Bonjour à tous… Le week-end prochain, c’est vous qui aurez le dernier mot… Dans l’isoloir. Mais ce matin la parole revient une nouvelle fois, aux éditorialistes, qui s’en servent bien, pour analyser, synthétiser et peut-être aussi tenter de vous influencer ! Voici Jean-François Kahn et la rédaction de Marianne qui draguent le chaland en titrant sur le vrai Sarkozy et tout ce que les grands médias, n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler du candidat de l’UMP, tant le personnage selon eux, fait peur. Est-il bon, est-il méchant demandait Diderot. Sarko est méchant assurément, conclut Marianne, au terme d’un dossier de douze pages, recensant les principaux dérapages, du candidat favori des sondages. Jean Daniel dans Le Nouvel Observateur, n’est pas de cet avis. Selon lui, le piège tendu à la démocratie, porte un nom et un seul : Le Pen. « Si quelqu’un, écrit-il, a empoisonné le grand débat sur l’immigration, c’est bien le candidat du Front national, et lui seul. » Et l’éditorialiste du Nouvel Observateur de préciser : « Personne ne devrait accuser Sarkozy de chasser sur les terres de Jean-Marie Le Pen. Ce sont des terres qu’il faut défricher, et des électeurs qu’il faut désintoxiquer et récupérer. Je répète ici, ajoute Jean Daniel (que l’on ne peut suspecter de complaisance vis-à-vis de la droite dure), et je l’ai écrit ajoute-t-il, parfois contre les miens – que Nicolas Sarkozy ne peut être soupçonné ni de racisme, ni d’antisémitisme. Même s’il a commencé à offrir un autre visage en lançant son combat pour la défense de l’identité nationale. Et l’éditorialiste du Nouvel Observateur de conclure sur ce point. « Attention aux gages tout de même que l’on donne à Le Pen. On ne peut en effet lutter contre lui, en lui faisant de larges concessions sur sa philosophie profonde. » Fin de citation. Bruno Frappat dans sa chronique hebdomadaire de La Croix, est nettement moins bienveillant que Jean Daniel, vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, coupable selon lui, d’avoir ranimé le vieux débat sur « la prédestination ou la liberté. » Diable écrit Bruno Frappat, que va faire Nicolas Sarkozy dans cette galère-là ? Est-ce qu’on demande à un élu du suffrage universel, de philosopher sur tout et son contraire ? Dans le débat, sur ce qui est inné, et sur ce qui est acquis, on croyait que la plupart des esprits éclairés, s’étaient enfin mis d’accord, sur l’interaction entre les deux… le terrain et l’Histoire. On ne peut tout expliquer, ni par l’inné ni par l’acquis... On croyait même être sorti des fanatismes soit biologiques, soit sociaux. Et bien non, se désole aujourd’hui l’éditorialiste de La Croix. On trouve aux Etats-Unis de plus en plus d’autorité pour affirmer que la génétique explique tout, et elle seule. Et chez nous, Nicolas Sarkozy, fait mine de le penser lui aussi. Et bien ironise Frappat, poussons cette idée… Si tout vient des gènes, la solution à tout, doit tenir d’une politique génétique et envisageons de progresser sur la prédiction des destins automatiques. Ainsi on protègera les cellules saines, les braves gens, des cellules malsaines, les délinquants, les pervers, les violents… Et on aboutira au système simple, mais terrifiant du tri des êtres humains… ! « On veut croire, conclut là-dessus, le chroniqueur de La Croix, que le futur président de la République française, s’il s’appelle Nicolas Sarkozy, révisera ses vues sur la génétique de manière plus nette qu’il ne l’a fait ces derniers jours. Et qu’il admettra, sans avoir à manifester ces « repentances » qu’il dit détester, que le mystère humain ne perdra pas en épaisseur, en profondeur, en immatérialité. Et en indécision au risque de la liberté. » Nicolas Sarkozy répond sur ce point précis dans l’interview, qu’il a accordée à Sylvie Pierre Brossolette et à Michel Schifres du Figaro Magazine quand il s’écrie : sur cette affaire de pédophilie, soyons clair. Ce n’est quand même pas une idée extrêmement répandue que d’avoir envie de violer un petit garçon de trois ans ? Qui osera me dire que chacun d’entre nous pourrait avoir cette idée-là ? Guy Georges qui viole et tue 12 femmes, qui osera me dire qu’il n’est pas malade ? Je n’ignore nullement, poursuit le candidat de l’UMP, qu’il y a sans doute une part d’acquis et que tout n’est pas dans l’identité mais si on conteste l’idée de cette identité, de ce terrain fragile, alors on conteste aussi l’idée qu’on peut soigner et qu’on peut guérir … Moi je ne partage pas l’idée que quand un jeune se suicide, c’est la faute de ses parents. Il y avait déjà une fragilité. Je ne partage pas non plus l’idée que le problème de l’autisme, est un problème d’éducation. Dans les années 60, quand j’étais enfant, j’entendais ce propos très choquant d’un jeune qui était homosexuel… « Sa maman l’a fait dormir dans son lit, sa maman lui achetait des poupées… on a fait litière de tout ce fatras, il faut arrêter de culpabiliser. Il y a oui je le crois, des terrains fragiles. Monseigneur André XXIII me dit qu’il n’est pas d’accord avec moi… Et bien moi, je ne suis pas d’accord avec lui quand il dit que l’homosexualité est un péché… Et le candidat de l’UMP de conclure cette interview du Figaro Magazine sur ce point précis, aucun délinquant sexuel ne devrait sortir de prison sans s’engager à se faire soigner… la pulsion meurtrière, la pulsion sexuelle sur un enfant n’est pas seulement un acte de délinquance comme on le croit trop souvent, c’est un acte de malade… Il faut sanctionner le délinquant et soigner le malade. Reste les petites manœuvres qui font grand bruit aujourd’hui encore et que France Soir traduit par un besoin de voix, VOIX. Besoin de voix de tous les candidats… Il y aurait selon ce quotidien deux opérations simultanées… L’opération séduction de Brice Hortefeux, le lieutenant de Nicolas Sarkozy, qui drague, selon France Soir, le Front national et l’opération suggestion de Michel Rocard flirtant, selon France Soir toujours, avec François Bayrou… L’Humanité n’y voit pas d’amour. Elle voit d’ailleurs dans cette affaire plus qu’un flirt et s’alarme d’une alliance au centre contre la gauche, la vraie gauche… Pour le quotidien communiste, la vraie gauche, c’est celle de Marie-Georges Buffet. Et Besancenot que va-t-il faire, interroge dans Libération : est-ce qu’il doit aider la gauche molle à battre la droite dure ou se replier sur ses positions qui sont celles de l’extrême gauche, trotskiste… Voilà des problèmes bien embarrassants mais au fond, très différents, répond Alain Duhamel dans Nice Matin avant d’expliquer que la transgression de Michel Rocard… Et oui Hortefeux propose une petite dose de proportionnelle à la manière de Giscard autrefois… C’était si vieux, tout le monde a oublié… A lire encore si vous n’êtes pas fatigué. Mais non, on n’est jamais fatigué à une semaine du premier tour du choix essentiel qui est celle de l’élection présidentielle… alors vous lirez Jacques Attali dans l’Express sur cette maladie moderne, nouvelle qui est l’indécision… Jacques Attali nous dit en effet que « Le marché et la démocratie nous pousse à changer sans cesse d’avis… et sur le choix du président, et sur ses amours et sur les achats qu’on doit faire ou ne pas faire…Enfin je conclurai avec ce très bel éditorial de Claude Imbert que vous trouverez à la page 3 du Point ce matin… Ca s’appelle : Pitié pour la réforme. Et Imbert d’user de jolies phrases pour camper sur ses positions quand il écrit : attention le brochet social a les dents rentrantes, il engoule bien mais dégorge mal. Résultat, le pouvoir toujours redoute qu’un défi catégoriel tourne à l’émeute et qui lui faille affronter le spectre de quelques gavroches sur une barricade… C’était déjà le cauchemar de Chirac, la contre-réforme… Eh bien oui, c’est toujours le cauchemar aujourd’hui. Trois lignes encore. C’est toujours Claude Imbert qui écrit : au grand bal démocratique du mois d’avril, vous lecteurs électeurs qui en pincez pour Sarko, pour Ségo, pour Bayrou… ou pour d’autres encore… gardez un œil sur la réforme, elle fait tapisserie, c’est la Cendrillon de l’élection…

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