Bonjour à tous… et merci au mensuel PSYCHOLOGIE-Magazine qui a eu la bonne idée de faire de ce samedi 13 novembre la journée de la gentillesse. Ca tombe bien. Ce matin dans les journaux, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Beaux et gentils Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy qui ont promis de travailler au G20-2011, pour la France, la main dans la main ! En Birmanie, les dictateurs vont enfin libérer dans les prochaines heures leur belle prisonnière, Aung San Suu Kyi. A Paris, ce week-end, le chef de l’Etat va recevoir gentiment Jean-Louis Borloo et tous les ministres qui entreront ou sortiront de son gouvernement. Bref, les heures qui viennent seront marquées en public et en privé par l’amabilité, l’aménité, la bienveillance soucieuse de l’autre. Chez vous, chez moi, dans la rue, dans le commerce, nul ne sera grossier, rude, méchant. La presse l’a bien compris et suit résolument la campagne de PSYCHOLOGIE-magazine, du JOURNAL du DIMANCHE au TELEGRAMME de Brest et de la REPUBLIQUE du CENTRE à PARIS-NORMANDIE, en passant par la MONTAGNE de Clermont-Ferrand et le COURRIER de l’OUEST. Ce dernier quotidien présente fort aimablement les « Nouveaux Champs-Elysées du gentil Michel Drucker, ce soir sur France 2 ». Et le COURRIER d’en profiter pour s’interroger sur ses lecteurs régionaux. « Les Angevins sont-ils vraiment gentils ?». Allez savoir ! En tout cas, ils l’étaient au temps de Du Bellay, défenseur inconditionnel de son loir gaulois, de ses toits d’ardoise fine et de la fameuse « douceur angevine ». « On a tous besoin de gentillesse et pas seulement une fois par an », écrivent ensemble les éditorialistes de la REPUBLIQUE du CENTRE et de la VOIX du NORD. Osons l’être. La gentillesse n’est ni ringarde, ni désuète insiste le TELEGRAMME de Brest, malgré le sondage de PSYCHOLOGIE-Magazine, où il apparaît que 41 % des Français ont peur de passer pour des imbéciles, s’ils sont aimables. C’est une erreur pour le JOURNAL du DIMANCHE, qui s’écrie « gentil un jour, gentil toujours » avant d’expliquer que l’ambiance dans la rue, dans l’entreprise, en société est meilleure quand chacun fait un effort, vis-à-vis de l’autre. Ce qui n’empêchait pas François Mauriac d’écrire dans le « Nœud de Vipères » qu’une certaine qualité de gentillesse est toujours signe de trahison : trop gentil pour être honnête ! C’est pourquoi nous regretterons que Monsieur Arnaud de Saint-Simon, Président de PSYCHOLOGIE et promoteur du mouvement « Soyons gentils » n’ait pas, comme Jean Yanne en 1972, allié beauté et gentillesse. Ici à France Inter, vous avez, simplement en les écoutant, mesuré de loin la gentillesse naturelle de Fabrice Drouelle et de Patricia Martin. Et que dire de nos réalisatrices et de nos techniciens en régie. Ils sont tous gentils, gentils et incroyablement beaux. Patricia, que vous ne voyez pas, est aussi belle que Carla Bruni en première page du PARISIEN ce matin, car elle a, hier soir à l’Olympia, poussé la gentillesse jusqu’à être l’invitée inattendue du prix Constantin. Mieux que ça. La belle, la gentille Carla a chanté en duo avec le très beau Marc Lavoine, « La Noyée » de Serge Gainsbourg. « Tu t’en vas à la dérive Sur la rivière du souvenir Et moi, courant sur la rive Je te crie de revenir ». Commentaire de mon confrère, Hubert Lizé : « Cette chanson figurait sur le premier album de Carla Bruni, « Y’a quelqu’un qui m’a dit »… Hier, quand la première dame de France l’a reprise, la salle surprise, a fait « oh –oh » avant que fusent dans les travées, des applaudissements nourris ». Gentille, trop gentille la presse ce samedi. Peut-être par certains côtés. Si vous ouvrez le POINT, vous trouverez quelques extraits des Mémoires de George Bush. Mais faut-il lire les Mémoires du prédécesseur d’Obama ? Vous trouverez aussi, et le revuiste d’Inter en recommande la lecture, un plaidoyer d’un ex-ministre de Lionel Jospin, favorable à Nicolas Sarkozy et à ses réformes. « Vous vous rendez compte », écrit Allègre, « l’apprenti dictateur que certains nous décrivent, a eu l’idée étrange de s’interdire plus de deux mandats ». « Mais c’est égal », ajoute l’homme qui a tant agacé à propos du réchauffement limatique. «C’est égal… Nicolas Sarkozy a cru que la France était une Ferrari, or c’est un tracteur. De là, cette volonté boulimique de réformes, qui énerve et inquiète ». Et voici la clé du plaidoyer de Claude Allègre, séduit par Sarkozy, même s’il lui reproche son attitude, vis-à-vis des Roms cet été. « Moi », écrit-il, « homme de gauche dont les convictions profondes sont intactes, qui ai rompu avec le parti qui était le mien depuis trente ans parce qu’il avait préféré Ségolène Royal à Dominique Strauss-Kahn, j’ai été atterré par l’attitude fermée de la candidate à la présidentielle lors des débats sur la Constitution comme sur les retraites. Atterré et peiné, car, malgré ma rupture, c’est ma famille, et j’en espérais mieux. Le pays, certes, a besoin d’une opposition vigoureuse, mais aussi constructive, qui propose, contribue, innove. Car la route du redressement de la France va être longue. Pour résister à ce terrible défi de la mondialisation, nous avons besoin de toutes les idées ». Gentil aussi, le FIGARO qui fait ce matin de la relance du G20, le nouveau défi de Nicolas Sarkozy, après – je cite – le sous-titre… après l’échec du G20. L’HUMANITE préfère évoquer les divergences des puissants de la planète à Séoul, avant de demander… crise, spéculations… A quoi sert le G20… Le JOURNAL du DIMANCHE dénonce les responsables… Chine et Etats-Unis qui ne se sont pas accordés pour résorber les déséquilibres financiers. D’où cette manchette : « Gouvernance mondiale… On verra plus tard ». J’ai gardé pour la fin, une chronique, méchante… enfin pas gentille pour Houellebecq que tout le monde excuse, du POINT au FIGARO magazine. Celle-là est signée Bruno Frappat et consacrée au style dans la dernière page de la CROIX. « Je signale, au risque de choquer le petit monde qui considère Michel Houellebecq comme le plus grand auteur français vivant, que ce dernier devrait faire un effort… d’écrire. Car il a une écriture relâchée, des formulations répétitives, une adversité-constante. On sent que le style, le beau style, il s’en moque. Comme si la littérature se bornait à l’imaginaire (qui, par les temps qui courent, s’attache beaucoup au sordide…). Evidemment on ne lui demande pas, à Houellebecq, d’être Chateaubriand ou rien, mais quand même, cette belle langue, ce français qui s’abâtardit de jour en jour dans une soupe anglo-saxonne ou dans des abréviations de SMS, si les écrivains ne font pas quelque chose pour elle, qui le fera ? ».

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