Bonjour à tous… [L’Etat, c’est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement. Et voici le mensonge qui sort de sa bouche : « Moi, l’Etat, je suis le peuple ».] Ainsi parlait Zarathoustra, ou plus exactement son auteur : le philosophe allemand Nietzche, critique de nos certitudes occidentales, et chercheur de nouvelles valeurs. En Tunisie, Ben Ali n’avait pas grand-chose à voir avec le peuple qui l’a dégagé. Idem pour Moubarak. Mais peut-on dire pour autant aujourd’hui, que le peuple gouverne à Tunis, et qu’il va gouverner demain au Caire ? La presse ce matin, s’en garde bien. L’éditorial du MONDE, daté dimanche-lundi, salue « l’étincelle venue de Tunisie » et applaudit l’espoir démocratique et pacifique, qui vient de naître, sur les bords du Nil. Pour ce journal, nous venons d’assister au Caire, à une pièce en trois actes. Acte I : Un soulèvement modèle, place Tahrir. Exemple magnifique de maturité politique, comme la planète en a peu connu. Une insurrection civile, non-violente, courageuse face aux nervis du régime. Acte II : Victoire de la rue et départ pour Charm-el-Cheikh du vieux président égyptien. Acte III : L’armée au pouvoir. C’est elle qui hérite, selon l’éditorialiste du MONDE. C’est elle qui détient désormais la clé de la suite des événements. Une tâche énorme et inhabituelle pour une armée lui incombe : organiser la transition vers un pouvoir stable et démocratique. « Or », conclut le MONDE, « sans vouloir jouer les Cassandre, pour cette armée divisée, où cohabitent gauche laïque et Frères musulmans, réformateurs et conservateurs, la suite ne sera pas facile, facile ». D’un côté, la joie d’un printemps arabe prometteur, de l’autre, les incertitudes et les doutes. Le DAUPHINE-Dimanche, le TELEGRAMME, le JOURNAL du CENTRE, la MONTAGNE de Clermont-Ferrand, balancent eux aussi. Mais le dernier journal cité souligne que les responsables de l’armée ont promis une transition pacifique. Transition qui garantit le respect des accords de paix signés à Camp David, avec le voisin israélien. La MONTAGNE de Clermont-Ferrand et le JOURNAL du DIMANCHE constatent que le futur a déjà commencé au Caire. Avec, et c’est une surprise : des révolutionnaires qui nettoient la place Tahrir, symbole d’une liberté toute neuve, qui croit à son avenir ! Et si la « Révolution du Nil », ce séisme égyptien, après la secousse tunisienne, était une révolution française, s’interroge Georges-Marc Benamou, dans sa chronique de NICE-MATIN. On tâtonne, on est myope ou aveugle, face à l’histoire immédiate, retransmise partout sur la planète par Internet. C’est vrai, les libertaires du Caire, ont retrouvé dignité et liberté. Mais qu’en sera-t-il demain ? On verra bien, répond le chroniqueur de NICE-MATIN, avant de souligner, que c’est le peuple qui a dit « dégage », en français à Moubarak. Et Benamou d’écrire qu’on a trop peu relevé, ces derniers jours, les références émues des intellos égyptiens, à la révolution française des années 1790. C’est pourtant notre trilogie, liberté, égalité, fraternité, qui a jailli des poitrines de ces hommes juchés sur des tonneaux ou sur des chars, place Tahrir. Avec les mêmes serments, qu’on devait entendre au Champ-de-Mars en 1790… Sur la nécessité d’une Constitution, la construction d’un nouveau régime, sur les moyens de lutter contre les privilèges et la corruption. C’est, conclut le chroniqueur de NICE-MATIN, cette fierté patriotique-là : être égyptien qui a retenti dans les rues du Caire… Sans que jamais on n’entende de cri de guerre, contre les Etats-Unis, ou le voisin israélien. On verra si cette part universaliste et laïque, cette part française, du séisme égyptien, conduit au pouvoir la société civile égyptienne dans les six mois. Sur la suite, le PARISIEN, le JOURNAL du DIMANCHE et la plupart des News-Magazine, scrutent, ce que le JDD appelle « la tentation égyptienne » de l’Algérie au Yemen. Les dictatures froides qui basculeront et celles qui ne basculeront pas. Les paris sont ouverts, mais pour l’Algérie, on a vu hier. Si le pouvoir algérien craint la révolte. Il tient sur le principe Coluchien. Circulez, à Alger, il n’y a rien à voir. Mexique… Pas grand-chose à voir non plus, pour Florence Cassez, la malheureuse, condamnée à soixante ans de prison. Gauche et droite françaises sont unies pour la sauver, après le rejet de son pourvoi en cassation, écrit Adeline Fleury dans le JOURNAL du DIMANCHE. Selon ma consoeur, la classe politique de Michèle Alliot-Marie, à Martine Aubry est exaspérée et considère que cette affaire compromet l’année du Mexique en France. Frédéric Mitterrand se prononcera lundi. Nicolas Sarkozy recevra les parents de Florence. Mais on a appris ce matin que Florence ne souhaite pas, l’annulation de l’événement culturel. Selon elle, le combat pour sa libération doit continuer, mais autrement. Au chapitre politique et télévision, media et mercato. Des réactions dans la presse dominicale, à la prestation de Nicolas Sarkozy, jeudi soir. J’en détache une, surprenante. Vous la trouverez dans NICE-MATIN. Selon Georges-Marc Benamou, Nicolas Sarkozy a été très bon, mais c’est Jean-Pierre Pernaut qui a été mauvais ! Et si c’était le système… du chef de l’Etat face au peuple téléspectateur, interviewé par de braves gens, dont ce n’est pas le métier ! Si c’était le système qui était pervers ? Et si c’était la Saint-Valentin-marketing comme on le voit dans tous les journaux, qui dénaturerait la Saint-Valentin qu’on aime ? Cette remarque ne vaut pas pour le MONDE qui dans sa page Le MONDE et vous, distingue le baiser-succion, du baiser-pulsion et du baiser-fusion. Avec cette remarque : « Quand les couples ne s’embrassent plus, mauvais présage pour leur avenir ». Un mot tout de même sur les cadeaux pas chers, de Saint-Valentin. Un poème d’amour, cela enchante et c’est gratuit. Ainsi celui-ci : « Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi que ce balbutiement J’ai tout appris de toi sur les choses humaines Et j’ai vu désormais le monde à ta façon J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines Comme au passant qui chante on reprend sa chanson J’ai tout appris de toi jusqu’au sens du frisson Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que serais-je qu’un cœur au bois dormant Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi que ce balbutiement ».

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