Bonjour à tous…. Et vivement ce soir ! "Vivement ce soir", fait ce matin à Amiens, le premier titre du COURRIER PICARD, avec cette anticipation facile : « Dans les bars, au boulot, en famille, la France va vivre passionnément le choc de la demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby. » « Sortez le grand jeu » s’écrie poliment L’EQUIPE, le quotidien du sport, avant de prévoir tout de même, un combat furieux, entre le XV de France et le XV d’Angleterre, notre meilleur ennemi. LA DEPECHE DU MIDI est moins élégante, ou plus historique, quand elle titre : « Nous devons bouter les Anglais pour aller en finale » : « A terre, l’Angleterre » Ce qui renvoie tout à la fois, à Jeanne d’Arc, Cambronne et de Gaulle : « L’Angleterre, je la veux nue. » Apocryphes ou pas, ces mots de la Pucelle et du Grand Charles disent encore aujourd’hui ce qui reste d’une vieille anglophobie. Et je ne parle pas des marins, accordés dans tous les ports pour se rosser joyeusement entre cols bleus de la Reine et pompons rouges du continent. « Ce soir, prévient à cet égard Roger Antech dans son éditorial de LA DEPECHE, ce ne sera pas petits fours et champagne, mais durs à cuire et alcool brutal. » « Ce sera féroce et rugueux »… pronostique LA REPUBLIQUE DU CENTRE, tandis que France SOIR titre sur une image farouche de Chabal, non pas « Bienvenue les Anglais »… mais « You are welcome en enfer ». LE FIGARO, LES DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE, LE PARISIEN, L’HUMANITE, LIBERATION, OUEST France sont plus calmes et psalmodient les mots défis, légende, ou les slogans « Allez France », et "Vive la revanche de Sydney 2003." Encore garderons-nous pour la bonne bouche, la première page du MIDI LIBRE qui publie la photo d’un coq face à un bouton de rose, avec ce titre impératif : « Boutons l’Anglais ! » Voyez aussi en plus élaboré, le dessin de Ranson, en page 2 du PARISIEN, avec représentés côte à côte, un énorme Sébastien Chabal, plus chevelu et barbu que jamais, à côté d’un horse-guard filiforme enfoui sous son bonnet. En légende du dessin de Ranson, cette question : « Qu’est-ce qui est grand, poilu et qui va gagner le match ? » Rien à ajouter, sinon peut-être, ces paroles d’une vieille chanson, chère aux marins bretons… « Le 31 du mois d’août (bis) Nous vîm’s venir sous l’vent à nous (bis) Une frégate d’Angleterre Qui fendait l’air et puis les flots C’était pour aller à Bordeaux. Buvons un coup, buvons en deux ) A la santé des amoureux) (bis) A la santé du Roi de France, Et m… pour le Roi d’Angleterre, Qui nous a déclaré la guerre. » J’en viens maintenant aux vérités qui dérangent. Et d’abord, à cette bonne nouvelle du Prix Nobel de la Paix accordé à Al Gore. Al Gore que l’on croyait politiquement mort, en 2000, après sa défaite face à G. W. Bush. « C’est sa revanche verte, écrit Fabrice Rousselot, dans LIBERATION, et son Nobel doit lui faire chaud au cœur. » LE FIGARO précise, que le candidat malheureux à la Maison Blanche doit partager son prix avec un groupe d’experts onusiens, et qu’il bénéficie dans cette affaire, du succès de son film sur le réchauffement planétaire. Et Pierre Rousselin, dans son éditorial, souligne qu’il y a dans ce prix Nobel, autre chose qu’un pied de nez à un George Bush finissant. Selon mon confrère, en effet, le Prix Nobel de la Paix à Al Gore, qui s’y connaît en matière de mobilisation des opinions, vaut pour tous les candidats en lice, à la Maison Blanche. Et il faudra bien que le successeur de Bush, prenne la tête du combat, pour sauver la planète. Ne manquez pas de prendre trois minutes pour lire en page 2 du MONDE, l’analyse très claire et très honnête d’Hervé Kempf, sur George Bush, le climat et l’illusion technologique. Cette analyse fixe sans parti pris, les positions des docteurs tant-mieux, et des docteurs tant-pis, qui croient, à la décroissance, aux éoliennes, à l’enfouissement du gaz carbonique dans le sol, ou aux centrales nucléaires douces de 4ème génération. Pour Kempf, la vraie question ne se pose pas, pour 2030, 2040, mais pour tout de suite. C’est dès aujourd’hui qu’il faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Et le journaliste du MONDE d’en profiter, pour saluer une Union européenne qui a adopté un objectif de diminution de 20% des gaz en question, au printemps dernier. « Aux Etats-Unis, conclut-il, de suivre la même voie et de la faire accepter aux pays émergents. » Jacques Camus, dans LA REPUBLIQUE DU CENTRE, ajoute à cela, que « le Prix Nobel d’Al Gore est bien dans l’air du temps »… Mais il conclut : « N’en polluons pas la pureté, en suivant ses supporters qui veulent déjà le pousser à la Maison Blanche. » « Parce que, conclut Jacques Camus, s’il était à la tête des Etats-Unis et de ses lobbies pétroliers et financiers, Al Gore perdrait cette liberté, qui lui a permis jusqu’ici, de mener une campagne universelle. » A part cela… le Nobel d’Al Gore n’enthousiasme pas tout le monde. LIBERATION publie un passionnant florilège de réactions : « Nous sommes naturellement heureux que le vice-président Gore et le GIEC reçoivent cette récompense. » Le porte-parole de George Bush dont la politique en matière de réchauffement climatique est pourfendue par Al Gore. « C’est le pire choix de toute l’histoire des Nobel. Il récompense la falsification des connaissances sur l’environnement. » Andreï Illarionov, ex-conseiller du président ruses Vladimir Poutine qui était opposé à la ratification du protocole de Kyoto par la Russie. « La paix est au cœur de l’enjeu climatique. Ce Nobel va déclencher une mobilisation planétaire. » Nicolas Hulot « Le nombre de conneries qui sont racontées dans le film d’Al Gore ! La climatologie, ça n’existe pas ! » Claude Allègre, ex ministre socialiste et médaille d’or du CNRS. Autres vérités qui dérangent, deux sigles :

  1. L'affaire EADS, ce délit d'initiés qui nous disent n'avoir pas été initiés.
  2. Et puis l'affaire DGS,comme Denis Gautier-Sauvagnac. A la Une de L'EXPRESS, "19 milliards d'euros détournés, Fraudes sociales (faux chômeurs, faux malades, travail au noir...)" A lire, l'éditorial de Christophe Barbier dont voici quelques lignes : "Pourtant, un sentiment étrange colore l'atmosphère française au spctacle de récentes affaires. Voici 21 dirigeants d'EADS, anciens et actuels, suspects d'avoir vendu des titres maison avant que n'éclate au grand jour leur incurie industrielle. Voilà un haut responsable du Medef découvert en patron prodigue retirant 15 millions en liquide de trois comptes, comme l'a révélé lexpress.fr - il et étrangement "balancé" à la justice et mystérieusement épargné par les critiques syndicales." A lire également, Jacques Julliard, dans le NOUVEL OBSERVATEUR : "Il est malheureusement probable que ces pilleurs d'entreprise (la leur !) échapperont à la prison, qu'ils méritent. Aux Etats-Unis, dans l'affaire Enron, le principal responsable a été condamné à vingt-quatre années de prison, qu'il purge actuellement. Les capitalistes français ne sont pas les plus efficaces de la planète. Mais ils figurent parmi les plus cyniques et surtout les mieux protégés; Telle est la morale des affaires. Mais pourquoi les plus riches et les plus puissants seraient-ils dispensés de la morale tout court, pour ne pas parler du patriotisme ? Allez expliquer cela aux salariés d'une entreprise qui va devoir faire 10.000 licenciements ! Voilà le fait : la déconfiture - espérons-la provisoire - d'Airbus se traduit pour le personnel par 10.000 suppressions d'emplois ! Et pour le groupe Lagardère, l'un des principaux actionnaires, par au moins un milliard de bénéfices. (...) Tout se passe comme si l'Etat avait spéculé ou laissé spéculer contre ses propres intérêts, c'est-à-dire, en définitive, ceux du contribuable au profit d'un groupe privé. Christine Lagarde a déclenché une enquête interne : espérons qu'elle aboutira. (...) Trop compliquée pour passionner ou indigner les foules, cette affaire est sinistre. Voilà l'une des conséquences de la défaite politique et morale de la gauche : quand les puissants n'ont plus de raisons de craindre, le sentiment d'impunité s'accroît, la moralité publique s'effondre et le lien social s'effiloche."
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