier, note malicieusement ma consœur, qu'un certain nombre de Kevin feront de même quand ils graviront l'échelle sociale. Mais l'inverse est aussi possible, comme en témoigne Hermine, prénom très aristocratique, laquelle a choisi de se faire appeler Hélène lorsqu'elle est devenue assistante sociale.

« Le prénom est comme un vêtement, qui dit aussitôt quelque-chose de nous » , commente le psychanalyste Patrick Avrane dans le magazine. « On peut avoir l'impression qu'il est trop petit, trop grand, en somme : mal ajusté à notre personnalité. Lorsqu'on en change, poursuit-il,on veut donner une autre image de soi-même. Au fond, c'est une façon de se réinventer. »

Et Nicolas, réussira-t-il à se réinventer ? Lui aussi, depuis plusieurs mois, tente de donner une autre image de lui-même, même s'il n'a pas changé de prénom… Et là, ce Nicolas, c’est donc Nicolas Sarkozy, qui sera ce week-end au Touquet, en visite sur le campus des jeunes du parti ‘Les Républicains’. Pour l'occasion, LIBERATION est allé rencontrer les fans de l'ancien président : ce noyau dur de militants sur lequel il mise pour s'imposer dans la primaire en vue de la présidentielle. Rencontre, donc, avec Robert, 46 ans, employé administratif. « Sarkozy, explique-t-il, a un charisme naturel, et en cinq ans à l'Elysée, il s'est montré tout à la fois très réactif et dynamique. » Rencontre avec Anthony, 26 ans, professeur de taekwondo. « Il est le seul capable de redresser le pays. »

Du reste, Nicolas Sarkozy, avec plus ou moins d'impudeur, n'hésite jamais à célébrer lui-même ses qualités de leader et son incomparable virilité. En privé, il ironise sur « papy Juppé » et sur « l'autre eunuque de Fillon » , comme le rapporte cette semaine LE CANARD ENCHAINE. L'enquête IPSOS pour LE POINT aurait pourtant de quoi l'inquiéter. Parmi les sondés qui se disent « certains » de voter à la primaire, Juppé l'emporte au premier tour - 40% contre 34% ; et davantage encore au second, avec 56% contre 44%. Mais ce matin, LE FIGARO nous donne une toute autre estimation. Certes, Alain Juppé apparaît encore comme le préféré pour le second tour, mais d'après cette enquête réalisée par L'IFOP, c'est Nicolas Sarkozy qui arriverait en tête au premier. Commentaire de Jérôme Fourquet, le directeur de l'institut : « Le match est encore loin d'être joué. » D'ailleurs, à propos de Juppé, les proches de l'ancien président évoquent un simple effet de mode. Ainsi Brice Hortefeux, dans les colonnes de LIBE : « Juppé, c'est une mode. Et comme disait Coco Chanel, la mode c'est ce qui se démode. » Puis il ajoute : « Ce qui compte, c'est d'être le vainqueur, pas le favori. »

Dans LIBERATION, il y a donc ce reportage chez les fans de Nicolas Sarkozy. Et dans LE PARISIEN : un reportage chez ceux qui continuent de militer au Parti Communiste. Un reportage à l'occasion de la Fête de l'Humanité. Le titre à la Une : « Communistes malgré tout » . En l'occurrence : malgré la concurrence de l'extrême-droite, la concurrence de l'extrême-gauche et les pronostics pessimistes des politologues, qui considèrent que le PC est voué à un déclin inéluctable. Cependant, et n'en déplaise à François Hollande qui, quelques mois avant son accession à l'Elysée, lançait au quotidien britannique THE GUARDIAN : « Aujourd'hui, il n'y a plus de communistes en France » - cependant, donc, il reste des communistes en France. Et même ils sont assez nombreux, si l'on en juge par le nombre d'adhérents que revendique le parti : 120.000, soit davantage que le Parti socialiste ou le Front National. Et ce sont là « des militants bien réels » , note Frédéric Vézard dans son édito ; « Des militants irréductibles, et suffisamment portés par leurs convictions pour affronter les vents contraires de l'histoire. » Néanmoins, mon confrère souligne la chute vertigineuse du nombre de ses électeurs et sa conclusion est sévère. Pour lui, « Le Parti communiste ne sait plus parler aux Français et il est devenu une force politique en trompe-l’œil. Une image du passé que l'on observe, au choix, avec ironie ou nostalgie. »

Pas d'ironie toutefois, mais peut-être un peu de nostalgie chez les militants rencontrés sur le site de la Fête de l'Huma. Ainsi Michel, 85 ans, militant communiste depuis 1947, il confie qu'il ne va plus aux réunions de sa section. « Ça m'emmerde, dit-il - d'ailleurs, il y en a de moins en moins. » Ses rêves, bien sûr, sont restés intacts : un monde sans armes, un monde sans guerre, un monde avec plus de justice. Mais pas facile d'y arriver. D'autant qu'au parti, précise-t-il, « on est quand même un peu faiblard au niveau des idées. »

Un autre Michel continue, ce matin, de faire parler les journaux : Michel Combes, ex-patron d'Alcatel-Lucent, le groupe de télécoms, lequel a finalement décidé de réduire de près de moitié ses primes de départ, soit 8 millions d'euros, au lieu des 14 prévus au départ.

Soit, mais « pour un seul homme, ça fait encore beaucoup » , note Laurent Bodin dans L'ALSACE. « D'autant que 3 millions lui seront versés au titre d'une clause de non-concurrence d'une durée de 40 mois. Ce qui fait une moyenne mensuelle de 77.500 euros. Pas mal pour un homme qui a déjà réussi à se recaser ailleurs. » « L'interrogation essentielle étant évidemment : qu'a-t-il donc fait pour mériter autant d'argent ? » , s’interroge Pascal Coquis dans LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE. « Qu'a-t-il fait, mis à part licencier massivement : 10.000 suppressions de postes pendant son mandat ? »

A la rubrique départ et gros sous, on notera également le billet d'Anne Sinclair sur le HUFFINGTON POST. « Plus jamais le dimanche... » C'est un hommage à sa consœur et amie Claire Chazal, qui présentera demain son tout dernier 20H sur TF1. Après les moqueries que cette éviction a provoqué, ce sont des mots de réconfort… « Nous serons tous un peu nostalgique dimanche soir, écrit-elle, quand Claire Chazal dira au revoir. Elle rythmait les week-ends, sa blondeur et sa grâce nous disaient que c'en était fini de la douceur des fins de semaine. Quitter une fonction prestigieuse à la télévision n'est pas un drame, quand tant de gens ont aujourd'hui une existence précaire et l'anxiété du lendemain. Les stars des médias sont des privilégiées et elles ne le savent pas toujours. Mais ce n'est pas une raison pour les maltraiter. TF1 a perdu son lustre, sa suprématie, beaucoup de ses téléspectateurs, mais les journaux de Claire moins que d'autres cases d'une chaîne qui se sent menacée. » Anne Sinclair, elle-même ancienne star des fins de soirée sur TF1, se fait alors cinglante : « Brutalité des médias. Brutalité d'une maison, qui ne s'est jamais encombrée d'élégance. Brutalité d'une annonce qu'aucune conversation ne lui avait laissé prévoir. Brutalité d'un départ précipité. »

__

__

Départ précipité : c’est également le lot des milliers de réfugiés arrivés en Europe ces dernières semaines. Chacun en conviendra, il s’agit d’une brutalité autrement plus préoccupante. Comme chaque jour, les journaux font le point sur le dossier - dossier auquel LE UN consacre même tout son numéro : « Que faire ? » , demande l'hebdomadaire, dans lequel vous pourrez lire un texte magnifique de Laurent Gaudé. Le texte s'appelle « Regardez-les »

Regardez-les, ces hommes et ces femmes qui marchent dans la nuit.

Ils avancent en colonne, sur une route qui leur esquinte la vie?

Ils ont le dos voûté par la peur d'être pris.

Et dans leur tête, toujours, le brouhaha des pays incendiés...

__

[...]

__

La colonne s'approche et ce qu'elle désigne en silence,

C'est l'endroit où la vie vaut d'être vécue. Il y a des mots que nous apprendrons de leur bouche

Des joies que nous trouverons dans leurs yeux. Regardez-les, ils ne nous prennent rien.

Lorsqu'ils ouvrent les mains, ce n'est pas pour supplier

C'est pour nous offrir le rêve d'Europe que nous avons oublié.

__

Dans la presse, ce matin, mais on parle aussi de Jérémy : Jérémy Corbyn, celui qui devrait aujourd'hui être élu à la tête du Labour en Grande-Bretagne. « Un socialiste pur et dur » , explique LE PARISIEN, tandis que LE FIGARO évoque « un homme de la gauche de la gauche tendance Syriza » .

Enfin, j'ai relevé cette petite info sur Laurent, notre ministre des Affaires Etrangères. C'est dans les pages de CHALLENGE. Lors d'un aparté pré-conseil ministériel à l'Elysée, Laurent Fabius a confié à ses collègues Bernard Cazeneuve et Michel Sapin, interloqués, que sa radio préférée, c'était Rire et Chansons : « Il faut l'écouter pour le rock ainsi que pour les humoristes et les impostures de Jean-Yves Lafesse, ça détend... Vous connaissez celle du message au chef de gare de Monaco ? » Fabius aime donc Lafesse et la programmation de Rire et Chansons . Qui sait, on apprendra peut-être dans les jours qui viennent que France Culture est la radio préférée de monsieur Ribéry et de madame Morano !

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.