La revue de presse de Frédéric Pommier

Depuis mercredi, et l’élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis, on se dit que désormais, tout est devenu possible… Même le plus impensable. Même le plus inconcevable. Et même le pire, évidemment. Le pire et le meilleur – les deux mots, parfois, vont de pair. L’élection de Donald Trump a donc montré qu’il fallait se méfier des sondages et se méfier de ceux qui se targuent de lire dans l’avenir et les urnes. Même le plus incroyable est donc devenu possible. Et c’est ce qu’on se dit à la lecture des extraits de l’interview que vient d’accorder Brigitte Bardot pour un hors-série de Nice Matin. C’est un hors-série consacré aux animaux, qui sera publié mi-décembre, mais le site internet du Point nous livre aujourd’hui l’essentiel de ce qu’y dit l’ancienne actrice, dont on connait depuis longtemps les accointances avec les élus du Front National. Or là, étonnement, elle fait l’éloge d’un homme situé de l’autre côté de l’échiquier politique : « Brigitte Bardot conquise par… Jean-Luc Mélenchon ! » C’est le titre du papier.

« C’est un peu le mariage de la carpe et du lapin, mais il faudra s’y faire », s’amuse l’hebdo en ligne : depuis que leader de La France Insoumise a décidé de suivre un régime draconien à base de quinoa, un régime sans viande ni graisse animale, BB lui trouve toutes les vertus. « Mélenchon, bravo ! », lance-t-elle. « Mélenchon, moi, j’applaudis ! » Alors bon, bien sûr, rien ne dit que ce subit engouement ira jusqu’au bulletin de vote : pour l’heure, c’est uniquement l’intérêt du député européen pour la cause animale que salue Bardot. N’empêche, qui aurait pu prédire qu’un jour Brigitte Bardot dirait du bien de Mélenchon ? A priori, personne. Pas même Mélenchon lui-même, dont on ne sait ce qu’il fera de cet inattendu soutien. Mais, comme nous le disions : depuis l’élection de Donald Trump, tout parait devenu possible…

Dans cette même interview, l’ex-icône des sixties s’en prend en revanche à tous ceux qui, pour elle, ne se préoccupent pas assez des animaux. En l’occurrence, Stéphane Le Foll, qu’elle juge carrément « complice de la barbarie qui se joue dans les abattoirs ». « Ce type, dit-elle, c’est une honte. » Et Sarkozy ? « Une catastrophe », car il n’a rien fait lui non plus pour améliorer les choses. Et elle dézingue tout pareillement l’ensemble des candidats de la primaire de la droite et du centre. Car pas un seul n’évoque le sort qu’on fait aux animaux, question qui soulève pourtant, explique celle qui servit de modèle à notre Marianne, un débat d’éthique et de fond.

Et, sur ce point-là, on ne peut que lui donner raison : aucun des candidats de la primaire n’évoque le sort des animaux. Mais, malgré cela, il en est un qui continue de progresser dans les sondages. Alors, bien sûr, on reste zen : il ne s’agit que de sondages, des photographies de l’opinion qui peuvent se tromper totalement ! Cependant, pour François Fillon, ça paraît significatif : une hausse de neuf points dans les dernières estimations de l’institut ODOXA. Il se rapproche ainsi de Nicolas Sarkozy, tandis qu’Alain Juppé, lui, baisse de 7 points. Et tout cela donne le sourire au député de la Sarthe, comme en témoigne l’interview qu’il a donnée au JDD… « Je serai au second tour ! », répète-t-il à deux reprises, en expliquant que l’embellie qu’il connait actuellement date du tout premier débat télévisé. « Jusque-là, dès que j’arrivais quelque part en province, les journalistes me tendaient avec compassion leur micro et ils me demandaient : ‘Vous y croyez encore ?’ » Or, maintenant, confie-t-il, « on me demande jusqu’où ma campagne peut aller. »

Et l’ex-Premier ministre de passer en revue ses rivaux et ses adversaires. François Hollande ? « Disqualifié. Si j’étais à sa place, je ne me représenterai pas. » Bruno Le Maire ? « Ses attaques ne sont pas au niveau. » Alain Juppé ? « Trop modéré pour changer la donne. » Et lorsqu’on lui parle de Nicolas Sarkozy, François Fillon s’emporte : « Au lieu de parler du fond du problème, certains perdent leur sérieux, en parlant de frites et de jambon. » Allusion à la récente sortie de l’ancien chef de l’Etat sur les repas de substitution dans les cantines scolaire. Quant à Marine Le Pen, il estime que prétendre qu’elle peut accéder à l’Elysée dès l’an prochain est non seulement faux, mais également « irresponsable ».

Madame Le Pen, qui présentera son équipe, de même que son local de campagne mardi prochain. Et ce, en l’absence de sa nièce, précise le site Mediapart. Marion Maréchal-Le Pen sera pour trois jours en Russie, où elle devrait notamment se rendre à la Douma. Voyage « diplomatique », elle ne sera donc pas sur la photo de famille… « Et tata est folle de rage », rapporte un proche de la dirigeante du parti. En revanche, un petit nouveau pourrait bien figurer sur la photo de l’équipe de campagne : c’est Damien Philippot, frère de Florian Philippot qui, jusque-là, bossait au département opinion de l’institut IFOP.Le Monde nous apprend qu’il vient de démissionner de son poste et qu’il pourrait avoir un rôle de conseiller auprès de la candidate du Front National.

Une candidate qui fut la première en France à se réjouir de l’élection de Donald Trump, estimant que celle-ci pourrait être annonciatrice de la sienne. Mais c’est une hypothèse qui semble faire frémir le colosse Gérard Depardieu… Depardieu qui, dans son nouveau film, incarne un vieux réac obligé de prendre la route avec un rappeur de banlieue. Le film, c’est Tour de France et c’est à l’occasion de sa sortie que le JDD le questionne sur ce qu’il pense – notamment de la France, et du Front National. « Marine Le Pen, dit-il, ce n’est pas une menace, non, c’est une connerie ! » Parfois, ce sont peut-être les acteurs qui disent les choses le plus clairement.

Cependant, c’est la photo d’un autre artiste que l’on retrouve à la Une de l’hebdomadaire. Photo du chanteur Sting, qui donnait un concert hier au Bataclan. Un hommage aux victimes des attentats d’il y a un an, et un concert avant tout destiné à « célébrer la vie ». Le sujet fait d’ailleurs la Une de la quasi-totalité des journaux ce matin… « Sting redonne vie au Bataclan », titre ainsi La Presse de la Manche, tandis que L'Union évoque « un concert pour ne pas oublier ». De son côté, Le Parisien revient, dans un dossier de dix pages très complet, sur tout ce qui a changé en France depuis le 13 novembre 2015. Non, nous ne sommes plus tout à fait ce que nous étions avant les attaques menées par neuf djihadistes il y a exactement un an. Photo d’un groupe de militaires devant la pyramide du Louvre. Des militaires en armes, comme on ne s’étonne plus d’en croiser dans les rues de Paris. Il y a exactement un an, la vie des Français a donc été bouleversée, et nous avons appris à vivre sous la menace terroriste. Et le journal de citer les paroles de « Fragile », la chanson avec laquelle Sting a débuté son concert : « La pluie de demain lavera les tâches, mais il restera toujours quelque-chose dans nos âmes ». Quelque-chose de tous ceux qui ont été assassinés ce jour-là à Paris. De nouveaux témoignages de leurs proches sont à lire ce matin dans les journaux.

Le Monde quant à lui, s'intéresse à l'enquête : « Comment les terroristes du 13 novembre se sont infiltrés en Europe ». Où il apparaît qu’Abdelhamid Abaaoud est probablement entré en Europe avec l'auteur de l'attaque du Thalys, en août 2015, alors que tout le monde le croyait à l'époque en Syrie.

Enfin, sur le site de L’Obs, lire également l’hommage rendu à Malek Chebel, mort hier d’un cancer à 63 ans. Psychanalyste, psychologue et anthropologue de la sexualité dans l’islam, il œuvrait, nous explique le site, pour « un islam des Lumières ». Malek Chebel travaillait notamment pour réhabiliter le désir féminin. C’est une voix qui manquera. Une voix que l’on regrette déjà.

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