Bonjour à tous… A chacun sa vedette. Pour LE BIEN PUBLIC de Dijon, (journal au très joli nom) la star du week-end est incontestablement Tony Blair. Tony Blair, ou plus exactement ce qu’on pourrait appeler «la conduite anglaise de Nicolas Sarkozy». Star aussi, et en première page aujourd’hui du quotidien, le chanoine Kir, célèbre député de Côte d’Or, grand résistant et longtemps maire de Dijon, qui fit de son patronyme une boisson : le kir, moitié vin blanc, moitié cassis ! Mais qui se souvient aujourd’hui de l’homme qui défia la Gestapo et fit évader cinq mille prisonniers français d’un camp allemand, avant de jumeler après la guerre, Dijon avec Stalingrad ? Oui, qui se souvient du mirobolant chanoine, que célèbre aujourd’hui LE BIEN PUBLIC en oubliant hélas, d’évoquer certaines de ses audaces, dont celle-ci qui marqua notre jeunesse, mon cher Stéphane Paoli. Comme un député communiste s’étonnait qu’on puisse croire en Dieu sans l’avoir jamais vu, le chanoine Kir lui répondit : « Et mon cul, tu l’as pas vu et pourtant il existe ». Voilà qui renvoie à Audiard et Arletty, et semble aussi bien venu, que Tony Blair, jugeant hier, devant l’UMP, Nicolas Sarkozy «énergétique dans tous les domaines». Autre star de la semaine, malheureusement trop discrètement évoqué hier dans LE FIGARO : Louis Alexandre Raimon, plus connu sous le nom d’Alexandre. Alexandre de Paris, mort à 85 ans, et dont les obsèques ont été célébrées quelque part entre Montfort Lamaury et Saint-Tropez. J’avoue avoir raté la lecture du carnet mondain du FIGARO signalant la disparition du Maître Coiffeur, qui fut Dé d’Or d’honneur de la Haute Couture française, et couronna de ses doigts tant de célébrités. Dieu merci, la presse dominicale se rattrape aujourd’hui grâce à Internet et l’AFP qui rappelle qu’on doit à Alexandre, coiffeur cannois, le concept du «chignon artistique» qu’il inventa en 1946 au lendemain de la guerre. Voilà un homme qui symbolisa l’élégance française, en même temps que les grands couturiers pour lesquels il travailla (Chanel, Yves Saint-Laurent, Givenchy, Balmain, Gaultier, Mugler). Un homme qui coiffa la Begum Aga Khan avant son mariage et obtint de Cocteau qu’il lui dessine son logo pour son salon du faubourg Saint-Honoré. Un homme enfin qui tint dans ses mains les têtes de clientes aussi célèbres que ravissantes. J’ai nommé Audrey Hepburn, Shirley Mac Laine, Lauren Bacall, mais aussi Greta Garbo, Maria Callas, Arletty, Michèle Morgan, Romy Schneider, Liza Minelli, et même Elisabeth Taylor et Jackie Kennedy. Et savez-vous qui l’on rencontrait chez «Alexandre homme» dans les années 70-80 rue Marbeuf ?… François Truffaut, Lino Ventura… et même François Mitterrand ! Mais venons-en à la super-star du week-end : Tony Blair… L’ancien premier ministre travailliste britannique, invité de l’UMP hier, et de toute la presse aujourd’hui, fascinée par son humour et son français aussi familier que délicieusement accentué. «Votre président est très énergétique ! (dans tous les domaines) » … Voilà ce que retient en première page LE PARISIEN-AUJOURD’HUI EN France, en légende d’une photo où l’on voit main dans la main, Blair qui sourit et Sarkozy qui rit. En page intérieure, LE PARISIEN relève cette définition politique de Blair par lui-même : «Aux Etats-Unis, je serais démocrate. Au Royaume-Uni, je suis travailliste. En France… je serais probablement au gouvernement » . Une salve d’applaudissements, et Blair, malin comme un singe, corrige : «Non, non, je plaisante. Je serais au Parti Socialiste, mais aux côtés de ceux qui ont à cœur de le transformer » . Nathalie Degaunes, ma consœur du PARISIEN relève naturellement la réponse de Nicolas Sarkozy aux compliments de son hôte. «Tony Blair est intelligent, courageux et fidèle. Il a modernisé son pays. Alors bien sûr, il est socialiste, mais un socialiste comme ça a toute sa place dans le gouvernement français » . Et Nicolas Sarkozy de suggérer aux 2.000 militants de l’UMP réunis pour lancer la campagne des élections municipales, que M. Blair pourrait faire, en 2009, un excellent candidat à la présidence du Conseil de l’Europe. Naturellement il y a dans la presse papier et sur le web, ce dimanche, bien des commentaires suite à ce «je t’aime moi aussi» franco-britannique. Celui du socialiste Paul Quilès par exemple, qui se demande malicieusement pourquoi Nicolas Sarkozy aime les socialistes quand ils sont morts ou étrangers ! Jaurès, Blum dans la première catégorie, Tony Blair dans la seconde. Jean-Paul Huchon, le président du Conseil Régional d’Ile de France, interviewé par Dominique de Montvalon en page 5 du PARISIEN, ne voit pas les choses de la même façon que Paul Quilès, quand on le titille sur la même question… D. de Montvalon : «le travailliste Tony Blair a été acclamé hier à Paris mais par… l’UMP. Réponse de Jean-Paul Huchon : « C’est une initiative intelligente de Nicolas Sarkozy. Lui se donne ainsi une posture réformatrice. Et Tony Blair accroît ses chances de devenir un jour le porte-parole de l’Union européenne ». «Bref,» dit D. de Montvalon,«ce serait gagnant-gagnant, sauf pour le PS !» Dans cette affaire, répond Jean-Paul Huchon, les socialistes ne sont pas tout à fait innocents. Pendant des années, ils ont vilipendé Blair. Sans cela, c’est devant le Conseil national du PS qu’il serait venu parler. Ultime question de D. de Montvalon : Blair, est-ce pour vous une référence ? Il a fait dans son pays des choses intéressantes. Il a amené en particulier les travaillistes à rompre avec de vieux schémas de pensée cryptomarxiste. Mais il y a eu aussi dans sa politique une banalisation de la politique du thatchérisme. Ce qui nous empêche d’approuver complètement son bilan. Nous disons oui à une social-démocratie moderne. Mais faut-il accepter une forme de social-libéralisme qui rend floue la frontière droite-gauche ? La France a besoin d’une opposition qui soit à la fois raisonnable et décomplexée. Raisonnable, décomplexée… Jean Robin dans le même PARISIEN explique à ses lecteurs, que Tony Blair, 55 ans, ancien premier ministre britannique, est bien parti pour devenir le plus riche parmi les riches membres de ce club des anciens chefs de gouvernement. Son nouveau job de conseiller à la Banque Morgan, lui vaut chaque année 3 millions d’euros. Plus quelques autres emplois partiels qui agacent le FINANCIAL TIMES… et une retraite de Premier ministre de 80.000 euros. Avec Cherie Blair, avocate, la femme de Tony Blair, les rentrées d’argent depuis six mois sont estimées à 8 millions d’euros par an. Star du week-end pour Jacques Espérandieu du JOURNAL DU DIMANCHE, Ségolène Royal… «Un café par-ci, un marché par là…. Des attaques contre le président… Voilà comment Ségolène Royal est repartie en campagne du côté de St Brieuc… Un petit peu pour soutenir les candidats aux élections municipales, beaucoup pour tenter de démontrer comment le parti peut ressusciter…Et même redevenir une alternative crédible... Seulement voilà, écrit Espérandieu, elle ne sera pas toute seule à revendiquer ce poste de Premier secrétaire… et pour Mme Royal, ce sera coton.» J’ai gardé pour la fin cette proposition de Louis Giscard d’Estaing…. Il propose de faire un billet d’1 euro… les Américains ont bien un billet d’1 dollar. Ça donnerait du crédit à la monnaie européenne. Enfin le mot qui fait le plus peur, à la Une du MONDE, aujourd’hui : « Le marché du travail vers la flexi-sécurité »…

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