Bonjour à tous. « Belgique ! Rappelez-vous bien ce nom-là, Mesdames et Messieurs, car on aura d’ici peu l’occasion d’en reparler… » Alphonse Allais, ne croyait pas si bien dire à propos de nos amis les Belges, qui n’en finissent pas de vouloir en finir avec leur pays, vieux pourtant de 180 ans. Mais il est loin le temps où Bruxelles chantait et Bruxelait, loin le temps des omnibus avec des femmes et des Messieurs en gibus ! Ce temps du plat pays, chanté par Brel… « Quand sur l’impériale, le cœur dans les étoiles, Y’avait son grand-père. Y’avait sa grand-mère. Il était militaire. Elle était fonctionnaire. Il pensait pas. Elle pensait rien… Et on voudrait que je sois malin ». On vote aujourd’hui en Belgique et Jean-Pierre Stroobants décrit dans le MONDE, daté dimanche-lundi, un Royaume tourmenté où Francophones et Wallons essayent de vivre en oubliant le mur linguistique qui les sépare. Mon confrère se demande s’ils vont renoncer aujourd’hui à leurs identités multiples et faire de cette frontière administrative que certains appellent rideau de patates, une frontière d’Etat… Certains en Flandre, prônent en effet la scission et croient triompher, ce dimanche aux élections, bien que leurs convictions fluctuent depuis longtemps, entre colère, espoir et désarroi… « La Belgique, moi je m’en fous », dit un écrivain de langue néerlandaise à mon confrère du MONDE. « Néanmoins , ajoute cet auteur du roman , « La Multitude des choses », je préfère encore la Belgique à une Flandre recroquevillée. » Un autre Belge francophone qui vit en Flandre, déclare au même Jean-Pierre Stroobants, que la Belgique c’était autrefois un petit paradis, mais que malheureusement les politiques et les médias ont fait naître et développer des identités séparées. Nous sommes souvent ridicules, conclut un cadre francophone, né au Congo, qui a vécu en Amérique latine et se prétend flamand, en se voulant belge. « J’aime », dit-il, « que Flamands et Wallons racontent des blagues, sur leur propre communauté mais pas sur l’autre ». Et cet adversaire du séparatisme, cité par le MONDE, d’ajouter : « Oui, nous sommes souvent ridicules, alors ne le soyons pas davantage en ajoutant une étoile au drapeau européen. Qui va céder ? Qui veut encore être raisonnable… Hélas, je n’en sais rien ». Le JOURNAL du DIMANCHE, sur sa page international, rappelle qu’il est possible aux vieux couples de faire chambre à part, sans divorcer. Mais il s’agit, du couple franco-allemand, Merkel-Sarkozy. Ils ont reporté leur dernier rendez-vous et trahi selon Hélène KOHL, la correspondante du JOURNAL du DIMANCHE à Berlin, une certaine mésentente. Mais bon, la chancelière va recevoir dans sa capitale demain, le Président français. Et ils sauront tous les deux, comment Francophones et Flamands de Belgique, ont décidé dans les urnes de l’avenir de leur pays et éventuellement de l’Europe, qu’ils vont présider, six mois durant. Sur la même page, la correspondante du JOURNAL du DIMANCHE à Bruxelles présente le nationaliste flamand Bart de Wever, grand favori du scrutin d’aujourd’hui dans son pays. C’est un conservateur, dont le parti, N-VA, est crédité de 26 % des voix dans les sondages, et donc bien placé, pour devenir ce soir, non seulement premier parti de Flandre, mais pivot demain, dans la coalition qui sera chargée de gouverner la Belgique. Selon ma consoeur du JOURNAL du DIMANCHE, Monsieur de Wever est un européen plein d’humour, qui doit tout ou partie de sa popularité à un jeu télévisé intitulé : « L’homme le plus intelligent ». Jeu qui lui a permis, deux mois durant, de briller grâce à sa culture impressionnante, face à un francophone moins brillant, paraît-il. Bart de Wever serait nationaliste, sans être d’extrême-droite et a fait campagne sur le transfert des prérogatives de Bruxelles, vers des entitées fédérées. Attitude qu’il explique d’un mot : « Il est tout à fait raisonnable d’aller vers un processus d’évaporation de la Belgique ». LIBERATION, dans son supplément magazine du week-end, consacre quelques articles de fond, et une ou deux blagues belges à la question. Oui ou non, demande LIBE, la Belgique va-t-elle se laisser séduire aujourd’hui par les sirènes séparatistes, après trois années de crise. Le dossier est intitulé : « Tout feu, tout Flandre ». Et j’y ai glané à votre attention deux petites histoires bien absurdes, rapportées par Béatrice Vallaeys. La première se passe dans un théâtre où sont réunis un grand nombre d’artistes belges. Au micro un animateur demande aux Flamands de s’installer à droite. Les Wallons à gauche. Mais dans le public, une voix s’élève : « Et nous les Belges, on se met où ? ». L’autre histoire, se passe à la RTB. La Radio télévision où travaillent journalistes francophones et néerlandophones – lesquels sont séparés par une sorte de mur de Berlin. Sur la porte de la rédaction francophone une pancarte : « Ici on parle le français ». Sur l’autre porte, celle des Flamands, on peut lire : « Ici, on ne parle pas, on travaille. Et LIBERATION de commenter et conclure à sa manière en citant Amélie Nothomb : « Etre Belge», confiait-elle à LIBERATION il y a déjà trois ans, « c’est être d’une nationalité vague, qui m’est pourtant indispensable ». Nationalité vague… pays évaporé… Que dirait aujourd’hui le Général de Gaulle, qui fait, à la veille du 18 juin 2010, la couverture de tant et tant de magazines. Voyez à cet égard, le FIGARO Magazine et l’éditorial étonné d’Alexis Brézet. Voyez aussi dans le NOUVEL OBSERVATEUR, le dossier de Jean-Pierre Guéno, intitulé « les 18 idées reçues sur l’homme du 18 juin ». Idées justes, idées fausses, soigneusement décortiquées. Voyez dans le PARISIEN, ce que dit Michèle Alliot-Marie des gaullistes d’aujourd’hui. Voyez dans MARIANNE, comment tout a basculé en France, pas le 18, mais le 17, avec l’armistice voulue par Pétain et Weygand. Notez enfin qu’un livre paru aux éditions Tirésias et signé Cédric Gruat, livre le mystère du voyage d’Hitler à Paris. Quand est-il venu, visiter au petit matin, une capitale déserte… le 18, le 23, le 28 juin ? Le 28, 2h15, le peintre raté courant de l’Etoile à la Madeleine, en passant par l’Esplanade du Trocadéro. Ce fut, dit Cédric Gruat, moins le parcours d’un vainqueur, que la visite d’un peintre raté.

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