Bonjour à tous… Il y a des trains, des bus, des métros… et du soleil ! Seuls manquent aujourd’hui, à notre beau samedi, les grands quotidiens nationaux. Que faire ? aurait dit Lénine. Que faire quand on est accro aux infos et à la presse-papier, nécessaire compagne des petits-déjeuners. Une seule solution… Se plonger dans la presse quotidienne régionale, les magazines d’actualité ou sa petite librairie personnelle, pour peu qu’elle contienne des ouvrages consacrés à l’Iran, l’Amérique, Cohn-Bendit et tous les va-et-vient de la politique. Pierre Dac avait une recette de sauce aux câpres, sans câpres. Comme lui, je vous proposerai exceptionnellement aujourd’hui une revue de presse avec peu de presse. Et les journaux qui paraissent s’en excusent tristement auprès de leurs lecteurs. C’est le cas des DERNIERES NOUVELLES d’ALSACE qui expliquent en encadré « qu’en raison d’un mouvement national de grève », la direction du grand quotidien alsacien a du supprimer ses éditions bilingues et regrouper ses services, pour publier néanmoins un journal ce matin. Même attitude au MONDE, contraint d’annoncer que son édition datée dimanche-lundi, ne paraîtra pas dans sa version papier ! Mais ajoute la direction du MONDE dans son communiqué… les lecteurs du journal pourront la consulter gratuitement sur www.leMonde.fr. OUEST-FRANCE, moins gêné par la grève, publie une version papier allégée, consacrée aux élections iraniennes, à la crise du lait et aux protestations de la grande distribution. Mais la crise de presse n’est pas renvoyée aux oubliettes, puisque François-Régis Hutin lui consacre son éditorial titré « la presse menacée ». La crise économique fragilise toutes les entreprises, on le sait, écrit le patron d’OUEST-FRANCE, mais elle ébranle davantage, celles qui appartiennent à des branches d’activité en difficulté. La presse quotidienne nationale et régionale en fait partie. On peut comprendre, poursuit François-Régis Hutin, l’inquiétude des personnels devant cet état de choses. Crise générale plus concurrences dans l’information et dans la publicité vous assaillent. Dès lors, la question se pose avec acuité : comment préserver les salaires et les emplois dans une profession dont l’activité recule gravement ! Et l’éditorialiste d’OUEST-FRANCE de rappeler qu’en dix ans, en France, la diffusion des quotidiens a diminué d’un million d’exemplaires. Des titres ont disparu. Certains sont au bord du dépôt de bilan. D’autres passant de main en main, ont été vendus et revendus. Le prestigieux FRANCE-SOIR qui fut le champion de la presse française en diffusion, a été racheté récemment par le fils d’un oligarque russe. Et voici la conclusion de François-Régis Hutin, inquiet comme jamais pour l’avenir de la presse, et donc celui de la démocratie : « Face au danger des diminutions d’effectifs et d’une baisse de qualité, mieux vaudrait éviter les chocs supplémentaires, tel celui que nous subissons aujourd’hui. Un choc qui pourrait bien ébranler davantage l’édifice, c’est-à-dire hâter la chute et la fermeture des journaux. Ce qui pourrait bien arriver, même aux plus grands d’entre eux ». Jean-Pierre Caillard qui dirige le groupe LA MONTAGNE CENTRE-FRANCE se veut moins pessimiste que son confère d’OUEST-FRANCE. Il est vrai que la MONTAGNE de Clermont-Ferrand, née en 1919, au lendemain de la première guerre mondiale, fête ses 90 ans. Et le journal nonagénaire se porte bien puisque l’YONNE REPUBLICAINE, le POPULAIRE du CENTRE, le BERRY REPUBLICAIN l’ont rejoint. « Notre stratégie de diversification », écrit ce matin Jean-Pierre Caillard, « est intense. Nos magazines, nos hors-séries, nos hebdos, nos télévisions locales, nos sites internet ont élargi avec succès notre palette éditoriale. En misant résolument sur le tout média et en conservant toute sa place à l’écrit, nous relevons les défis de demain et d’aujourd’hui ». Et le patron de la MONTAGNE CENTRE-FRANCE de plaider pour une presse du cœur et de la raison, qui appliquerait la règle d’Alexandre Varenne, le fondateur de la MONTAGNE : « Il faudrait », disait-il, « faire dans nos journaux le moins de politique possible ou plutôt, ramener la politique à son vrai but : le bien public ». « 90 ans plus tard », conclut Jean-Pierre Caillard, « notre philosophie est la même. Une presse ouverte à tous, indépendante, analysant, décryptant l’information de manière libre et impartiale. Une presse-miroir de la société ». Ouais… semble répliquer le quotidien LA MARSEILLAISE, en titrant sur le cortège de revendications contre la crise, qui défilera tout à l’heure sur le Vieux-Port. Et LA MARSEILLAISE d’assurer que cette journée d’action appelée par 8 syndicats, serait soutenue par 75 % des Français. Voire ! le journal LA PROVENCE s’en tient à une carte annonce de manifestations pour l’emploi ce samedi et privilégie Nicolas Hulot qui veut emmener plus loin, les politiques soucieux d’écologie. Et le Président de l’OM, Pape Diouf, qui attaque, promet de ne pas lâcher son club. Je ne sais, si Nicolas Hulot profitera du week-end pour lire attentivement le FIGARO MAGAZINE et en particulier l’éditorial au vitriol d’Alexis Brézet, intitulé « les arroseurs arrosés ». Edito dans lequel Brézet fustige ceux qui sont passés selon lui, de la « mémoire anti-Sarkozy, à l’hystérie écolo ». Extrait de cette volée de bois vert contre les verts : « L’écologie politique est grande, et Daniel Cohn-Bendit, son prophète ! Tant pis si les Verts ne progressent significativement qu’en France, en Belgique et en Suède. Tant pis si, chez nous, le conglomérat de barbus et de bobos, de « nonistes » et d’européistes, d’antinucléaires et d’amis des animaux, de vrais gauchistes et de demi-libéraux, miraculeusement rassemblés par « Dany » l’espace d’une campagne, ne sont au fond d’accord sur rien. Désormais, il doit être dit, sous peine d’excommunication médiatique, que la révolution écolo-politique est en marche et que, demain les Verts prendront la place du Parti socialiste. Gare ! Waechter, Tapie, Villiers : les européennes nous ont habitués à ces stars d’un jour, sitôt couronnées, sitôt détrônées. Et les verts sont abonnés au Yo-Yo électoral : capables d’exploits aux élections municipales, régionales ou européennes, ils n’ont jamais fait d’étincelles dans les scrutins nationaux. Le POINT souligne volontiers lui aussi, « la débandade du PS, la solitude victorieuse de Nicolas Sarkozy », mais retient ce qu’il appelle « l’exploit de Daniel Cohn-Bendit ». Le NOUVEL OBSERVATEUR fait davantage en illustrant sa couverture d’un portrait de Dany-binoclard hilare avant d’expliquer « les raisons de la vague verte, dimanche dernier et pourquoi Bayrou s’est effondré ». Le NOUVEL OBSERVATEUR nous apprend aussi que Jacques Julliard a voté dimanche dernier « Europe Ecologie ». Complément d’enquête en libraire. J’ai retrouvé dans les mémoires d’Alain Peyrefitte chez Fayard cet échange en mai 68, entre De Gaulle et son ministre de l’Education… Le Général : « mais enfin, ce Cohn-Bendit, qu’est-ce qu’il a pour lui. Comment s’y prend-il pour entraîner tant de gens derrière lui » ? Réponse de Peyrefitte : « Il a un grand talent. Il est successivement badin, désinvolte, ange exterminateur des structures bourgeoises au nombre desquelles il compte le PC. C’est un révolutionnaire anarchiste et rigolard. Il veut tout détruire et il le fait si gaiement que les radios le flattent et l’adulent ». En quarante ans, les hommes peuvent changer … un peu… beaucoup… pas du tout… Et vous. Avez-vous changé ? Oui répond Jean-Marc Lech, le patron d’Ipsos dans l’EXPRESS. Selon lui « Les Français ne respectent plus l’autorité »

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