Bonjour à tous… L’hiver à Vancouver et la Saint-Valentin au pays… ! Véronique Sanson a résumé tout cela en une seule chanson : « A midi, je suis dans mon lit Et je rêve de quelque chose A minuit, je suis dans la ville Et je cherche quelque chose » La presse vous aide dès ce matin à bien célébrer la Saint-Valentin. Le JOURNAL du DIMANCHE y va franco en expliquant qu’il convient en effet de bien fêter l’amour, les rencontres, les vies à deux, voire les passions plurielles, et les nouveaux comportements amoureux. La NOUVELLE REPUBLIQUE se veut plus classique et félicite les 300 lecteurs d’Indre et Loire, qui lui ont adressé en rimes ou en prose, ces mots d’amour qui font chaud au cœur et invitent les amants au rapprochement. LIBERATION qui avait lancé la mode, il y a bien longtemps n’y renonce pas tout à fait cette année, mais ne lui consacre plus que deux pages, c’est dommage. Encore que l’on puisse y trouver ce samedi des petites merveilles comme : « Mon pinou quel jour sommes-nous ? Nous sommes tous les jours mon doudou ». Ou ceci, signé Céline : « Mon amour je vous aime d’amour, je vous espère à mes côtés. Je baise vos lèvres tendrement». Pétrarque aurait pu dire ça à Laure, Lamartine à Elvire, Aragon à Elsa… « Suffit-il donc que tu paraisses… De l’air que te fait rattachant tes cheveux, ce geste touchant pour que je naisse et reconnaisse un monde habité par le chant, Elsa mon amour, ma jeunesse». Reste, que la presse, ce matin voit la Saint Valentin comme une fête plus coquine que poétique. PARIS NORMANDIE le souligne dans sa rubrique tendance. Le JOURNAL du DIMANCHE, comme le PARISIEN développent largement une rubrique shopping. Ce que le journal CENTRE PRESSE désigne comme la petite » parenthèse rose », d’un monde gris, en expliquant que le week-end est propice aux amoureux et aux fleuristes. Car – je cite – l’amour est un marché sur lequel Internet a largement détrôné les agences matrimoniales. Le MAINE-LIBRE fait sa une sur le TGV qui a oublié de s’arrêter au Mans, sans préciser si son conducteur était pressé de retrouver sa belle à Paris. En revanche, le quotidien Manceau donne la parole à Jean-Marie et Paulette, amants de 73 et 80 ans qui ont eu le coup de foudre, il n’y a pas si longtemps… Bref, l’amour n’est pas, comme voudrait nous le faire croire un quotidien ce matin, seulement une affaire d’hormones, de cytocine et d’endorphines. Encore que, Georges Pompidou ait choisi de faire figurer dans son Anthologie de la poésie française ce poème à ne pas mettre entre toutes les mains : « Elle était déchaussée, elle était décoiffée, Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ; Moi qui passais par là, je crus voir une fée, Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ? Elle me regarda de ce regard suprême Qui reste à la beauté quand nous en triomphons, Et je lui dis : Veux-tu, c’est le mois où l’on aime, Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ? Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive ; Elle me regarda pour la seconde fois, Et la folâtre alors devint pensive. Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois ! Comme l’eau caressait doucement le rivage ! Je vis venir à mois, dans les grands roseaux verts, La belle fille heureuse, effarée et sauvage, Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers ». Son auteur ? Victor-Hugo. Pas le vieil Hugo de la fin du XIXème, mais le jeune Victor de trente ans ! Allez, on redescend sur terre, avec un arrêt à la case Carnaval. A Venise, c’était il y a quelques jours, en Allemagne, ce sera plus tard, à Nice, c’était hier soir, place Massena comme en témoigne NICE-MATIN aujourd’hui. NICE-MATIN qui reproduit cette déclaration de son maire, Christian Estrosi, pronostiquant 40 % des voix à Thierry Mariani, au premier tour des Régionales, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. C’est dire si la campagne électorale n’est pas ensevelie sous la neige du week-end et les roses de la Saint-Valentin. Je vous renvoie, pour vous en convaincre, à l’interview du ministre de l’intérieur dans le JOURNAL du DIMANCHE. Interview dans laquelle, Monsieur Brice Hortefeux défend ces policiers et ces gendarmes, injustement attaqués. « Je suis convaincu », dit-il, « que l’immense majorité des Français soutient les forces de sécurité ». Et le ministre d’en profiter pour laisser espérer une réforme prochaine de la garde à vue, en soulignant cependant que la police n’utilise jamais cette procédure par plaisir. Soit, répliquent mes confrères, Stéphane Johanny et Marie-Christine Tabet qui l’interrogent. Mais n’y-a-t-il pas des gardes à vue dont on pourrait faire l’économie ? Et quid des avocats ? Et où en êtes-vous avec Michèle Alliot-Marie. « Avec MAM », répond Brice Hortefeux, "nous travaillons ensemble sous l’autorité de François Fillon"… Et il ajoute, "mais il ne faut pas donner plus de droits aux délinquants qu’aux victimes ». Là-dessus il faut peut-être relever dans LIBERATION ce propos de MAM prononcé vendredi. La Garde des Sceaux évoquait l’univers carcéral, et dénonçait le tout-béton des prisons… en demandant qu’on veille à ce que les détenus, de leur cellule voient des arbres ! Joli rappel de Verlaine, d’Apollinaire et de Foucauld… Pas Jean-Pierre… le philosophe… A lire encore à cet égard, la chronique de Bruno Frappat dans la CROIX, sur la société de surveillance et le dossier des DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE, consacré à l’extension du système contre lequel vient de s’opposer, l’adjoint au maire de Strasbourg. Frappat, lui, ironise, sur un citoyen-modèle membre de la SBG, cette Société des Braves Gens qui consentirait à tout. « Il était favorable à la généralisation des fichiers et même, dans ses jours d’euphorie, il prônait leur interconnexion générale, pour mieux repérer les malfaisants. Et les saisir au lit, en pyjama ou en jogging : « Hop, au poste ! ». Il était pour les fichiers génétiques des bébés, pour ceux des élèves du primaire, pour les titulaires de capuche, pour les basanés, les blacks, les pas très clairs, les libertaires, les poètes abscons, les gens qui payaient en liquide, ceux qui téléphonaient trop souvent. Il était un grand partisan du fichier des autres. C’était un citoyen modèle ».

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