Bonjour à tous… Combien sommes-nous à regretter le temps des Coluche, des Aguigui et des Ferdinand Lope qui égayaient autrefois nos veilles d’élection. « Quand je vois un pauvre qui va voter », disait Coluche, « c’est comme si je voyais un crocodile entrer chez un maroquinier ». Aguigui militait plus pour la presse et moins pour l’abstention quand il proposait son journal « Mouna Frères » en criant « qu’il était le moins lu de la presse sporadique ». Quant à Ferdinand Lope, il était seul des candidats humoristes à militer sur un programme riche de deux grands projets : la prolongation du Boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer. Et l’extinction du paupérisme, après dix heures du soir ! C’était assez pour diviser la jeunesse du quartier latin en deux camps : les pro-Lope et les anti-Lope, évidemment ! A part ça, direz-vous… Pour qui votait-on ? En faisant, je l’espère, un peu plus attention à l’orthographe de la question, que ces potaches incapables d’écrire correctement « les poules s’échappaient du poulailler, dès qu’on l’avait ouvert ». Tout ce préambule pour souligner qu’il nous est interdit aujourd’hui de participer si peu que ce soit, à la campagne électorale, en favorisant à ce micro tel ou tel camp. La presse dans son ensemble, lève le pied sur les arguments de campagne, reçus ces dernières semaines à satiété. Une partie des journaux du week-end donne le mode d’emploi du scrutin, et souligne ce matin, à l’instar du FIGARO, que ce sont les cinquièmes élections régionales de la Vème République et peut-être les dernières ! En effet, si la réforme des collectivités territoriales est adoptée au Parlement, comme le souhaite Nicolas Sarkozy, en 2014 des conseillers territoriaux prendront la place des conseillers régionaux… D’ici là, électrices, électeurs, mes frères et mes sœurs, vous avez le temps d’aller choisir demain dimanche et dimanche en huit, les 1.830 conseillers régionaux à élire. Disant cela, vous pourriez croire, que je milite contre l’abstention. Peut-être bien… D’autres le font ce matin avec plus de force de persuasion. C’est le cas de François-Régis Hutin, qui en appelle dans son éditorial d’OUEST-FRANCE, aux 2 millions 361.000 électeurs bretons. Il paraît, écrit l’éditorialiste d’OUEST-FRANCE, que ces élections ne passionnent pas les foules. Et bien vous allez voir, nous avons enquêté auprès de nos 18-24 ans et ils se sentent concernés par l’avenir de leur région. Nous sommes comme eux, conclut mon confrère Rennais, comment pourrions-nous négliger demain notre devoir de citoyen. Attitude identique au TELEGRAMME de Brest, qui s’inquiète néanmoins du taux d’abstention, l’inconnue du scrutin. Même crainte au FIGARO, où sur la foi des derniers sondages-pronostics, celle-ci pourrait atteindre un taux record. Etienne Mougeotte s’en inquiète pour le camp qu’il défend et « parle d’un piège pour les siens, en expliquant qu’il y a toujours de mauvaises raisons pour ne pas aller voter. Et vous verrez, ajoute-t-il, que les beaux esprits ne manquent pas d’arguments pour justifier leur abstention… Sous prétexte que le résultat de ces élections ne changera rien aux grands équilibres politiques nationaux ». Fin de citation de mon confère du FIGARO. Bruno Frappat dans la CROIX, s’inscrit lui aussi dans le petit groupe d’éditorialistes-chroniqueurs qui fait appel aux électeurs. Allez vous aérez, leur dit-il. Allez voter, même si cela vous ennuie. Rien de tel pour dominer cet ennui présumé, que de jeter un œil sur ces peuples qui prennent des risques pour le faire… Méditons sur les Irakiens, qui malgré un danger de mort, non nul, sont allés voter la semaine dernière. Eux, n’ont pas fait la fine bouche. Ils n’ont pas pris la liberté de haut. Et le chroniqueur de la CROIX de conclure : « Le droit de vote, c’est comme beaucoup de choses qui nous paraissent naturelles, installées et ronronnantes… Il suffit d’imaginer qu’elles disparaissent pour en mesurer le prix. Nous aurions bonne mine, devant des urnes définitivement bouclées. Citoyens, encore un effort ». Cet effort-là, l’HUMANITE le demande elle aussi, et le justifie en des termes qu’il me faut, pour la bonne règle, censurer aujourd’hui. Disons que le quotidien communiste titre sur une image empruntée à la boxe. Un sport qui se pratique comme chacun sait, avec deux poings. Reste, non pas une campagne pour l’abstention, mais une étonnante recherche d’informations, sur les raisons qui poussent certains de nos concitoyens à ne pas se déplacer demain. Y participent, le MONDE, dans son supplément magazine et LIBERATION dans ses pages 6 et 7, en faisant des reportages-voyages, chez ceux qui s’en foutent des élections, soit parce que la politique les déçoit, soit parce qu’ils considèrent que la gauche et la droite, c’est blanc-bonnet, vu que le résultat ne changera rien à leur vie. De toute façon, c’est le Medef qui gouverne, dit l’un à LIBERATION… Tandis qu’un autre, soupire, face aux reporteurs du MONDE Magazine… « Bof, les élections c’est joué d’avance. On retrouve, à chaque fois les mêmes : vous rendez-vous compte que Mitterrand était déjà ministre avant ma naissance ! Et le MONDE de citer encore… un électeur irrégulier et un revenant qui se souvenant de ses parents électeurs… promet de retourner à l’isoloir. Voulez-vous d’autres prétendants à d’autres pouvoirs ? Voyez le PARISIEN qui publie ce matin la lise des papabiles pour la succession de Patrick de Carolis à France télévisions. Parmi eux… Frédéric Mitterrand, l’actuel ministre de la culture ? Bizarre. J’ai dit… papabile… le même PARISIEN fait la une sur l’Eglise de la Tourmente… avec le dossier de la pédophilie chez les prêtres en Europe… Il y aurait tout à dire sur ce sujet… je me contenterai de l’épitre de Saint-Paul aux Corinthiens… Et de sa réponse. « A ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu’il leur est bon de rester comme moi. Mais s’ils manquent de continence, qu’ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler ». Et je concluerai… pour le coup… sur une indignation à la lecture terrible, de la page 13 du PARISIEN.. « Une attaque d’une sauvagerie inouïe. C’est en ces termes qu’est décrite l’agression dont a été victime Valentin S. le 14 février, dans la cour de promenade de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Il est environ 14 heures, ce dimanche, quand ce prisonnier de 35 ans, placé en détention provisoire pour des faits de violence, rejoint la promenade. Aussitôt, il est pris à partie par un détenu, dont il aurait agressé le frère, quelques mois plus tôt. Le temps que les gardiens interviennent, tout est allé très vite, relate une source pénitentiaire. L’agresseur de Valentin lui a baissé le pantalon puis le caleçon et a tenté d’arracher à mains nues ses parties génitales. Bilan : fracture du corps caverneux et début d’arrachement des parties intimes. Copieusement tabassé, Valentin S. subit, en outre, des lésions périorbitales et un traumatisme crânien. Certains détenus auraient tenté de lui venir en aide. Ils en ont été dissuadés par d’autres. Il parvient à sortir tout seul de la cour. Après une semaine d’hospitalisation, Valentin S. a été transféré dans un autre établissement de la région parisienne ».

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.