Bonjour à tous. L’Europe, la crise, l’argent, la télévision et l’engagement inspirent largement la presse du week-end. L’Europe, parce qu’hier à Bruxelles, le dernier Conseil des 27 s’est séparé sur un triple accord : climat, relance et referendum irlandais. Bilan très positif donc, qui a permis à Nicolas Sarkozy de se féliciter du rythme imposé en six mois de présidence française ! Quant à la crise, si elle ne sort pas de l’actualité, c’est parce qu’elle affecte, non seulement les trois grands de l’industrie automobile aux Etats-Unis, mais aussi tout un pan du secteur industriel de l’Occident. Les ECHOS et l’HUMANITE s’inquiètent ensemble de l’avenir du marché de masse et de la vague de licenciements qui affecte chez nous Faurecia, Alcatel-Lucent, Pfizer tandis que SUD-OUEST se demande en manchette : « Où sont les freins ? ». Pour le grand journal aquitain, l’industrie automobile est entre la vie et la mort, alors que les bourses du monde ont encore chuté, et que la demande mondiale de pétrole baisse, pour la première fois, depuis vingt-cinq ans. Où sont les freins ? Le REPUBLICAIN LORRAIN, l’INDEPENDANT de Perpignan s’émeuvent eux aussi, d’une crise automobile qui s’accélère, tandis que LIBERATION fait mine de sourire en titrant : « Y aura-t-il de la crise à Noël ? ». La TRIBUNE du week-end veut croire avec le nouveau patron d’Alcatel-Lucent que le groupe peut repartir sur de nouvelles bases. Et croire aussi que George Bush va puiser dans les fonds de tiroir du plan Paulson pour donner une aide d’urgence à General Motors et Chrysler au bord du dépôt de bilan. Les ECHOS de leur côté, tout en évoquant un refinancement coûteux des banques françaises, espèrent une réforme rapide des crédits renouvelables aux entreprises et aux particuliers. En effet, Christine Albanel et Martin Hirsch se donnent trois mois pour mettre fin dans notre pays aux abus des pratiques publicitaires, réduire les démarchages, obliger les prêteurs à vérifier la solvabilité des emprunteurs et réviser les plafonds des taux de crédit. Explication des ECHOS, sur cette volonté de mouvement de l’Etat, la colère qui monte face aux pratiques des banques en matière tarifaire. Pourquoi n’ont-elles pas répercuté la baisse des taux d’intérêt ? Pourquoi la production de nouveaux crédits marque-t-elle le pas ? Et les ECHOS d’évoquer les parlementaires qui demandent des explications, prenant ainsi le relais d’une opinion debout ! Dans son éditorial, François Vidal s’inquiète de ce qu’il appelle, un procès en sorcellerie fait aux banques, et trouve normal que les banques fassent payer cher quand celui-ci est moins abondant. Marie-George Buffet en juge tout autrement. Vous verrez en première page du PARISIEN, la Secrétaire générale du PCF, distribuant hier sur le parvis de la défense, non pas des tracts militants, mais des faux billets de 500 euros. Selon l’ancien ministre communiste, cette répartition d’argent bidon est un « clin d’œil » destiné à l’opinion pour dénoncer les milliards apportés, sans contrepartie, aux banques françaises. Rosalie Lucas, ma consoeur du PARISIEN qui a assisté à cet événement signifiant, écrit que certains passants refusent le cadeau de Marie-George Buffet. D’autres disent n’avoir encore jamais vu un vrai billet de 500 euros. Certains enfin, prennent la monnaie de singe proposée en souriant, telle cette mère de famille qui déclare : « J’espère qu’au pied du sapin, il va se transformer en vraie monnaie ». A la même rubrique du pouvoir magique de l’argent, voyez en première page du FIGARO la photo d’un bel homme au front intelligent. C’est Monsieur Bernard Madoff, l’ancien patron du Nasdaq, le second marché d’actions des Etats-Unis. Un seigneur de la finance, un homme que le New-York Times qualifiait de « légende de Wall Street ». Légende en effet, puisque ce financier mirobolant avoue avoir détourné à la tête de son fond d’investissement 50 milliards de dollars ! Je dis bien milliards, pas millions ! 50 milliards enfonçant ainsi nos gagne-petits de la Société Générale. Monsieur dix fois Kerviel rémunérait ses investisseurs avec les fonds que lui confiaient ses emprunteurs. Classique, on a connu ça autrefois, rue Quincampoix, avec le banquier écossais Law. Et Jules Romain a écrit comment on faisait de l’argent avec les mirages aurifères de Donogo Tonka. Une mine qui n’existe pas ! Idem pour la célèbre banquière Thérèse Imbert ! Je te promets un rendement élevé de ton argent go-go cupide. Tu viens me l’apporter et quand tu me le redemandes, je te le rends grâce à celui qu’ont déposé les derniers gogos, les derniers crétins. L’ennui, pour l’ex-patron du Nasdaq, est venu du FBI et puis aussi de la crise qui a conduit les clients de Monsieur Madoff à courir en masse reprendre l’argent dont ils avaient besoin. Résultat, l’escroc géant n’a plus rien. Juste 200 millions de dollars pour payer ses salariés. Et il ira probablement méditer en prison l’histoire de son fonds de pourri de chez pourri. En attendant, conclut le PARISIEN, il est en liberté sous caution de 10 millions de dollars. J’en ai fini provisoirement avec la rubrique de « l’argent qui pourrit, l’argent qui corrompt ». J’en viens à la télévision, puisque ça y est, les députés ont voté la fin de la publicité à la télévision. Je ne sais pas si vous avez entendu hier soir, chez Pierre Weil, Corinne Lepage, Roger Karoutchi et Guy Bedos ferrailler hier soir sur ce sujet. Lisez néanmoins ce matin, dans le NOUVEL OBSERVATEUR, l’appel des 500 au Président de la République, pour qu’il revienne sur cette loi, qui – je cite – « met en péril la principale entreprise du secteur audiovisuel ». Lisez aussi dans le FIGARO, la charge de Nadine Morano contre le PS enlisé dans l’inutilité et son appel aux parents pour qu’ils soient vigilants face aux désinformations. Comme disait De Gaulle à un ministre Alain Peyrefitte : a)« Vos journalistes, ils n’aiment rien tant que ce qui est moche ». b)Plus tard… « Alors Peyrefitte, vos étudiants, ils courent toujours » ? En complément de son bloc-notes, l’écrivain chrétien, François Mauriac, chroniqueur de télévision, inaugurait un nouveau genre journalistique sur lequel d’autres auteurs prestigieux exerceraient également leurs talents : Emmanuel Berl, Morvan Lebesque, Maurice Clavel. Qu’écrivait Mauriac sur la télé de son époque ? « Il est bon que celle-là reste grande ouverte. Et puis une chronique de télé touche à tout ce que l’homme embrasse ; elle ne pénètre rien, mais montre l’étendue mouvante de la vie : c’est l’aile de la mouette ». Au début des années 1960, l’ORTF produit « Cinq colonnes à la une » et « La caméra explore le temps ». François Mauriac n’en rate rien. Il se passionne pour les clowns de « la piste aux étoiles » et les vachettes de Guy Lux dans « Intervilles ». La magie du direct l’inspire et la poésie des routes au long du tour de France. Les conférences de presse du général de Gaulle le trouvent béat devant le « numéro » présidentiel. Même l’émission « Bonne nuit les petits » l’attendrit, « avec la joie des enfants que rien n’étonne et pour qui tout est vrai ». Dans la CROIX, Bruno Frappat dans sa chronique titrée « les scrupules des plumes » pose cette question : Pourquoi écrire quand il faut agir ? « Comment est-il possible de se comporter, d’un côté, comme si rien au monde n’avait plus d’importance que la littérature, alors que de l’autre il est impossible de ne pas voir alentour que les gens luttent contre la faim et sont obligés de considérer que le plus important pour eux, c’est ce qu’ils gagnent à la fin du mois ? Car (l’écrivain) bute sur un nouveau paradoxe : lui qui ne voulait écrire que pour ceux qui ont faim, découvre que seuls ceux qui ont assez d’argent ont loisir de s’apercevoir de son existence ».

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