Bonjour à tous… Si malgré le froid, vous rencontrez aujourd’hui une Russe en sueur et hors d’haleine, ne dites pas : « Elle a chaud cette Russe ». Dites plutôt, « cette Russe transpirait ! » On a tous joué à ça, « dites, ne dites pas ». Et de la même façon qu’on ne doit pas dire, la maîtresse d’école, mais l’institutrice prend l’avion…il ne faudra plus dire demain grand emprunt… mais investissement d’avenir. C’est Nicolas Prissette qui insiste sur ce point, ce matin dans le JOURNAL du DIMANCHE, avant la conférence de presse que donnera demain Nicolas Sarkozy. Selon mon confrère, le Président de la République devrait annoncer et détailler, 60 milliards de projets destinés à répondre aux défis du futur. Il devrait suivre à cet égard les recommandations de la commission Rocard-Juppé et privilégier les énergies vertes, la voiture du futur, le très haut débit et les nano-technologies. Commentaire de l’économiste Keynesien, Jean-Paul Fitoussi : « J’ai toujours été favorable à ce type d’opération. L’heure en est bien choisie, car nous sommes à un moment charnière entre un modèle économique qui s’épuise et un autre à inventer. Il nous fait donc investir, la France en récoltera les fruits ». Mon confère du JOURNAL du DIMANCHE évoque alors cette partie de la majorité qui s’inquiète du montant de la dette de l’entreprise France. Réplique de Jean-Paul Fitoussi : « Si nous avions hésité dans le passé, nous n’aurions ni le nucléaire, ni le TGV, ni les Airbus. L’investissement d’un pays par l’emprunt, peut se comparer à l’achat d’un logement pour un ménage. Il s’endette au départ, mais finit par s’enrichir, et voit donc augmenter au fil des années, sa capacité de remboursement. Inutile par conséquent de s’inquiéter ». Voilà ce que dit Monsieur Fitoussi page 20 du JOURNAL du DIMANCHE en oubliant cependant les ménages dont les revenus ne sont plus ce qu’ils étaient, parce que la perte d’un ou deux emplois est passée par là. Dites, ne dites pas… que le soleil brille pour tout le monde, un dimanche de grand froid ! Et alors que le PARISIEN consacre ce matin trois pages à l’urgence sociale ! Selon ce quotidien, jamais les associations caritatives françaises n’avaient été autant sollicitées. La crise a déclenché des records d’affluence aux restaurants du Cœur, au Secours Catholique, aux Secours Populaire et dans la plupart des associations qui exercent dans le secteur social et humanitaire. Les bénévoles des associations caritatives, souligne le PARISIEN, sont en première ligne, sur le terrain, et certains n’ont plus le moral, ou se découragent en tentant de faire front. C’est ainsi qu’Alexandra Ghesquière, bénévole de l’Armée du salut, distribue des soupes chaudes en soupirant sur une action limitée. Joëlle, auxiliaire de vie, à Pontgibaud dans le Puy-de-Dôme et responsable depuis 15 ans d’un centre des Restos du Cœur, voit depuis la crise, croître la demande. Et cela, dit-elle finit par peser sur le moral. Ava Djamshidi est allée enquêter à Massy dans l’Essonne et a vu, avant-hier, dès 6 heures du matin, une file de démunis attendant en silence l’aide des restos. « Si on vient plus tard, lui a dit une vieille dame, la queue est trop longue et il faut faire face à l’agressivité de ceux qui ont peur de manquer ». Claudie, employée de banque à la retraite et bénévole au Secours Populaire, constate elle aussi une forte augmentation des familles qui viennent solliciter une aide, cette année. 20 % en plus, selon elle. Mais elle s’empresse d’ajouter : « On ne baissera pas les bras pour autant. Nous sommes utiles à la société. J’ai même l’impression d’être plus utile ici, au Secours Populaire, qu’à ma banque, lorsque je travaillais ». Dites, ne dites pas que Luc Châtel, le ministre de l’Education, en rendant l’enseignement de l’histoire-géo optionnelle en terminale S, gère mal son département. Dans une longue interview au JOURNAL du DIMANCHE, le ministre de l’éducation refuse de revenir sur sa décision et plaide pour un droit individuel à la formation des enseignants. Au passage, Monsieur Châtel explique que c’est difficile de réformer collèges et lycées, dans un pays où chacun des 63 millions de Français, à son avis sur le système éducatif. Et le ministre d’ajouter qu’il vient certes de l’entreprise, où il a passé douze années comme DRH, et qu’il a bien l’intention de proposer aux enseignants français un pacte de carrière ! Bref ! Monsieur Châtel se veut gestionnaire et il a même recruté pour ce faire, une DRH de la RATP pour l’appuyer ! Fallait-il le dire comme ça ou pas. Chacun appréciera… Mais Alexis Brezet proteste déjà dans le FIGARO-MAGAZINE contre ceux qui selon lui prennent l’histoire à l’envers. « Qui », demande mon confère du FIG-MAG, « a eu cette idée folle de supprimer l’histoire-géo des programmes de terminale S, dévalorisant du même coup les sections scientifiques ? ». Dites, ne dites pas ! Cela vaut pour les politiques qui donnent de la voix et chantent comme on le fait à l’UMP, en utilisant la voix des autres. Ce que n’apprécie pas le ministre de l’industrie, Christian Estrosi. Donnait de la voix hier, à Tours, Martine Aubry en lançant la campagne des socialistes aux élections régionales. Son ambition, selon la presse dominicale, rafler toutes les régions françaises au printemps prochain et hâter ainsi la chute de Nicolas Sarkozy. Dans le PARISIEN, Cécile Duflot se met à rêver elle aussi…. Imaginez dit-elle, si Europe Ecologie gagnait dix régions ! Dites, ne dites pas, à Cécile Duflot, qu’il y a bien longtemps déjà les ambassadeurs de Louis XI étaient venus proposer à l’empereur d’Allemagne, Frédéric III de se partager les biens de Charles le Téméraire. La Fontaine en a fait une fable sur la peau de l’ours, qu’il ne faut jamais vendre, qu’on ne l’ait mis par terre ! Amis de l’histoire de la presse et de la poésie… permettez-moi de vous dire, avant de vous quitter, qu’Alain Gérard Slama a reçu cette semaine le prix Jean Zay pour un livre d’actualité intitulé : « la société d’indifférence ».

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